03/03/2021 23:54
Le chancelier de l'Echiquier, Rishi Sunak, présente mercredi 3 mars son premier budget depuis la sortie britannique de l'UE, mettant l'accent sur les aides à l'emploi en pleine crise historique du COVID-19 tout en souhaitant amorcer un rééquilibrage des finances publiques.

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Le chancelier de l'Echiquier, Rishi Sunak, porte la valise budgétaire à la sortie du 11 Downing Street avant la présentation du budget de relance au Parlement britannique, le 3 mars à Londres. 
Photo : AFP/VNA/CVN


"Le plan du gouvernement pour la croissance sera centré sur l'innovation, les qualifications et les infrastructures"
, a déclaré le Premier ministre Boris Johnson, mercredi 3 mars, lors d'une réunion de son cabinet, selon des propos rapportés par un porte-parole.

En présentant son budget de relance au Parlement britannique à 12h30 GMT, le ministre des Finances doit déclarer que le gouvernement fera "tout ce qui sera nécessaire pour aider les Britanniques et les entreprises à traverser cette crise", d'après le Trésor.

Ce conservateur pro-Brexit, soucieux d'orthodoxie budgétaire, doit aussi répéter qu'une fois "que nous serons sur le chemin de la reprise, nous aurons besoin de commencer à réparer les finances publiques", face à des déficits devenus abyssaux depuis que le gouvernement a dépensé déjà 280 milliards de livres pour maintenir l'économie sous perfusion.

Mesure la plus attendue, le chancelier doit annoncer une extension jusqu'à fin septembre du programme de chômage partiel, en place depuis mars dernier, et qui devait expirer en avril.

L'
État subventionne ainsi depuis des mois 80% des salaires à hauteur de 2.500 livres (2.890 euros) pour les employés forcés de ne pas travailler en raison des mesures sanitaires.

Le gouvernement réduira sa prise en charge à 70% à partir de juillet et 60% en août et septembre, souligne le Trésor britannique.

Le taux de chômage a certes grimpé à 5,1% contre 3,9% environ avant la pandémie, mais les économistes s'accordent pour dire qu'il aurait flambé bien plus sans ces aides massives.

D'après le Trésor, les aides à l'emploi ont bénéficié à 11,2 millions de postes depuis le début de la pandémie.

Aide aux pubs

Parmi les mesures présentées mercredi 3 mars, M. Sunak devrait dévoiler un fonds de 410 millions de livres pour soutenir les institutions artistiques, forcées de rester fermées pour la plupart depuis un an, tout comme les boîtes de nuit ou centres de conférence.

Des rues londoniennes désertées, le 17 février.
Photo : Xinhua/VNA/CVN


Le Chancelier devrait aussi annoncer 150 millions de livres pour la sauvegarde des pubs. La restauration, la distribution et les transports comptent aussi parmi les secteurs les plus durement frappés par les confinements.

Le Sunday Times évoquait une prolongation de la suspension de la taxe sur les achats immobiliers jusqu'à l'été, qui a dopé ces derniers mois les transactions et les prix des logements.

La dette s'envole 

Le Royaume-Uni, pays européen au pire bilan sanitaire avec quelque 123.000 décès attribués au virus, est aussi le pays développé ayant subi le plus important choc économique avec un PIB qui a dégringolé de 9,9% l'an dernier.

Le confinement en cours depuis fin décembre en Angleterre ne commencera à être progressivement levé que la semaine prochaine avec la réouverture des écoles, mais les commerces non essentiels resteront fermés jusqu'à mi-avril, et les économistes prévoient un retour à la contraction économique au premier trimestre.

Le Brexit a apporté une complication supplémentaire avec de grosses perturbations dans les livraisons et exportations, entre déclarations administratives alourdies et taxes qui mettent en danger certaines PME.

Les milliards de livres injectés pour empêcher un naufrage de l'économie ont fait flamber la dette du secteur public de 316 milliards de livres à 2.115 milliards, soit 98% du PIB, et un niveau pas vu depuis 60 ans.

"Nous empruntons à une échelle sans équivalent sauf pendant les guerres", a relevé le chancelier devant le cabinet du gouvernement, selon des propos rapportés par un porte-parole.

Le leader de l'opposition travailliste Keir Starmer a toutefois répété la semaine dernière que "ce n'est pas le moment" pour des hausses d'impôts, qui risqueraient selon lui, et nombre d'économistes, d'étouffer dans l'
œuf la reprise.

D'après la presse britannique, M. Sunak devrait se contenter d'annoncer des hausses parcimonieuses pour l'instant, probablement un relèvement de la taxe sur les entreprises.

Enfin, le chancelier devrait annoncer mercredi 3 mars les conclusions d'une étude sur la compétitivité de la place financière de Londres, durement concurrencée par les places européennes comme Paris ou surtout Amsterdam, qui l'a doublée sur le courtage d'actions depuis que le Brexit est devenu effectif début janvier.

AFP/VNA/CVN

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