23/07/2010 02:44
Les réactions ont été enthousiastes le 20 juillet à Vienne (Autriche), après l'annonce des résultats d'une étude montrant qu'un gel vaginal microbicide contenant un antirétroviral pouvait entraîner une forte réduction du risque d'infection au VIH chez les femmes.
Bien utilisé, ce gel peut réduire de moitié le risque d'infection par rapport à un gel qui ne contient rien, selon une étude réalisée auprès de plus de 800 femmes en Afrique et rendue publique lors de la Conférence internationale sur le sida.

Les microbicides sont des produits qui peuvent être appliqués au vagin ou au rectum, mais l'étude en question ne portait que sur l'utilisation vaginale. À plusieurs reprises, les participants à la conférence ont applaudi debout les réalisateurs de l'étude, Salim et Quarraisha Abdool Karim. Les inquiétudes sur les fluctuations des financements de la recherche, la prévention et le traitement du sida semblaient oubliées dans l'immense centre de conférence qui accueille jusqu'à demain 20.000 à 25.000 personnes.

L'étude, publiée dans le journal Science, fait apparaître un effet significatif d'un gel vaginal dans lequel a été inclus un antirétroviral bien connu, le Tenofovir, à hauteur de 1%. Le produit réduit aussi de moitié l'infection à l'herpès 2, une cause commune de l'ulcère génital.

Chez les femmes qui ont suivi strictement les consignes (la moitié d'entre elles), c'est à dire une fois dans les 12h précédant le rapport sexuel et une fois dans les 12h après, le taux d'infection au bout de 30 mois était inférieur de moitié à ce qu'il était chez celles utilisant un placebo.

En moyenne, quelle que soit le sérieux de leur suivi, les femmes disposant du gel avec ARV ont eu un taux d'infection à 30 mois de 39% inférieur à celui des femmes utilisant un placebo. Au total, 38 femmes recevant le gel avec ARV ont été infectées, pour 60 dans le groupe placebo.

Probablement du fait d'une réduction de l'usage, les résultats baissaient au fil des mois, et étaient meilleurs (50%) à 12 mois.

Cet essai, intitulé Caprisa 4, a été réalisé auprès de femmes non infectées du Natal, la région d'Afrique du sud "où la prévalence de la séropositivité est la plus élevée dans le monde", selon le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS). Si ce gel voit le jour, il pourrait éviter 1,3 million d'infections et plus de 800.000 morts sur 20 ans, selon Salim Abdool Karim.

Toutes les femmes bénéficiaient d'un important suivi médical. "On leur répétait : nous ne savons pas si ça marche, nous ne savons pas si c'est sûr, mais utilisez le gel", dit Salim Abdool Karim. Et aussi : "utilisez des préservatifs".

Ce produit permettrait notamment aux femmes africaines, qui représentent 60% de la contamination du continent, de prendre en main leur propre sort, plutôt que de dépendre de la volonté incertaine de leur partenaire.

"Nous donnons de l'espoir aux femmes", a dit Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida, sachant que les femmes représentent plus de la moitié des nouvelles infections dans le monde. "Ce sera une des grandes nouvelles de Vienne", a estimé le Pr Delfraissy.

"Les implications sont énormes", a estimé Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses (NIAID), lors d'une conférence de presse. Mais "on a encore du travail devant nous".

Les recherches sur les microbicides, menées depuis 20 ans, n'avaient connu jusqu'à maintenant que des revers, avec au mieux une absence d'effet de protection, au pire une surcontamination avec des produits toxiques pour la muqueuse vaginale.

AFP/VNA/CVN
(23/07/2010)
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