20/01/2018 15:50
Sài Gon Time est un groupe de sauvetage des chiens et chats abandonnés. À but non lucratif, il accueille actuellement une centaine d’animaux.
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Trân Uyên Nhu, responsable du refuge pour chiens et chats Sài Gon Time, s’occupe d’un de ses pensionnaires. Photo : PNVN/CVN

Nichée dans une petite ruelle du district de Binh Chanh de Hô Chi Minh-Ville, la maison de Trân Uyên Nhu, une décoratrice de mariage, vit au rythme d’aboiements continuels. Il ne s’agit pas d’une boutique d’animaux de compagnie mais du siège de Sài Gon Time, une équipe de sauvetage des chiens et chats.

Elle a pour mission d'améliorer le sort des animaux domestiques, de les recueillir, de les faire adopter, de leur trouver de bons maîtres, de les protéger, de les défendre, et de lutter contre les abandons. Elle a aussi pour but d'éviter l'euthanasie sans raison médicale (vieillesse, abandons, etc.).

Inutile de préciser que dans le contexte où la tradition de consommation de viande de chien - et dans une moindre mesure de chat - est très ancrée dans le pays, l’équipe a du pain sur la planche !

Défenseurs des droits des animaux

Une journée ordinaire de Trân Uyên Nhu commence par la visite des chiens qui l’accueillent en aboyant et l’entourent pour recevoir quelques caresses. Nettoyer les bols, les enclos et préparer les plats pour ses 89 pensionnaires à quatre pattes sont le quotidien de la jeune femme. Sài Gon Time comprend deux membres - Uyên Nhu et son petit ami - et trois collaborateurs. Au début, ils étaient dix.

"Tu es jeune, tu dois consacrer toute ton énergie pour construire ta vie, m’ont dit certains de ceux qui ont quitté le groupe, partage Uyên Nhu, comme si cette mission de protection des animaux était vide de sens, n’était qu’une perte de temps. Au contraire, elle donne du sens à ma vie. Et si je laisse tomber ces pauvres animaux, qui va s’occuper d’eux ? La plupart sont vieux et malades, personne n’acceptera de les élever. J’arrange mon travail et j’économise de l’argent afin de pouvoir m’occuper d’eux. Les abandonner est impossible".

Élever quelques chiens n’est pas chose aisée, alors imaginez plus de 80... Les frais, conséquents, sont une partie du problème. Car, chaque jour, il faut dix kilos de riz et cinq kilos de viande. Les plats varient. Un jour du riz blanc, le lendemain du riz complet. Viande et abats hachés sont aussi alternés pour diversifier les menus. 

Bien qu’il ne compte que deux membres, Sài Gon Time fonctionne bien et est de plus en plus connu. Photo : PNVN/CVN

L’autre problème, en plus des mauvaises odeurs qui flottent dans la ruelle, est la répétition des aboiements, qui résonnent du matin au soir et même la nuit dans le quartier. "Avant, je louais une maison dans un autre lieu. Les chiens ne s’y habituaient pas et aboyaient continuellement. Un jour, le propriétaire s’est énervé et nous a mis dehors en pleine nuit. J’ai dû appeler un tuk-tuk pour transporter les animaux vers un nouvel abri", se souvient-elle.  
 
Chaque animal a été nommé sur la base de ses caractéristiques physiques ou des circonstances de sa découverte. Par exemple, le chiot PT a été amené de Phan Thiêt (province centrale de Binh Thuân), un autre s’appelle Noël car lorsqu’il a été découvert, il arborait des touffes de poil blanc autour de la gueule. 

Susciter les soutiens sur Facebook

Certains chiens ont connu un destin tragique. "Mon est le premier chien que j’ai récupéré, en août 2015. Son ancien maître voulait qu’il ait toujours la langue pendante… pour qu’il soit plus mignon. Alors, il a fait retirer sa dentition ! En outre, il a ajusté ses oreilles pour qu’elles soient bien pointues. Quand on me l’a amené, sa gueule était sanguinolente. Maintenant, bien que la blessure soit guérie, il ne peut plus fermer la gueule et sa salive n’arrête pas de dégouliner", déplore-t-elle.

Ceux qui le souhaitent peuvent adopter un chien ou un chat. Bien évidemment, les plus beaux et les plus jeunes sont préférés des adoptants. Pour ce qui est des autres - vieux, handicapés ou atteints de maladies de la peau -, qui composent la grande majorité des effectifs, ils sont pris en charge par l’équipe. Parfois, les maladies sont contagieuses. Uyên Nhu et son ami Quôc Khanh doivent les emmener chez le vétérinaire à moto. Certaines maladies sont incurables, comme celle de Carré. "Quand un chien est frappé par cette maladie virale, il a 1% de chance de survivre. Le vétérinaire propose alors l’euthanasie. Après les soins, je dois me laver et procéder à une désinfection", fait savoir Uyên Nhu.

Bien qu’elle ne compte que deux membres, Sài Gon Time fonctionne bien et est de plus en plus connu. Comme c’est pour la bonne cause, le groupe est soutenu par des mécènes qui offrent argent ou nourriture. En plus de l’élevage et des soins, Sài Gon Time met l’accent sur la promotion de ses activités pour recevoir plus d’aides, matérielles ou financières. Les réseaux sociaux sont une aide des plus précieuses, notamment pour présenter les pensionnaires et susciter des adoptions.

En effet, tous les animaux qui arrivent au refuge sont pris en photo. Et plus l’animal est mignon, plus il a de chances de trouver un nouveau maître. Cela permet à ceux qui veulent adopter de faire leur choix sur Internet avant de téléphoner au refuge pour avoir des explications supplémentaires. En général, ceux qui se déplacent repartent avec un animal.

Si vous voulez en savoir plus sur Sài Gon Time ou pour tout contact, veuillez consulter sa page Facebook : https://www.facebook.com/savesgt/

Mai Quynh/CVN
 
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