25/10/2018 17:57
Actuellement à Hô Chi Minh-Ville, on compte plus de 100 monuments et vestiges classés comme des biens historiques et culturels et/ou patrimoines nationaux de la ville. Malheureusement, bon nombres d’entre eux sont peu fréquentés par les visiteurs étrangers. Une problématique importante qui soulève des questionnements sur la conservation du patrimoine vietnamien.
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Le Palais supérieur (Dinh Thuong Thu), un monument de près de 200 ans, mais ne figure pas sur la liste des héritages de ville.

Durant leur séjour, les touristes étrangers cherchent à visiter le plus de monuments culturels et historiques possibles. C’est pour cela que les tour-opérateurs proposent un circuit complet des édifices historiques populaires à voir. Un patrimoine existant dont une partie s’avère totalement inexploitée alors que le besoin de "nouveaux produits"  est indispensable pour continuer d’attirer les touristes.

Une volonté de sortir des sentiers battus comme en témoigne l’expérience de cette touriste australienne: "Je suis déjà venue à Hô Chi Minh-Ville (HCMV) il y a cinq ans. Aujourd’hui, je visite à nouveau les mêmes lieux. Mon souhait est de pouvoir visiter d'autres espaces culturels et historiques de Hô Chi Minh-Ville".

Pourtant, la ville regorge de pépites inexploitées comme cet archevêché situé dans la rue Nguyên Dinh Chiêu dans le 3e arrondissement de la Mégapole. Sous ce toit en tuiles et en bois qui occupe un espace modeste, se niche en réalité une ancienne chapelle vieille de 200 ans. De nombreux visiteurs étrangers catholiques voudraient la visiter mais elle reste encore difficile d’accès.

Il en est de même pour la pagode Giac Viên, localisée dans la rue Lac Long Quân dans le 11e arrondissement. Vieux de près de 300 ans, ce bijou d’histoire est en réalité la plus ancienne pagode de Saïgon - Gia Dinh comportant une architecture typique du Sud. Aussi précieuse soit-elle, cette pagode reste méconnue des touristes car elle ne figure pas dans les circuits touristiques actuels.

Une situation confirmée par le peintre Trân Huu Quang, de l’Association des beaux-arts de HCMV qui déclare: "Il y a très peu de touristes étrangers qui visitent les pagodes, y compris la pagode Giac Viên. En effet, la visite de ces monuments n’est jamais proposée aux touristes."

Lê Thanh Tùng guide touristique pour l’agence de voyages Vietnam Travel depuis plus de 15 ans, s’en désole: "Je suis attristé de constater que les voyageurs revenant au Vietnam ne trouvent pas beaucoup de nouvelles attractions alors qu’elles existent". Il explique aussi que les monuments historiques et culturels qui portent sur la vie ancienne des cultures et des peuples autochtones ne sont pas inclus dans les circuits touristiques en raison d’un manque de personnel pour les entretenir. C’est pour cela que de nombreux biens patrimoniaux sont sous exploités et se retrouvent en totale décrépitude.

Hô Chi Minh-Ville dispose d’un riche patrimoine culturel matériel et immatériel comme nous l’expose l’expert culturel, le professeur Phan An. Les temples, les pagodes, les monuments architecturaux français, chinois, musulmans et khmers sont considérés comme des vestiges historiques. C’est au niveau de la conservation et la valorisation de ces atouts que le problème fait rage. Face à ces incertitudes, ce patrimoine est négligé et le secteur touristique ne parvient pas à y palier en proie à un manque d'orientations stratégiques. 

Selon ce même expert, la ville ne les exploite pas suffisamment. Il poursuit: "Surtout dans le contexte de développement social actuel, nous n'avons pas prêté suffisamment attention à l'exploitation de ces patrimoines culturels pour le secteur du tourisme. Nous n'avons pas présenté pleinement ces monuments aux voyageurs afin qu’ils puissent mieux comprendre la culture et l'histoire de Hô Chi Minh-Ville et du Saïgon d’antan".

Le patrimoine serait mieux préservé s'il était exploité et utilisé. De plus, ces nouvelles recettes permettraient de contribuer à la restauration et à l’embellissement de ces vestiges. 

La nécessité d’exploiter ce patrimoine oublié

La restauration et à l’embellissement de Grande Église de ville ayant une grande valeur architecturale et historique.

Ce paradoxe a souvent été soulevé lors de nombreuses conférences sur le tourisme tenues à Hô Chi Minh-Ville. À chaque fois, était dénoncé le manque de mise en valeur dans le développement touristique en raison du manque de synergie entre les animateurs patrimoniaux et les tour-opérateurs. 

Nguyên Van My, président de l’agence de voyages Lua Viêt Tours, déplore l’inefficacité du système actuel: "De nombreux bâtiments anciens de la ville ayant une valeur architecturale ne figurent pas sur la liste des biens préservés. C’est un point essentiel à revoir. Actuellement, l’absence d’instructions sur l'accréditation des biens de valeurs historiques et culturelles empêchent la préservation et l’exploitation du patrimoine. Cette industrie est donc tronquée de pas mal d’avantages". 

Le Prof. Phan An ajoute à cela: "L’une des raisons principale est qu’il n’y a pas de stratégie globale concernant la conservation et la promotion des biens culturels et historiques. Il semble que nous avons traité ces affaires en surface. Un monument endommagé doit être réparé, mais nous manquons de connaissances solides sur le sujet". 

Hô Chi Minh-Ville connaît une urbanisation rapide et son développement affecte fortement la conservation des patrimoines. Si on ne met pas à temps cette partie du patrimoine oublié sur la liste du patrimoine à préserver, ces édifices seront endommagés encore plus vite. C’est le cas du Palais supérieur, un monument ancien bâti selon les concepts architecturaux esthétiques français. Désormais, il héberge l’établissement de travail des services municipaux de l’information et de la communication, des ressources naturelles et de l’environnement. Il possède une très grande valeur historique totalement sous-estimé à l’heure actuelle. Survivra-t-il dans les années à venir ?

Cette situation montre que la gestion du patrimoine est encore faible. Les acteurs concernés n’ont pas encore pleinement énuméré les différentes problématiques existantes. En plus, l'absence de "vision stratégique" d'exploitation du patrimoine dans le tourisme alourdit le bilan. 

Une responsabilité double selon le professeur Phan An qui conclue par ses mots: " L’exploitation et la préservation des monuments sont la responsabilité à la fois de l’unité de gestion et de la communauté, y compris des visiteurs. Nous regrettons qu’une partie des voyageurs n’ait pas conscience du respect de cet héritage. Il est également important de promouvoir le patrimoine oublié auprès du grand public, tout en le sensibilisant à sa protection". 

Texte et Photos: Quang Châu/CVN
 
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