18/11/2019 08:59
La France et le Sénégal ont renouvelé dimanche 17 novembre leur engagement à coopérer pour lutter contre les migrations irrégulières à l'occasion de la visite à Dakar du Premier ministre français Edouard Philippe venu également s'entretenir avec le président Macky Sall de la lutte antijihadiste au Sahel.
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Le Premier ministre français Edouard Philippe est accueilli par son homologue sénégalais Mahammed Buon Abdallah Dionne, à Dakar, le 17 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sept semaines après un débat au Parlement français sur l'immigration voulu par Emmanuel Macron, qui a notamment abouti à la future instauration de quotas d'immigration professionnelle, France et Sénégal se sont notamment engagés à "poursuivre une coopération efficace contre les migrations irrégulières", selon les termes de la déclaration commune. "Une politique migratoire ce n'est pas qu'une addition de contraintes, c'est aussi l'expression de choix affirmés", a résumé M. Philippe, qui a été accueilli à la mi-journée par M. Sall au palais présidentiel.

"La délivrance des titres de séjour doit répondre à des principes clairs et ne pas être le fruit d'une forme de passivité", a ajouté le Premier ministre devant la communauté française vivant à Dakar. Parmi les leviers dont dispose la France, l'aide publique au développement, dont le budget total doit atteindre 0,55% du PIB en 2022. Environ 2 milliards d'euros ont été distribués au Sénégal depuis 2007 : des "efforts" qui doivent "produire des résultats sur l'immigration irrégulière", souligne Matignon. "La coopération (...) peut encore s'améliorer dans la logique d'engagement réciproque", a insisté M. Philippe dimanche 17 novembre.

La France soutiendra ainsi la modernisation de l'état civil sénégalais ainsi que certains services de police et gendarmerie dédiés aux contrôles des frontières et à la lutte contre le trafic des migrants. Concernant l'immigration légale, Matignon salue la "vraie dynamique", "de l'ordre de 7%", d'admission d'étudiants sénégalais (12.500 en 2019) dans l'enseignement supérieur français.

Trois patrouilleurs vendus

M. Philippe souhaite "augmenter le nombre de passeports talents", réservés aux étrangers disposant de certaines qualifications, "et de visas de circulation de longue durée". Il s'est aussi engagé à réduire de moitié dès début 2020 les délais de traitement des demandes de visas.

Le président du Sénégal, Macky Sall (droite), reçoit le sabre d'El Hadj Oumar Tall, un chef de guerre et érudit musulman qui a conquis au XIXe siècle un immense territoire à cheval sur le Sénégal, la Guinée et le Mali, le 17 novembre à Dakar. Photo : AFP/VNA/CVN

Quatre feuilles de route ont été paraphées à l'issue du 4e séminaire intergouvernemental entre les deux pays : elles portent sur les enjeux de sécurité et de défense ; l'éducation, la jeunesse et la formation ; l'émergence du Sénégal ; la mobilité et la migration. Pour le volet économique, alors que la France est le premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger au Sénégal, un accord a été signé pour la vente de trois patrouilleurs hauturiers du groupe français Kership. Un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros qui se double de la vente de missiles du groupe européen basé en France MBDA.

La cérémonie a revêtu une dimension symbolique avec la restitution du sabre d'El Hadj Oumar Tall, un chef de guerre et érudit musulman qui a conquis au XIXe siècle un immense territoire à cheval sur le Sénégal, la Guinée et le Mali, et a lutté contre l'armée coloniale française. "Il fallait du courage pour s'élever au dessus du tumulte et entreprendre l'exercice délicat de rapatriement du patrimoine africain. Le président Macron a eu ce courage", a salué M. Sall.

Dans un contexte sécuritaire très dégradé au Sahel marqué par plusieurs attaques jihadistes au Mali et au Burkina, les questions militaires rebondiront lundi lors de l'ouverture du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Le Sénégal, qui partage des frontières avec la Mauritanie et le Mali, et participe à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), représente un "pôle de stabilité" face à la menace jihadiste.

"Les terribles événements survenus au Mali depuis le début du mois de novembre montrent que les groupes qui se revendiquent de l'Etat islamique résistent encore et qu'il ne faut pas baisser la garde", a averti M. Philippe dimanche 17 novembre. Et Dakar, qui doit porter l'effectif de son armée de terre de 20.000 à 30.000 hommes d'ici à 2025 "a vocation à faire partie du partenariat pour la sécurité et la stabilité (au Sahel) annoncé au G7 de Biarritz" en août, dont "les modalités sont en cours d'élaboration", précise-t-on à Matignon. À ce titre, le Sénégal pourra apporter un soutien aux forces du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie).

AFP/VNA/CVN


 
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