25/08/2019 12:00
Cat Bà, dans la ville de Hai Phong, abrite l’une des plages préférées du Nord. Populaire et truculente, impraticable le week-end, sauf à se noyer dans la foule plutôt que dans les vagues, c’est l’échappée marine et conviviale des chaudes journées d’été.
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Cat Bà se fait belle pour le citadin qui sait la prendre à bras le cœur.
Photo: CTV/CVN

Pour le citadin, s’enfouir les pieds dans le sable et se faire rouler par les flots, suppose de franchir quelques épreuves qui demandent parfois tant d’énergie que l’on peut-être rincé avant d’être mouillé. Souvenirs d’une escapade entre amis et en famille…Tout commence par un départ ferroviaire, mode de déplacement tellement moins égocentrique et sans doute plus écologique que le déplacement routier. Quoique! Samedi matin, destination Cat Bà, via les chemins de fer du Vietnam…

Pour arriver plus tôt sur l’île, il avait été décidé de prendre le train de 06h15 à la gare de Long Biên pour la ville portuaire de Hai Phong, et la correspondance avec l’hydroglisseur à 09h30, qui doit amener à bon port îlien en 40 minutes.

Incertitude ferroviaire

Premier constat, première épreuve: si vous voulez un taxi autour de 05h00 du matin à Hanoï, il faut être patient. À cette heure-là, ils ont du mal à se réveiller. Et quand on est plus de cinq personnes, le défi se corse puisqu’il faut deux voitures. On peut attendre une demi-heure devant la porte de la maison, sacs aux pieds et paupières tombantes avant qu’apparaisse la calandre de la première voiture. Les passagers de la seconde devront attendre dix minutes de plus.

Inutile de dire que le niveau des piles des téléphones portables diminuent proportionnellement à l’augmentation de l’angoisse collective, qui imagine déjà des scénarios catastrophes, du type "On va louper le train! Pour la mer, c’est cuit aujourd’hui!.." Nous parlons ici de la partie occidentale du groupe, car la partie vietnamienne, fidèle à elle-même, se contente de constater qu’on a de la chance, parce que la petite bruine matinale s’est arrêtée, et que finalement il fait plutôt bon pour voyager!

Pourquoi s’inquiéter tant que l’on n’est pas dans les ennuis jusqu’au cou? Tout compte fait, la prudente avance horaire, permet de se retrouver tous, à la gare de Long Biên, une demi-heure avant le départ du train. Et comme dans les décathlons, les épreuves s’enchaînent les unes aux autres. Après le taxi, les billets! Il suffit de se diriger allègrement vers le guichet pour demander poliment sept billets pour Hai Phong, par le train de 06h15. La sympathique personne de l’autre côté de la vitre répond, aussi poliment, qu’elle ne peut pas vendre les billets, parce que ce train ne part pas de cette gare, mais de la gare de Hanoï, et qu’on peut le récupérer à la gare de Long Biên.

La ville de Hai Phong. Photo: HLH/CVN

Le cœur des Occidentaux ralentit, la tension monte, la peau pâlit ou verdit selon les tempéraments et nos alliés vietnamiens prennent les choses en main. Ils dévalent déjà la rue qui descend de la gare, vers le carrefour pour héler deux taxis en maraude. En se précipitant à leur suite, stupéfaction de voir qu’il y a bien deux taxis qui attendent moteurs ronflants, 100 m plus loin et dans lesquels sont déjà installés les auteurs de cette réaction rapide! En 20 minutes d’horloge, nous avons encore dix minutes devant nous. Cinq minutes pour se faire délivrer les billets, deux minutes pour pénétrer sur le quai, et un luxe de quatre minutes pour attendre le train.

Inutile de s’affoler. La mer qu’on voit danser le long des criques claires aura toujours ses reflets d’argent, comme fredonnerait à peu près le "fou chantant"

Dans le même bateau

Après le train, le bateau…De nouveau, se présenter à des guichets pour acquitter les droits de passage pour le prochain bateau rapide. Même politesse, même sourire pour asséner cette terrible certitude: il n’y a plus de bateau rapide ici à cette heure-là, il faut prendre un bus à destination d’un autre embarcadère, dans moins de 60 minutes. Et là encore, la vitesse de réaction occidentale est inférieure à celle des Vietnamiens, plus habitués à ce type d’aléas. À peine, le temps de se concerter entre amis que déjà la partie vietnamienne du groupe réussissent à acheter des billets pour l’hydroglisseur qui arrive dans dix minutes.

Quel hydroglisseur? Qui vient d’où? Il est prévu où celui-là? On ne l’a pas sur nos horaires! On nous pousse, tel un troupeau de canards, vers un hydroglisseur qui vient d’accoster. Las, nouvelle épreuve. Il n’y a pas qu’un troupeau de canards qui veut pénétrer dans l’hydroglisseur, mais des dizaines. Bloqués sur le quai, le nez dans le dos d’une famille qui pousse celle de devant, qui pousse celle d’avant, et qui pousse…

À force de pousser, le bateau déborde. Et d’un péremptoire "Le bateau est plein!", le capitaine nous plante là, sur le quai, alors que nous ne sommes qu’à quelques centimètres du plat-bord. Il faut attendre une heure de plus! L’heure d’attente, transformée en heure et demie, s’achève par l’arrivée de l’hydroglisseur suivant, qui, non seulement embarque un nombre de passagers équivalent au nombre de sièges, mais rajoute des tabourets plastiques dans l’allée centrale, et emporte ainsi un tiers de passagers en plus pour récupérer les oubliés de la traversée précédente.

Inquiétude visible des touristes qui, dans leur pays, ont plutôt l’habitude du respect des règles strictes qui régissent les transports en commun sur terre comme sur eau. Et le bateau surchargé part affronter le mascaret pour atteindre Cat Bà. Il est 12h00 quand le port de Cat Bà se profile devant nous, après une heure et vingt minutes de traversée au lieu de 45 minutes. Le voyage a duré sept heures.

La prochaine fois, il faudra envisager de prendre l’avion pour aller se baigner sur la plage de Dà Nang (Centre). On y gagnera au moins trois heures de voyage. Finalement, soyons humbles et prudents: au Vietnam proche ne veut pas dire près!
Gérard Bonnafont/CVN
 
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