09/04/2020 08:37
Après une campagne secouée par les rebondissements, Bernie Sanders a abandonné mercredi 8 avril la course à la Maison Blanche en promettant de travailler avec Joe Biden, désormais vainqueur assuré de la primaire démocrate, qui a appelé au rassemblement pour battre Donald Trump.
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Le sénateur américain Bernie Sanders lors d'un meeting pour les primaires démocrates, le 9 février à Keene, dans le New Hampshire.
Photo : AFP/VNA/CVN

En annonçant à ses partisans qu'il jetait l'éponge, le sénateur indépendant a salué en Joe Biden un "homme très respectable" et a affirmé qu'il travaillerait avec ce candidat plus modéré afin de faire avancer son programme résolument ancré à gauche.

Prenant acte des tensions réelles entre les deux camps, l'ancien vice-président américain, 77 ans, a tendu la main aux partisans de Bernie Sanders, 78 ans.

"Je sais que je dois gagner vos voix. Et je sais que cela pourra prendre du temps. Mais je veux que vous sachiez que je vous vois, que je vous entends, que je comprends le sentiment d'urgence qui vous anime", a écrit celui qui affrontera Donald Trump le 3 novembre.

Dans la soirée, il a encore salué la "voix passionnée en faveur du progrès" de Bernie Sanders, qui a "inspiré et motivé des millions de partisans, surtout de jeunes électeurs".

Au terme d'une campagne qui avait vu un nombre inédit de candidats, affichant une diversité record, Joe Biden a promis de choisir une femme comme co-listière.

Et il a eu des mots très forts mercredi en direction de la sénatrice Kamala Harris. À 55 ans, elle avait espéré devenir la première femme noire présidente des États-Unis avant d'abandonner la primaire démocrate en décembre.

La sénatrice et ex-candidate à l'investiture démocrate Kamala Harris lors d'un meeting de campagne du candidat à la Maison Blanche Joe Biden, le 9 mars. 
Photo : AFP/VNA/CVN
Malgré ses vives critiques contre Joe Biden lors d'un débat, elle le soutient désormais et l'accompagnait mercredi pour une levée de fonds menée en ligne auprès de donateurs.

"Je suis très chanceux que vous fassiez partie de ça, ce partenariat à l'avenir, parce que je pense qu'en avançant ensemble, nous pouvons faire une grande différence, et la plus grande chose que nous puissions accomplir, c'est de faire de Donald Trump un président à un seul mandat", a déclaré Joe Biden.

Campagne bouleversée 

Alors que tous les démocrates s'accordent sur un seul grand objectif, battre Donald Trump, Joe Biden a su faire valoir qu'il attirait aussi bien les suffrages des Noirs que des ouvriers blancs et des femmes indépendantes. Trois groupes d'électeurs essentiels pour tout démocrate briguant la Maison Blanche.

La pandémie de coronavirus est ensuite venue bouleverser la campagne, en forçant depuis la mi-mars l'annulation des meetings, le report d'une quinzaine de primaires et en renvoyant les candidats chez eux.

Joe Biden devra être désigné officiellement candidat par le parti lors d'une convention démocrate, qui a été reportée au 17 août à cause de la pandémie.

"En voyant la crise qui frappe le pays (...) je ne peux pas, en toute conscience, continuer à mener une campagne que je ne peux remporter", a confié Bernie Sanders, lors d'un discours retransmis en ligne, depuis sa maison de Burlington, dans le Vermont. Il a reconnu que l'avance de Joe Biden était désormais irrattrapable.

Mais le sénateur indépendant a précisé qu'il resterait en lice dans les primaires restantes, afin "d'exercer une influence significative sur le programme du parti".

Après une bataille acharnée, Bernie Sanders avait perdu la primaire démocrate face à Hillary Clinton en 2016.

Biden, candidat "le plus progressiste"?

Malgré ses défaites, ce socialiste autoproclamé a eu une influence de taille sur le parti, en mettant au coeur du débat des propositions qui paraissaient encore extrêmes à beaucoup il y a quatre ans, comme sur la couverture universelle de santé.

"Bien que notre campagne se termine, notre mouvement n'est pas" mort, a souligné Bernie Sanders. "La lutte continue".

L'ancien vice-président Joe Biden, avant un débat pour la primaire démocrate le 25 février à Charleston, en Caroline du Sud.
Photo : AFP/VNA/CVN
Donald Trump a réagi en affirmant que "Joe l'endormi", comme il surnomme son grand rival, aurait du mal à s'attirer le soutien des partisans progressistes de Bernie Sanders.

Il s'est aussi demandé pourquoi Barack Obama ne soutenait pas encore publiquement son ancien bras droit. "Il sait quelque chose que vous ne savez pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

En 2016, le président démocrate avait déclaré son soutien à Hillary Clinton en juin, une fois qu'elle avait été assurée de décrocher l'investiture.

Plusieurs organisations de jeunes progressistes ont envoyé une lettre ouverte à Joe Biden pour lui rappeler qu'il avait "été incapable de gagner les suffrages de la vaste majorité" des jeunes.

Même si Joe Biden est plus au centre, il fait campagne "sur le programme le plus progressiste de tous les candidats démocrates de l'histoire américaine", avait souligné en mars un ex-membre de l'équipe de Barack Obama, Jon Favreau, d'après qui le mérite en revient à Bernie Sanders et son mouvement.

AFP/VNA/CVN

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