08/02/2018 18:10
L'année 2017 n'a guerre fait d'étincelles pour Société Générale, engagée dans une coûteuse restructuration pour s'adapter au numérique. Revenus comme bénéfices ont décliné tandis que revient à l'horizon le fantôme de l'affaire Kerviel, avec le risque d'un lourd redressement fiscal.
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L'année 2017 n'a guerre fait d'étincelles pour Société Générale, engagée dans une coûteuse restructuration pour s'adapter au numérique.
Photo : AFP/VNA/CVN

La banque française a dégagé un bénéfice net part du groupe de 2,81 milliards d'euros l'an dernier. C'est un recul de près de 30% par rapport à 2016, même s'il est moins lourd qu'attendu par un consensus établi par Bloomberg, à la faveur d'une fin d'année meilleure que prévu : sur le seul dernier trimestre, Société Générale arrache un bénéfice net de 69 millions d'euros alors que les analystes prévoyaient une perte. Quant aux revenus, ils déclinent également en 2017, d'environ 5% à un peu moins de 24 milliards d'euros, cette fois conformément aux attentes.

L'année dernière se résume par "un environnement contrasté", selon les termes de Société Générale dans un communiqué où son directeur général, Frédéric Oudéa, promet un contexte "progressivement plus favorable".

Le groupe paie surtout des résultats en berne dans ses activités françaises de banque de détail. Elles comprennent principalement le réseau d'agences exploitées sous son nom.

Comme l'année précédente, les revenus y ont baissé sous l'effet de taux d'intérêt très bas, qui permettent difficilement de faire fructifier l'argent des épargnants et poussent les emprunteurs à renégocier leurs crédits. Si le bénéfice net de ce secteur chute de plus de 30%, c'est aussi parce que la banque voit ses frais bondir, d'abord face à la "transformation des réseaux".

Engagée comme toutes les banques dans une course à l'adaptation au numérique, Société Générale, qui veut automatiser trois quarts de ses procédures, compte fermer des centaines d'agences d'ici 2020 - 100 ont déjà clos leurs portes l'an dernier - et supprimer plusieurs milliers de postes.

Dans ce contexte difficile, la banque met en avant le succès commercial de sa banque en ligne, Boursorama. À l'issue d'une année qui a vu se multiplier les acteurs, notamment l'offre bancaire du géant des télécoms Orange, la filiale de Société Générale revendique 1,3 million de clients, de loin en tête face à ses concurrentes.

La réforme Trump pèse

Année morose, aussi, du côté des marchés, dans la banque de "grande clientèle". Avec des bénéfices et revenus en recul, elle n'a guère pu tirer son épingle du jeu dans le calme qui régnait l'an dernier sur les marchés, par rapport à une année 2016 marquée par le référendum en faveur du Brexit et l'élection de Donald Trump à la Maison blanche.

La banque fait bien mieux sur son troisième grand pôle, qui regroupe ses activités de banque de détail à l'international et voit progresser activité et bénéfices. Elle y bénéficie du redressement de l'économie en Russie, qui améliore à la fois sa performance commerciale et le coût qu'elle assigne au risque. Reste qu'au-delà des performances, c'est du côté de la fiscalité que la banque, qui va par ailleurs verser un dividende de 2,20 euros par action comme pour 2016, risque d'avoir du fil à retordre.

Ses comptes s'alourdissent de plus de 250 millions d'euros à la suite de la réforme fiscale américaine menée par M. Trump. La plupart des grandes banques présentes aux Etats-Unis ont été frappées de la sorte : si la loi réduit leur taux d'imposition, elle les force aussi à revoir à la baisse les déductions dont elles comptaient bénéficier. Mais la facture potentiellement la plus lourde n'est pas encore prise en compte: la banque a confirmé, comme l'avait évoqué en janvier le Canard Enchaîné, que l'administration fiscale française pensait "remettre en cause" la ristourne de 2,2 milliards d'euros accordée en 2009 et 2010 à la suite de l'affaire Kerviel et la perte de près de 5 milliards provoquée par l'ancien trader.

Pour autant, Société Générale, qui maintient la légitimité de cette déduction fiscale, refuse encore d'évoquer un "redressement" et s'abstient de l'inscrire dans ses comptes. La banque, qui promet de contester en justice un redressement si celui-ci est confirmé par le fisc, joue la montre, jugeant qu'il faudra "plusieurs années" avant que d'éventuels effets se fassent concrètement sentir dans ses résultats.

AFP/VNA/CVN


 
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