09/10/2018 16:52
"Maman, Maman, où es-tu ?". Je sursaute en me levant, la sueur ruisselant sur mon corps. Ça fait quasiment une semaine que mes cauchemars quotidiens m’étouffent. Je n’ai pas l’habitude de cette vie, loin de ma mère, de ma chère maîtresse.
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Deux jours plus tôt, alors que ma mère et moi nous amusions dans la ruelle avec mes autres amis chiens, deux individus vêtus de combinaisons noires et de masques, ont brusquement débarqués de nulle part en moto. Celui à l’arrière tenait des pièges fait de bâtons et de nœuds coulants en fil de fer. Il les a alors lancés vers nos cous et nous a attrapés… "Hey ! Attendez, on ne se connaît pas, hein".

J’ai pu voir au loin ma mère s’évanouir, la corde serrant mon cou à tel point que je ne pouvais pas à aboyer pour l’informer. Ils nous ont ainsi amené dans un village où se trouvaient une centaine de cages. Chacune contenant de trois à cinq chiens, soit domestiques et volés comme moi, soit issus d’élevages, en partie destinés à la consommation et conduits dans des abattoirs illégaux. L’ambiance était sérieusement en ébullition. Désormais, je sais que c’est au sein de ce village de Son Dông dans la province de Thanh Hoa que tous les chiens kidnappés ou errants sont collectés pour la première étape avant d’être ensuite envoyés aux filières d’approvisionnement alternatives ou aux restaurants dans le Nord du Vietnam.


Le jour suivant, je suis envoyé dans un restaurant avec d’autres chiens. Je crains qu’ils ressentent, comme moi, le manque de leur propriétaire. Devant moi, deux hommes nous regardent. L’un d’eux met son doigt sur un de mes camarades et dit: "Il a l’air bon". Sans hésitation, le second lui fracasse cruellement la tête avec un marteau, faisant gicler tout son sang sur nous. En un instant, mon ami est devenu jaune doré et prêt à servir, lui qui, quelques minutes plus tôt m’accompagnait dans cette cage.


De nombreux plats peuvent être préparés à partir du chien. Ils sont généralement servis avec de la bière ou de l’alcool fort. C’est spécialement la pâte de crevette qui y est associée qui fait de ce plat un repas si particulier. Aujourd’hui, c’est la fin du mois lunaire. Alors, les clients sont plus nombreux car ils sont persuadés que la viande de chien possède des vertus médicales.

En effet, le chien est mangé à ce moment de l’année en espérant que la vie sera plus prometteuse après un mois rythmé par les problèmes. Les hommes et les femmes sont assis autour de tables luisantes à cause de l’alcool. Ils dévorent des pattes de chien sans sourciller.

Plus la demande augmente, plus le Vietnam connait des vols de chiens. Je ne sais pas où est ma maman maintenant. Je me demande si elle est encore vivante. Un jour, je finirai certainement ma vie dans une casserole comme mes camarades chiens, poulets, canards ou cochons. Aie pitié de ma chère maîtresse. Elle a dû me chercher partout et m’attend sûrement désespéramment en pensant que je reviendrais un jour… "Chère maîtresse, je ne peux plus m’amuser avec toi chaque jour, me replier sur tes jambes et être caressé avec amour. Sauf si les gourmands que j’ai vus arrêtent leurs habitudes alimentaires".

Texte et photos: Dào Thi Nga/CVN
 
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