08/02/2017 17:32
Le président de centre droit roumain Klaus Iohannis a laissé entendre mardi 7 février devant le Parlement qu'il souhaitait une démission du gouvernement pour "régler la crise" qui secoue son pays depuis une tentative d'assouplissement de la législation anticorruption fin janvier.

>>Roumanie : le gouvernement ébranlé par la poursuite des manifestations
 

Le président roumain Klaus Iohannis s'adresse au parlement, le 7 février à Bucarest. Photo : AFP/VNA/CVN


Le Premier ministre social-démocrate Sorin Grindeanu, interrogé par les journalistes, a toutefois répété mardi qu'il n'envisageait pas de démissionner et ajouté qu'il présenterait en détail sa position mercredi 8 février, à l'occasion d'un débat autour d'une motion de censure déposée par l'opposition.

Face à une vague de manifestations sans précédent depuis la chute du communisme, il y a 27 ans, M. Grindeanu avait annulé dimanche un décret controversé qui aurait permis à des hommes politiques d'échapper à des poursuites judiciaires.

Toutefois, "l'abrogation du décret et un éventuel limogeage du ministre de la Justice ne sont pas suffisants", a jugé mardi 7 février le chef de l'État dans un discours solennel devant les députés.

La solution à la crise se trouve "à l'intérieur" de la majorité de gauche, a souligné M. Iohannis, suggérant la démission de l'actuel gouvernement et la nomination d'un nouveau par le Parti social-démocrate (PSD).

Cette formation politique ayant remporté une nette victoire aux législatives de décembre, "convoquer des élections anticipées serait excessif pour le moment", a estimé le chef de l'État.

"Vous avez gagné, maintenant gouvernez et légiférez, mais pas n'importe comment. La Roumanie a besoin d'un gouvernement fort, d'un gouvernement qui travaille de manière transparente et prédictible", a-t-il lancé.

 

Assouplissement de la législation anticorruption en Roumanie.
Photo : AFP/VNA/CVN


Mais "si le PSD, qui a créé cette crise, ne la résout pas d'urgence, je vais convoquer les partis politiques pour des consultations, en vertu de mes prérogatives", a souligné le président.

Les élus de la majorité de gauche ont quitté la salle pendant son discours en vociférant.

En dépit de l'abrogation du décret, quelque 500.000 personnes ont encore manifesté en Roumanie dimanche soir 5 février, demandant pour la plupart la démission du gouvernement de M. Grindeanu, en place depuis un mois.

Mardi soir 7 février, elles étaient environ 3.000, selon les médias, à battre le pavé devant le siège du gouvernement, scandant "Jour après jour, nous serons ici !".

"Nous respectons le résultat des élections. Nous souhaitons un gouvernement compétent et propre", pouvait-on lire sur une banderole de plusieurs dizaines de mètres de long.

En parallèle, quelque 2.000 partisans du gouvernement se sont rassemblés pour le troisième jour consécutif devant le palais présidentiel pour demander la démission de M. Iohannis, qualifié de "traître". Ils accusent le chef de l'État d'avoir "semé la discorde" en encourageant les protestations antigouvernementales.

M. Iohannis, qui avait brièvement rejoint l'une des premières manifestations contre l'assouplissement du code pénal, le 22 janvier, a appelé mardi 7 février les Roumains à "défendre sans répit la démocratie", dans son discours au parlement.

 

AFP/VNA/CVN

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