11/10/2017 16:58
L'action du sidérurgiste japonais Kobe Steel plongeait encore de 19,6% mercredi midi 11 octobre à la Bourse de Tokyo, après déjà une chute de 22% la veille, la direction ayant reconnu avoir enjolivé des données sur ses produits en aluminium et cuivre.
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Un panneeau d'affichage de la Bourse de Tokyo montrant une hausse de l'indice Topix le 10 octobre, malgré le plongeon de l'action du sidérurgiste Kobe Steel.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le titre est tombé à 859 yens (-19,56%) à la pause du déjeuner. Il valait 1.368 yens vendredi avant les premières révélations sur cette nouvelle affaire qui contribue à miner la confiance dans les industriels nippons.

Six constructeurs d'automobiles japonais ont été destinataires de produits en aluminium ou cuivre dont le sidérurgiste nippon Kobe Steel a reconnu avoir falsifié les caractéristiques techniques, a affirmé mercredi 11 octobre le quotidien japonais Nikkei.

Outre le numéro un nippon du secteur, Toyota, qui a déjà annoncé mardi 10 octobre avoir utilisé de l'aluminium de Kobe Steel dans des véhicules produits dans l'une de ses usines au Japon, Honda et Nissan ont confirmé mercredi 11 octobre à l'AFP être dans le même cas.

"De l'aluminium de Kobe Steel a été employé pour des portières et capots de véhicules et nous sommes en train de vérifier l'impact potentiel sachant que la qualité de l'aluminium peut jouer sur la sécurité des piétons" en cas de collision, a expliqué un porte-parole de Nissan.

Honda aussi a utilisé de l'aluminium de Kobe Steel mais dit "ne pas voir à ce stade de problème critique" puisque le groupe effectue ses propres tests de matériau avant usage. "Néanmoins, les examens se poursuivent", a indiqué un porte-parole.

Auraient aussi utilisé de l'aluminium incriminé Mitsubishi Motors, Subaru et Mazda.

Toyota et Honda ont été destinataires de produits en aluminium ou cuivre dont Kobe Steel a reconnu avoir falsifié les caractéristiques techniques.
Photo : AFP/VNA/CVN

D'après le Nikkei, tous les groupes concernés ont été invités par le ministère des Transports à procéder rapidement à des vérifications, notamment pour voir si des rappels s'avèrent nécessaires.

Lors d'une conférence de presse durant le week-end, un vice-président de Kobe Steel, Naoto Umehara, a avoué que des données relatives à des produits en aluminium et cuivre avait été falsifiées de façon "systématique" pour enjoliver les caractéristiques de certains produits, une pratique qui pourrait remonter à une dizaine d'années et n'a pu se faire, a-t-il dit, sans que des directeurs n'aient été au courant.

L'enquête menée par Kobe Steel révèle, qu'à l'heure actuelle, les spécifications techniques ont été maquillées pour environ 19.300 tonnes de produits en aluminium, 2.200 tonnes de produits en cuivre et 19.400 unités en aluminium moulé et forgé qui ont été expédiées aux clients entre septembre 2016 et août 2017.

Les marchandises dont les caractéristiques ont été trafiquées ont été livrées à quelque 200 entreprises.

En plus des constructeurs d'automobiles, de très nombreux industriels et produits sont concernés.

Sont fréquemment cités l'avion régional MRJ (exemplaires d'essais) de Mitsubishi Heavy Industries (MHI), la fusée H-2A, également fabriquée par MHI, des pièces destinées à des avions Boeing, des équipements de défense fabriqués par MHI, Kawasaki Heavy Industries, IHI et Subaru, des équipements de transport ferroviaire pour les compagnies japonaises ou encore divers produits de fabricant de climatiseurs Daikin et de Panasonic.

Le groupe a selon le Nikkei d'ores et déjà décidé des mesures de restructuration pour limiter les dégâts de ce scandale sur ses comptes. Il est prêt, affirme mercredi 11 octobre le quotidien, à vendre son activité immobilière.

Cette affaire est la énième d'une série qui touche les entreprises nippones ces derniers temps : les plus retentissantes concernent Olympus puis Toshiba (falsifications de comptes sur plusieurs années), Takata (camouflage de défauts d'airbags ayant entraîné la faillite de l'entreprise) ou encore Nissan qui a été forcé récemment d'annoncer le rappel de 1,2 million de véhicules au Japon parce que les contrôles finaux ont été effectués par des personnes non habilitées.

AFP/VNA/CVN

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