04/09/2019 09:19
Bisphénols, phtalates, solvants, parabènes... Une vaste étude publiée mardi 3 septembre montre que six "polluants du quotidien" dont on connaît encore mal les effets "sont présents dans l'organisme de tous les Français", alors que le gouvernement a présenté sa feuille de route contre les perturbateurs endocriniens.
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Une vaste étude publiée mardi 3 septembre montre que six polluants du quotidien sont présents dans l'organisme de tous les Français.
Photo: AFP/VNA/CVN


Pour la première fois, Santé publique France a mesuré les niveaux d'imprégnation de la population française par six familles de substances présentes dans l'environnement et cherché à identifier les sources d'exposition probables - produits ménagers, cosmétiques, emballages alimentaires, etc.

"L'idée n'est pas de faire peur à la population parce qu'en réalité on ne connaît pas la signification d'un certain nombre de ces toxiques aux seuils auxquels ils sont trouvés", a commenté la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"C'est surtout un enjeu de transparence, (...) qui va nous permettre d'agir réellement sur l'imprégnation de la population par ces toxines environnementales dont on suspectait qu'elles étaient présentes et pour lesquelles on n'avait pas de preuves scientifiques", a ajouté la ministre lors du lancement de la deuxième "Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" (SNPE).

Les substances recherchées sont les bisphénols (A, S et F), les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme bromés et les composés perfluorés. Certains sont des perturbateurs endocriniens ou des cancérogènes avérés ou suspectés.

"Contamination généralisée" 

Elles entrent dans la composition d'emballages alimentaires, de peintures, d'ustensiles de cuisine, de cosmétiques ou de produits ménagers. L'usage de certaines est déjà très retreint (bisphénol A, interdit en France dans les contenants alimentaires depuis 2015, certains phtalates et composés perfluorés).

"Face à ce constat implacable d'une contamination généralisée de la population par ces polluants – et particulièrement les jeunes enfants - le gouvernement ne peut pas se contenter de demi mesures", a réagi l'ONG Générations Futures, demandant que "les ambitions de la 2e stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (...) soient revues à la hausse".

Cette stratégie, présentée mardi 3 septembre par Agnès Buzyn et par la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, vise à renforcer l'information et la protection de la population, ainsi que les connaissances scientifiques sur ces produits.

L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) devra notamment établir une liste de perturbateurs endocriniens, en expertisant au moins six substances en 2020, puis neuf par an à partir de 2021.

AFP/VNA/CVN

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