19/06/2014 15:52
Au neuvième jour de grève à la SNCF, le mouvement s'essouffle encore : le trafic doit continuer à s'améliorer le 19 juin, alors que les députés en terminent avec l'examen du projet de réforme ferroviaire après avoir voté le 18 juin des amendements destinés à rassurer les syndicats.
 
Des voyageurs gare du Nord, le 18 juin à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN


De jour en jour, le taux de grévistes diminue. Selon les chiffres de la direction, il a baissé le 18 juin à 11,8% pour l'ensemble du personnel, contre près de 28% au premier jour de cette grève reconductible, la plus longue depuis 2010.

"Il est temps de se remettre au travail au service public", affirme Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France publié le 19 juin. Et de préciser : "On a perdu 153 millions d'euros, ça fait 15 trains franciliens. Soit un tiers de notre résultat de l'année dernière. C'est énorme."

Pour le 19 juin, sept trains sur dix devaient circuler en moyenne sur les grandes lignes, davantage pour les TGV Est et Nord, moins sur les liaisons Sud-Est et province-province.

Sur les lignes Intercités, le trafic reste dégradé, à peine supérieur à un train sur deux. Côté TER, deux trains sur trois devaient rouler en moyenne (trafic normal en Bretagne).

En Ile-de-France, où les prévisions font état de près de deux trains sur trois, des associations d'usagers du réseau Saint-Lazare, qui dessert le nord et l'ouest de la région, ont demandé le 18 juin "l'arrêt immédiat" du "calvaire" vécu "depuis maintenant une semaine".

Manifestations à Paris

À l'inverse, les unions régionales CGT, FO et Solidaires ont appelé les salariés à manifester à Paris pour soutenir les cheminots en grève.

Le projet du gouvernement vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire (44 milliards d'euros) et à préparer son ouverture totale à la concurrence. Il prévoit de regrouper dans une holding publique la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau. Une "réunification de façade" qui ne résout pas l'endettement, estiment la CGT et SUD-Rail.

Pour apaiser les craintes des cheminots, le secrétaire d'État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a soutenu le 18 juin des amendements présentés par la majorité pour prévenir un éclatement du groupe à l'avenir. Il s'y était engagé dans un accord signé la semaine dernière avec la CFDT et l'Unsa, qui n'appelaient pas à la grève.

Les députés ont ainsi adopté un amendement écologiste soulignant "le caractère indissociable et solidaire" des trois entités, SNCF, SNCF mobilités et SNCF réseau. Ils ont également voté la création d'un comité central d'entreprise au niveau du groupe, là où le projet de loi ne faisait référence qu'à un comité de groupe, simple organe de concertation.

Le Front de gauche a fait voter un amendement confirmant que le groupe SNCF est "l'employeur des agents et des salariés des trois Epic", une disposition qu'il jugeait importante pour convaincre les grévistes de cesser leur mouvement.

AFP/VNA/CVN





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