17/02/2020 18:06
La bataille autour de la réforme des retraites entre dans le vif lundi 17 février à l'Assemblée : la majorité, après une fin de semaine chaotique, va défendre dans l'hémicycle un projet que l'opposition dénonce comme "injuste" et entend torpiller par une nuée d'amendements.
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L'Assemblée nationale commence l'examen de la réforme des retraites le 17 février. Photo : AFP/VNA/CVN

Après des semaines de contestation dans la rue et un appel à une nouvelle journée de mobilisation lundi 17 février, la macronie arrive chamboulée, le rapporteur du volet organique de la réforme Olivier Véran ayant dû prendre au pied levé dimanche 16 février la casquette de ministre de la Santé.

Agnès Buzyn lui a laissé sa place pour prendre le relais, dans la course LREM à la mairie de Paris, de Benjamin Griveaux, emporté vendredi 14 février par une affaire de vidéos à caractère sexuel.

Des turbulences qui s'ajoutent aux couacs et aux voix discordantes qui se sont élevées dans la majorité. Au point qu'Emmanuel Macron avait appelé mardi 11 février les députés "à l'unité" pour "gagner la bataille des retraites" et "vendre" ce projet hautement sensible visant à créer un "système universel" de retraite par points, fruit d'un engagement de campagne du chef de l'État.

L'examen inachevé la semaine passée en commission pour cause d'avalanche d'amendements des députés LFI, un fait inédit après 75 heures de dialogue de sourds, n'était qu'un préambule. Le calendrier sera-t-il cette fois tenable alors que 41.000 amendements ont été déposés, encore davantage que les 22.000 en commission?  

Pour l'heure, quinze jours de débats sont prévus, soit 84 heures. Mais "s'il faut une troisième (semaine de débat), nous prendrons la troisième", a affirmé le patron de la majorité à l'Assemblée Gilles Le Gendre, dimanche à RTL-LCI-Le Figaro.

Le gouvernement, représenté par le secrétaire d'État Laurent Pietraszewski et donc le nouveau ministre Olivier Veran, table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif "d'ici l'été" sur les deux textes (ordinaire et organique).

Face à l'obstruction des insoumis avec leurs amendements, les responsables de la majorité martèlent qu'un recours au 49-3 -arme de la Constitution qui permet l'adoption sans vote- "n'est pas l'objectif" mais des "marcheurs" ne l'excluent pas si le débat est "clairement impossible". "Totalement impensable", a prévenu LR. Ce serait même "du délire" pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger. Mais les oppositions ont prévenu que le texte ne passerait pas "comme une lettre à la poste". Les quelques signaux envoyés en commission pour les enseignants ou avocats n'ont pas convaincu. S'y ajouteront de nouveaux amendements annoncés cette semaine sur la pénibilité ou les droits familiaux.

AFP/VNA/CVN

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