15/03/2020 14:51
La saison de Ligue 1, suspendue jusqu'à nouvel ordre, ira-t-elle jusqu'à son terme ? L'influent président lyonnais Jean-Michel Aulas s'est montré favorable à son annulation pure et simple, une solution avantageuse pour lui et massivement rejetée samedi 14 mars par le foot français.
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Le président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, en conférence de presse à Décines-Charpieu, le 13 février 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN

Si l'épidémie de coronavirus continue de perturber le Championnat de France dans les semaines à venir, "le plus logique serait alors de dire : +on annule tout et on repart sur la situation du début de saison+", a lancé le patron de l'OL vendredi dans les colonnes du journal Le Monde.

Décréter une "saison blanche" permettrait à Lyon, éloigné des places européennes à dix journées du terme, d'être qualifié pour la prochaine Ligue des champions, au titre de sa deuxième place acquise en fin de saison dernière.

Mais le dirigeant lyonnais estime plutôt que cela permettrait d'éviter "à ceux qui sont concernés par le bas du tableau de se retourner contre la LFP et la FFF". Un argument juridique balayé par la LFP. "La seule façon d'éviter les recours c'est que les compétitions aillent à leur terme", a répondu son directeur général exécutif Didier Quillot, samedi au site internet du journal L'Equipe, en mentionnant les engagements pris devant les diffuseurs.

Idée "indécente" et "opportuniste"

"Le football, c'est la solidarité entre les quarante clubs (de L1 et L2, ndlr) et l'ensemble des acteurs du foot. Ces paroles n'engagent que lui", avait taclé plus tôt la présidente de la Ligue Nathalie Boy de la Tour, interrogée par BeIN Sports.

Samedi 14 mars en début de soirée, Aulas a précisé sur Canal+ qu'il souhaitait "évidemment" terminer l'exercice en cours. "Je n'ai pas du tout occulté l'opportunité de terminer le championnat. La question était de savoir ce qui se passait si le championnat n'était pas terminé", s'est-il défendu. Ses concurrents Marseille et Rennes sont en tout cas montés au créneau pour dénoncer une idée "indécente".

"Si par malheur le championnat devait s'arrêter définitivement, il me semblerait sportivement équitable que le classement soit entériné au soir de la dernière journée jouée (...)", a pointé le président rennais, Jacques Delanoë.

Le président de l'Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud, au Centre d'entraînement Robert-Louis Dreyfus, à Marseille, le 4 septembre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais la charge la plus virulente est venue de Jacques-Henri Eyraud, le président de l'OM qui a fustigé "l'obscénité (d'une) proposition opportuniste" et "l'égoïsme de celui dont la seule boussole est sa participation à la Ligue des champions".

"Nous connaissons la volonté obsessionnelle de Jean-Michel Aulas de défendre l'OL par tous les moyens. Mais la ficelle est cette fois un peu grosse. Est-ce vraiment aimer et respecter le football quand, sans la moindre concertation, on suggère de nier les 28 journées de championnat déjà disputées ?", écrit-il dans une tribune publiée sur le site internet du JDD.

"Inconcevable" pour Blaquart

Avant la polémique, l'ensemble des clubs de Ligue 1 avaient en tout cas exprimé leur envie de voir le championnat connaître sa conclusion sur les terrains, quitte à prolonger l'exercice au-delà du mois de mai. "On risque de terminer un peu plus tard mais ce n'est pas un problème à mon goût. Si on termine le championnat, ce sera les mêmes équipes" donc "l'équité" sera respectée, a exposé l'entraîneur de Strasbourg, Thierry Laurey, ajoutant: "Si on annule, comment vous faites pour l'Europe ?".

La qualification pour les places européennes, justement, est l'objectif qui incite l'AS Monaco, 9e avec le même nombre de points que Lyon, à poursuivre l'exercice en cours. "Je souhaite que l'on remonte au classement. Tout le monde sait que j'ai fait des changements (limogeage de Leonardo Jardim, ndlr) en plein championnat et que j'en attends beaucoup", a reconnu Oleg Petrov, le vice-président du club monégasque.

Une saison blanche, sans relégation, rendrait service aux équipes actuellement en danger, comme Toulouse (20e), Amiens (19e) voire Nîmes, en position de barragiste.

L'entraîneur de Nîmes, Bernard Blaquart, durant le match de Ligue 1 face à Metz, à Longeville-lès-Metz, le 7 mars 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais l'entraîneur des Crocodiles ne veut pas entendre parler d'une telle solution. "En tous les cas, on ne pourrait pas se réjouir d'une telle décision. C'est inconcevable même si Nîmes, aujourd'hui, en profiterait", affirme Bernard Blaquart.
 
En cas de reprise du Championnat, la Ligue et les clubs seront néanmoins confrontés à un casse-tête pour programmer les dix dernières journées avant le 30 juin, date de fin de contrat pour de nombreux joueurs.
 
AFP/VNA/CVN
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