14/04/2020 17:41
Le Sommet spécial de l’ASEAN+3 sur la réponse au COVID-19 du 14 avril offrira de grandes opportunités de coopération régionale pour faire face à une double crise "sans précédent".
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Le Dr Robin Ramcharan, professeur à l’Université Webster de Thaïlande et directeur exécutif de l’Asia Center basé à Bangkok.
Photo : VNA/CVN

Selon le Dr Robin Ramcharan, professeur à l’Université Webster de Thaïlande et directeur exécutif de l’Asia Center basé à Bangkok, le COVID-19 s’est révélé être non seulement une crise sanitaire mais aussi une crise pour le développement car les chaînes d’approvisionnement et le commerce international sont perturbées.

"Cette crise sanitqire et de développement pose un défi à l’objectif affiché de l’ASEAN de réaliser les Objectifs de développement durable. À la lumière de cela, il y a eu des appels pour que l’ASEAN intensifie sa réponse à cette situation", a-t-il dit.

Il a déclaré que l’ASEAN avait reconnu ces défis et avait annoncé début avril plusieurs initiatives, notamment la création d’un fonds régional de réponse au COVID-19, le partage d’informations et la coordination de stratégies pour atténuer l’impact de la crise sur l’économie et les populations. La nécessité de la paix et de la stabilité en Mer Orientale a été discutée lors de discussions avec la Chine, le Japon et la République de Corée.

"Les membres individuels de l’ASEAN, en particulier Singapour, ont pris des mesures décisives qui ont conduit à aplatir la courbe des contaminations. Cependant, pour les crises futures, la vitesse de la réaction doit être revue. Il faut évaluer si une action plus rapide aurait pu réduire considérablement la propagation du virus", a-t-il noté.

Selon le Dr Robin Ramcharan, le sommet doit envisager de relever plusieurs de défis au sein de l’ASEAN et entre le bloc régional et ses partenaires de dialogue. Il s’agit notamment du besoin d’informations précises sur le taux d’infection, de la transparence, d’une meilleure coopération opérationnelle, d’une capacité de réaction rapide et de la prévention de toute ingérence extérieure dans toute action décisive entreprise pour contenir la crise.

D’autres mesures pour une meilleure coordination future comprennent la possibilité d’un stock régional de fournitures et d’équipements médicaux et l’engagement du secteur de la défense dans les réponses humanitaires, a-t-il déclaré, ajoutant que cette crise donne à l’ASEAN l’occasion d’améliorer sa coordination par des moyens technologiques, notamment la réunion par visioconférence.

Le Sommet est vital non seulement pour la centralité de l’ASEAN dans la politique et l’économie régionales, mais aussi pour le renforcement d’une meilleure appréciation de l’approche de chacun vis-à-vis du concept indo-pacifique.

Ce processus de dialogue s’est avéré utile pour gérer les affaires avec les acteurs extérieurs, en particulier les grandes puissances, afin de préserver un certain équilibre des pouvoirs dans la région. L’ASEAN 3 encourage la coopération multilatérale intra-asiatique, qui a été historiquement absente. La coopération médicale au travers de ce forum devrait ainsi être la plus haute priorité.

Le Dr Thitinan Pongsudhirak, directeur de l’Institut d’études de sécurité et internationales (ISIS).
Photo : VNA/CVN

Pour sa part, le Dr Thitinan Pongsudhirak, directeur de l’Institut d’études de sécurité et internationales (ISIS), a déclaré que le sommet devrait attirer beaucoup l’attention, car la Chine, la République de Corée et le Japon ont mis en œuvre des mesures efficaces pour contenir la pandémie de COVID-19.

Il a déclaré que lors de la première flambée de nouveau coronavirus en janvier, les pays d’Asie du Sud-Est semblaient avoir freiné la propagation de la maladie. Le Vietnam semblait prêt à annoncer la fin de l’épidémie vers la fin février. Cependant, de nouvelles infections ont augmenté rapidement, avec des facteurs potentiels qui peuvent transformer la maladie en crise échappant au contrôle de la région.

Il a déclaré que ce sommet spécial de l’ASEAN 3 est un événement très important pour l’ASEAN, dans le contexte où les pays partenaires ont de nombreuses conditions pour soutenir le bloc régional.

En outre, le Dr Thitinan Pongsudhirak a déclaré que le rôle central de l’ASEAN dans la région était également sous pression, si l’association ne pouvait pas stabiliser la situation et résoudre la crise efficacement.

Si cela se produit, la pandémie de COVID-19 annulera de nombreuses réalisations de l’ASEAN au cours des dernières années. Par conséquent, c’est un moment très important que le Vietnam en particulier et l’ASEAN en général doivent donner la priorité à la lutte contre le COVID-19, a-t-il déclaré.

Selon lui, on ne peut ignorer le fait que la crise sanitaire a entraîné un arrêt brutal des activités de l’ASEAN. Le Vietnam a bien guidé l’ASEAN pendant cette crise, notamment en prenant la décision responsable de reporter le Sommet de l’ASEAN jusqu’en juin 2020.

Le Vietnam s’est engagé dans tous les canaux de communication possibles. Il a guidé une réponse cohésive de l’ASEAN par la déclaration du président de l’ASEAN sur la réponse collective de l’ASEAN à l’épidémie de COVID-19.

À la demande du Vietnam, le Conseil de coordination de l’ASEAN s’est coordonné au Laos le 20 février. Il a également proposé la création d’un groupe de travail du conseil sur les urgences de santé publique, qui a été adoptée.

Le Vietnam a également appelé à un meilleur partage des informations, à l’amélioration des relations entre les agences nationales et régionales compétentes et au renforcement de la collaboration internationale pour faire face à la crise. Il a tenu parole dans la poursuite de son thème de présidence "Une ASEAN cohésive et réactive".

Le Vietnam a été loué pour sa gestion exemplaire de la crise, étant donné le taux d’infection beaucoup plus faible et aucun décès. Le pays a annoncé des mesures strictes beaucoup plus tôt que dans d’autres parties de la région. Parmi les bonnes mesures figurent le dépistage des contacts pour identifier et isoler les personnes infectées et leurs contacts de seconde et de troisième main, et une surveillance stricte des cas suspects. Alors que la deuxième vague du virus semble arriver, le Vietnam ferait bien de mettre en œuvre des tests à l’échelle nationale, dans la mesure où il en a les moyens.

Le Dr Thitinan Pongsudhirak a recommandé que dans les temps à venir, le Vietnam doive surveiller de près la situation et relever efficacement les défis immédiats. En même temps, il devrait jouer le rôle de coordination de la prévention et de la lutte contre le COVID-19 dans l’ASEAN et entre le bloc régional et ses pays partenaires, tout d’abord en partageant des informations sur les meilleures pratiques en matière de prévention et de traitement de la maladie.

Le Vietnam dispose de certaines ressources telles que des kits de test qui peuvent être partagés avec ou transférés à d’autres pays de la région, a-t-il dit, ajoutant que le pays doit également réorganiser tous les agendas de l’ASEAN, ainsi que d’autres cadres dirigés par l’ASEAN tels que le Sommet de l’Asie de l’Est, dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

VNA/CVN

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