24/06/2018 02:37
Les accidents ferroviaires se sont multipliés ces derniers temps au Vietnam, la faute à des infrastructures vieillissantes, aux imprudences et à l’irresponsabilité de l’homme. Une priorité nationale.
>>Secteur ferroviaire: la réforme salariale sur de bons rails

Le gouvernement a soumis à l’Assemblée nationale un projet nécessitant 7.000 milliards de dôngs pour moderniser les infrastructures ferroviaires.
Photo: PL/CVN

Le mois de mai 2018 a vu se produire quatre accidents ferroviaires faisant 3 morts et 11 blessés, endommageant pour plusieurs milliards de dôngs de matériel et paralysant la ligne Nord-Sud pendant des heures durant. En cause: des maladresses et imprudences de gardes-barrières ou de conducteurs et des équipements usés, voire même obsolètes.

Des problèmes matériels à remédier

Selon Vu Anh Minh, président du Conseil d’administration de la Compagnie générale des chemins de fer du Vietnam (VNR), sous la direction du ministère des Transports et des Communications et du Comité national de la sécurité de la circulation, entre janvier et début juin 2018, le nombre d’accidents de train et de morts issus de ces accidents ont respectivement connu une baisse de 19% et de 24%, par rapport à la même période l’année dernière. Cependant, plusieurs accidents dramatiques se sont cependant produits.

"Sur les 3.000 km du réseau ferroviaire du pays, vieux de 130 ans, on compte plus de 5.700 passages à niveau dont 4.200 restent illégalement ouverts par les habitants. Faute d’entretien ou de rénovation, les infrastructures se dégradent. De plus, la plupart des locomotives et des wagons sont vétustes car vieux de 30 ans. Malgré des investissements dans certaines gares, leur système d’informations laisse à désirer", reconnaît  Vu Anh Minh.   

Les statistiques du secteur ferroviaire montrent que  plus de 70% des accidents de train ont lieu à hauteur des passages à niveau sans barrière. Parmi eux, plusieurs exclusivement réservés aux piétons, vélos ou motos ont été élargis par les habitants pour permettre le passage des voitures. 
 
En outre, ces dix dernières années, les autorités se sont concentrées sur la maintenance et la réparation des infrastructures existantes et non sur leur modernisation. L’investissement dans le développement du réseau ferroviaire est en net baisse. Ce fait parait évident quand on sait que le ministère des Transports et des Communications a dirigé 92% de son budget  "infrastructure" vers le réseau routier contre seulement 2% vers le rail.

Ainsi, les fonds alloués à la maintenance sont clairement insuffisants pour répondre aux besoins en termes de politique salariale. En effet, les travaux de maintenance se caractérisent par une dangerosité accrue en raison de l’augmentation de la fréquentation des lignes et surtout des infrastructures dépassées qu’il faut entretenir. Par conséquent, les ouvriers exigent une paye en relation avec les risques qu’ils prennent et de la quantité de travail à abattre. Notons que, ne pouvant obtenir satisfaction face à la direction, de nombreux "cheminots" ont démissionné en masse, notamment les patrouilleurs et gardes-barrières, accentuant les problèmes de fonctionnement et de sécurité du trafic ferroviaire.

Des solutions à mettre en place

Passage à niveau illégal, créé par les habitants, où le risque d’accident est très élevé.
Photo: Quang Quyêt/VNA/CVN

D’après Vu Anh Minh, la réduction des accidents passera par le renforcement de l’application par la VNR des avancées techniques et scientifiques. Il est ainsi déjà prévu d’équiper les locomotives de téléphones ou radios pour permettre une meilleure coordination entre conducteur et agents de terrain. De la même façon, des caméras seront installées dans les cabines des trains et aux passages à niveau présentant le plus de risques.

Sur le long terme, la VNR envisage également d’améliorer son système d’information et de signalisation via un partenariat avec une entreprise ukrainienne.

Actuellement, suite à la proposition du  ministère des Transports et des Communications, le gouvernement a soumis à l’Assemblée nationale un projet de financement à hauteur de 7.000 milliards de dôngs, par émission d’obligations sur la période 2017-2020 afin de moderniser les infrastructures ferroviaires.

Après  adoption, le secteur ferroviaire envisage de restaurer en priorité les ouvrages sur les tronçons Hanoï - Vinh (Centre) ou Nha Trang (Centre) - Hô Chi Minh-Ville (Sud). En outre, des glissières de sécurité, d’une longueur totale d’environ 42 km, seront mises en place pour fermer les passages ouverts par les habitants…

Concernant le projet de ligne ferroviaire double voie à grande vitesse Nord - Sud, le ministère des Transports et des Communications a demandé au Comité de gestion des chemins de fer d’élaborer un rapport à soumettre au gouvernement à la fin de ce mois de juin.

Les études de faisabilité de ce projet devraient être finalisées d’ici 2020. Ainsi, cette préparation minutieuse permettra la construction  des lignes TGV 160-200 km/h d’ici 2030 et des lignes 350km/h en 2050.

De plus, la Compagnie générale des chemins de fer a proposé à son ministère de tutelle de réexaminer sa politique salariale en augmentant les salaires et primes de risques en faveur des gardes-barrières et patrouilleurs.

À noter, en guise de conclusion, que lors de la récente séance d’interpellations à l’Assemblée nationale, le ministre des Transports et des Communications, Nguyên Van Thê, a martelé qu’il était  grand temps que le projet de chemin de fer à grande vitesse Nord-Sud soit approuvé. Selon lui, se priver de cette installation c’est rater une occasion d’améliorer les transports vietnamiens et d’accompagner le développement socio-économique.
 
Huong Linh/CVN

 
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