11/06/2017 15:59
Né d'une volonté politique sur une friche militaire, Savoie Technolac est devenu en 30 ans un technopôle dédié aux réseaux et aux énergies nouvelles fort de 230 entreprises, à l'origine de la création de 200 nouveaux emplois chaque année.
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Façade de l'INES, l'Institut national de l'énergie solaire, le 9 juin sur le site de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac. Photo : AFP/VNA/CVN

Tout a commencé en 1985 par un "choc", raconte Luc Berthoud, président de la structure et maire de la commune voisine de la Motte-Servollex : "l'annonce de la fermeture de la base aérienne 725 avec son école de formation et ses 1.000 personnes".

Sur cet ancien marécage bordant le lac du Bourget, enserré dans les montagnes, des élus locaux "visionnaires" dont Jean-Pierre Vial et Michel Barnier, mais aussi des chefs d'entreprise et des techniciens imaginent créer une Silicon Valley "à notre taille", après un voyage en Californie, relate M. Berthoud.

Savoie Technolac nait en 1987, "pensé dès le départ pour être un pôle d'excellence dans les énergies renouvelables et les réseaux numériques", ajoute celui qui a succédé à la présidence à M. Vial en 2015.

Jean-Jacques Duchêne (gauche) et Luc Berthoud posent le 9 juin sur le site de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac.
Photo : AFP/VNA/CVN
Dans les années 80, l'université Savoie Mont-Blanc connaît une forte croissance et ses nouvelles filières scientifiques viennent s'implanter sur le site.

En 1996, Vial encore et Jean Therme, l'emblématique directeur de la recherche au CEA (Commissariat à l'énergie atomique), œuvrent pour y installer l'INES, le tout nouvel Institut national de l'énergie solaire. L'INES est aujourd’hui dans le trio de tête mondial avec le NREL américain et l'institut Fraunhofer allemand.

Du passé militaire restent des bâtiments aux noms d'hélicoptères - "Alouette" ou "Puma"- ou l'incubateur de jeunes pousses - toujours le plus gros d'Auvergne-Rhône-Alpes - baptisé "la Base". Pour le reste, "c'est une culture libre, un état d'esprit entreprenant, bref, pas de cravate !", résume Jean-Jacques Duchêne, directeur général de Savoie Technolac, présent depuis le début de l'aventure.

Le site abrite, dans son entrelacs de rues aux noms de lacs du monde entier, bordées d'arbres et de pistes cyclables, 230 entreprises dont 87% ont été créées in situ. D'autres sont des poids lourds du secteur comme le Centre d'ingénierie hydraulique d'EDF.

Chaque jour "près de 10.000 +technopolitains+ viennent ici, dont 5.600 étudiants et 4.000 employés". "Le rythme de croissance est de 200 emplois nets par an", s'enorgueillit M. Duchêne. Et "on veut doubler la population d'ici 15-20 ans", en densifiant le bâti existant sur les 100 hectares déjà occupés.

Les nouveaux bâtiments se voient imposer la présence de centrales solaires sur les toits, et, a minima, une haute qualité environnementale (HQE).

Un homme recharge son vélo électrique, le 9 juin sur le site de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac.
Photo : AFP/VNA/CVN
Des projets reposant sur l'utilisation des eaux froides du lac sont à l'étude pour rendre le plus autonome et énergétiquement sobre le technopôle et les futurs logements d'un éco-hameau.

Terreau fertile

C'est dans cet environnement que des start-up croissent - 30 projets en moyenne incubent par an, parfois germés dans le cerveau d'étudiants poussés à l'entrepreneuriat. 93% sont toujours en activité après trois ans (contre 71% en moyenne nationale).

Energy Pool, actuel leader européen de la modulation énergétique, est né ici en 2009 d'un ex-Péchiney. Parti seul avec son idée de trouver des industriels prêts à diminuer leur consommation d'électricité contre rémunération lors des pics de tension, Olivier Baud a aujourd'hui 100 collaborateurs : 70 en France et les autres dans ses filiales en Grande-Bretagne, au Cameroun, au Japon en Turquie. Et un centre opérationnel toujours au bord du lac.

Dans un clin d’œil pour les 30 ans, la course cycliste du Critérium du Dauphiné a fait arriver sa 6e étape vendredi devant l'INES. Les stars de la petite reine ont roulé à leur insu sur les dalles d'un bout de route solaire.

À terme, l'idée serait de connecter cette route à une borne de rechargement électrique mise au point par la start-up Atawey (née en septembre 2012, 9 salariés). La société déploie en ce moment ses premières bornes de recharge mixtes électricité/hydrogène, pour voiture et vélo. À Savoie Technolac évidemment.
 
AFP/VNA/CVN




 
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