20/01/2020 00:06
Des pertes désormais supérieures à 14 millions d'euros : la grève historique à l'Opéra de Paris menace de se prolonger, faute de compromis entre ses artistes et machinistes attachés à leur régime spécial de retraite, et l'État déterminé à le supprimer.
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Action de grévistes de l'Opéra et de la Comédie française, contre la réforme des retraites sur les marches de l'Opéra Garnier, le 18 janvier à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

En un mois et demi de grève, 67 spectacles ont été annulés, dont trois représentations du "Barbier de Séville" ces derniers jours. Un nouveau préavis compromet celle de lundi. À l'Opéra de Paris, seule institution culturelle avec la Comédie-Française à bénéficier d'un régime spécial, danseurs de ballet, musiciens, choeur et machinistes restent mobilisés.

Ce samedi 18 janvier, 200 personnes de tous les corps de métiers de l'Opéra mais aussi de la "Maison de Molière" ont organisé un concert devant le Palais Garnier. Devant une foule dense, l'orchestre et le choeur de l'Opéra de Paris ont interprété, entre autres, un extrait de Carmen de Bizet et La Marseillaise, sous des applaudissements nourris ou des ''vive la grève!" lancés par des spectateurs.

En décembre, les images d'un "mini" Lac des Cygnes sur le parvis avaient fait le tour du monde. Les plus de 14 millions d'euros perdus en billetterie sont l'équivalent de la contribution annuelle de l'État à la Caisse de retraite de l'Opéra. Et à peine moins que les 18 millions versés annuellement par les mécènes de l'institution tricentenaire.

Le directeur général Stéphane Lissner a rassemblé vendredi 17 janvier l’ensemble du personnel pour évoquer les conséquences économiques qui l'ont obligé à "demander des économies drastiques à l'ensemble de ses services", selon l'Opéra.

Sacrifices et blessures

M. Lissner, qui va être remplacé en 2021 par Alexander Neef, a dit comprendre les craintes des grévistes. Il a proposé aux syndicats un "calendrier de travail" pour trouver des solutions tenant en compte les spécificités des métiers de l'Opéra.

Pour les danseurs, la réforme ne s'appliquera que sur ceux embauchés à partir de 2022. À la retraite à 42 ans, ils arguent que la pension leur est nécessaire pour rebondir après une carrière émaillée de sacrifices et de blessures dans l'une des plus prestigieuses compagnies au monde.

Musiciens, machinistes et chanteurs évoquent également la pénibilité de leur travail. "Nous voulons avancer (...) en tenant compte de ces spécificités", affirme le ministre de la Culture Franck Riester. "L'excellence de l'Opéra de Paris est un élément qu'il faut absolument garantir".

S'il entend "continuer les échanges pour accompagner les danseurs notamment vers une reconversion", il affirme qu'il est "maintenant important d'arrêter la grève en raison des répercussions financières". "Et il y a surtout le public, il faut qu'on ne le perde pas!", dit-il. Pour Alexandre Carniato, danseur élu à la Caisse des retraites de l'Opéra, "la formation à la reconversion, c'est une bonne chose".

"Mais même avec un diplôme, qu'est-ce qui m'assure qu'une entreprise me choisira, à 42 ans, plutôt que quelqu'un qui a 22 ans ?", indique ce danseur qui sera à la retraite dans six mois avec une pension d'un peu plus de 1.000 euros.
 
AFP/VNA/CVN
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