21/12/2019 20:53
Le début du grand week-end de départs avant Noël a été marqué par de fortes perturbations à la SNCF en raison de la poursuite du conflit sur les retraites, mais les enfants voyageant seuls pourront partir dimanche 22 décembre grâce au "retour au travail" de certains conducteurs, au lendemain de la réunion entre Édouard Philippe et les syndicats.
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Un train gare de Lyon à Paris, le 20 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Alors que plus de la moitié des conducteurs étaient encore grévistes vendredi  20 décembre au 16e jour de conflit, le trafic restera "très perturbé" samedi 22 décembre et dimanche 22 décembre, avec la moitié des TGV, 30% des TER et 20% des Transilien en circulation. La SNCF prévoit de faire rouler un Intercités sur quatre.

Mais en fin d'après-midi la SNCF a annoncé une bonne nouvelle aux parents d'enfants voyageant seuls. Si l'entreprise avait annoncé mercredi 18 décembre, pour des raisons de sécurité, la suspension pour le week-end de son service prenant en charge les enfants de 4 à 14 ans, elle a pu le rétablir pour dimanche  22 décembre avec 5.000 places dans 14 TGV exceptionnels.

Cette annulation avait créé une vive polémique. Le revirement de la SNCF a été "rendu possible à la suite de la trêve de Noël annoncée par une partie des conducteurs", selon la direction.

Cette trêve n'est cependant que très partielle.

Alors que le gouvernement espérait une pause de la CFDT-Cheminots, comme le souhaitait d'ailleurs le N°1 de la confédération Laurent Berger, le 3e syndicat des conducteurs a maintenu son appel à la grève car "les avancées obtenues ne sont pas suffisantes" pour garantir "l'intégralité des droits pour tous les cheminots au statut".

"Le gouvernement regrette la communication de la CFDT Cheminots visant à prolonger le mouvement social pendant la période de Noël", a réagi le ministère de la Transition écologique vendredi soir.

De leur côté, la CGT-Cheminots et SUD-Rail, 1ère et 3è à la SNCF, avaient déjà décidé de continuer. Et si le bureau de l'Unsa ferroviaire, 2e syndicat de la compagnie, a invité à "une pause pour les vacances", plusieurs de ses unions locales ne sont pas sur cette ligne.

À la RATP, l'Unsa (1er syndicat) préfère laisser les assemblées générales, "souveraines, se positionner". Les deux autres syndicats représentatifs, CGT (2e) et CFE-CGC (3e), ont eux appelé à poursuivre.

En conséquence, huit lignes de métro seront toujours fermées samedi 21 décembre, mais "avec une amélioration globale" tandis que dimanche le trafic sera "très réduit".

"S'arc-bouter sur l'âge pivot

Foule à l'entrée d'une station de métro à Paris, le 20 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Premier ministre a de son côté "appelé à la responsabilité de chacun" pour que les Français puissent circuler pendant les fêtes.

Prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité, main tendue sur la retraite progressive pour les fonctionnaires, "améliorations" concernant le minimum de pension, "marges de manœuvre" pour parvenir à l'équilibre financier, progressivité de la réforme des régimes spéciaux... Après deux jours de rencontres avec syndicats et patronat, Édouard Philippe a relevé jeudi soir des "avancées concrètes" et promis de nouvelles réunions début janvier sur le projet, qui doit être transmis au Conseil d'État avant Noël et présenté en Conseil des ministres le 22 janvier.

Mais même pour les syndicats favorables à la réforme, le compte n'y est pas. La CFDT, a rappelé Laurent Berger, reste "fermement opposée" à l'"âge d'équilibre" assorti d'un bonus-malus que le gouvernement veut introduire dès 2022 et fixer à 64 ans en 2027 pour inciter chacun à travailler plus longtemps et assainir les comptes. Le député Cédric Villani, candidat LREM dissident à la mairie de Paris, a jugé qu'il ne fallait "pas s'arc-bouter sur l'âge-pivot" et qu'il fallait "écouter la CFDT".

L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse appellent à une nouvelle "puissante" journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles le 9 janvier.

D'ici là, des actions se poursuivaient, comme à la gare routière de Tarbes, où des manifestants ont interpellé les passagers.

Emmanuel Macron "doit prendre la parole pour dire +on fait pause, on appuie sur le bouton stop, on revient autour de la table sans préalables+", a estimé Yves Veyrier, N°1 de FO.

Vendredi soir 20 décembre, le ministère de la Transition écologique a appelé "à la responsabilité individuelle et collective des cheminots à l'aube des vacances et des fêtes de fin d'année".

Pour aider les commerçants et artisans affectés par la grève, la mairie de Paris a débloqué une aide de 2,5 millions d'euros.
AFP/VNA/CVN

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