16/06/2020 09:12
Avec son paysage de carte postale éclaboussé de soleil, l'île de Santorin, l'une des plus touristiques de Grèce, attend le retour des touristes lundi 15 juin, pour l'ouverture de la saison touristique, partagée entre l'impatience de renouer avec son effervescence et la peur de voir émerger le coronavirus dont elle avait été jusqu'ici préservée.
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Coucher de soleil sur l'île de Santorin en Grèce le 14 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans les ruelles calmes de Fira, la capitale de l'île, le temps s'égrène au rythme du carillon de l'église Aghia Eleftherios. Comme un rappel des heures qui la séparent désormais du déferlement de touristes.

"Nous les attendons désespérément. Nous avons besoin d'eux, s'ils ne viennent pas comment allons nous survivre ?", s'impatiente Michalis Drosos, qui travaille dans un magasin de souvenirs du centre de Fira.

La saison touristique rouvre officiellement lundi 15 juin en Grèce, après trois mois de confinement qui ont mis un coup d'arrêt au tourisme, un secteur crucial de l'économie grecque avec 25% du PIB.

Avec elle, les hôtels saisonniers ont rouvert lundi 15 juin ainsi que tous les musées du pays.

"Personne ne peut comprendre la Grèce sans ses sites archéologiques ouverts et ses musées ouverts", a déclaré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, en visitant lundi matin 15 juin le musée et le site de l'ancienne Agora d'Athènes.

À Fira, capitale de l'île de Santorin, en Grèce, le 14 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais le chef du gouvernement a répété que sa "première préoccupation est la sécurité, la protection des visiteurs et des employés".

Il avait choisi Santorin pour inaugurer en grande pompe la saison samedi. Et inviter les touristes à venir sans tarder s'extasier devant "l'éblouissant coucher de soleil" qui a fait la célébrité de l'île.

"On a une chance incroyable de venir sans aucun touriste", s'exclame Cédric Delourme, un Français venu avec sa famille, l'un des rares touristes à arpenter l'île cycladique.

L'hôtel Gallini attend des Américains lundi 15 juin mais "on n'est jamais sûr jusqu'à la dernière minute", souligne son gérant, George Roussos. Ils arrivent via Athènes après une escale en Allemagne.

Car l'aéroport de Santorin ne rouvrira aux vols internationaux que le 1er juillet, comme tous les aéroports régionaux de Grèce.

Mais les voyageurs d'une trentaine de pays sont à nouveau accueillis sur les aéroports de Thessalonique et Athènes.

"C'est toujours un plaisir d'être en Grèce, on a été bien traités, tout est bien organisé", a déclaré Yoann, un touriste français à son arrivée à Athènes.

"Je suis soulagée, je viens de France et c'est mieux d'être ici", a ajouté sa compatriote Elli, en attendant "d'être testée" et "d'aller dans un hôtel" pour passer sa première nuit en Grèce.

Les voyageurs provenant des régions du monde les plus affectées par le coronavirus subiront des tests systématiques et passeront une nuit à l'hôtel aux frais de l'État grec, avant une éventuelle quarantaine obligatoire en cas de test positif.

Outre le vol en provenance de Paris, 28 avions d'Amsterdam, Londres, de Rome ou encore d'Allemagne doivent atterrir lundi 15 juin à Athènes.

"Nous redémarrons le moteur de production le plus important du pays et nous mettons fin à l'angoisse de 700.000 travailleurs du secteur touristique", s'est réjoui aussi à Santorin le ministre du Tourisme, Harry Theoharis.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis donne une conférence de presse sur l'île de Santorin le 13 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

C'est sans compter sur l'inquiétude des hôteliers et autres restaurateurs face au risque de résurgence de la pandémie, qui a jusqu'ici relativement épargné la Grèce, avec seulement 183 morts.

"Sur les nerfs" 

"Tout le monde a peur, peut-être qu'on va attraper le coronavirus", s'inquiète Orestis Papoulias, manager d'un beach bar sur la plage de sable noir de Perissa.

"Du moment où les touristes vont arriver, on va avoir de nouveaux cas", renchérit Stéphane Saat, guide touristique canadien à Santorin depuis 12 ans. "On est sur les nerfs".

Pour les mêmes raisons, Panos Kontoulis, gérant de l'hôtel Mylos, hésite encore à rouvrir fin juin. La pandémie "a tout changé, on ressent peut-être pas de la peur mais de l'insécurité", confie-t-il.

Les procédures de protection contre le coronavirus "sont lourdes", admet aussi George Roussos. Mais tout est prévu, dit-il : un médecin par hôtel, une chambre pour d'éventuelles quarantaines et l'hôpital local capable de faire des tests.

"En sécurité" en Grèce 

Entre les maisons blanches et les dômes bleus d'Oia à l'autre extrémité de l'île, Max Han, un jeune touriste chinois se sent d'ailleurs "vraiment en sécurité" au milieu des nombreux visiteurs grecs.

"Très peu de personnes ont été infectées (...) C'est pourquoi j'ai choisi de voyager à Santorin, la semaine prochaine je vais en Crète", dit-il en admirant le coucher de soleil. "Je ne me fais pas de souci pour le virus."

AFP/VNA/CVN
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