20/12/2019 22:49
Au seuil d'un grand week-end de départs avant Noël, la France vit vendredi 20 décembre son 16e jour de grève dans les transports contre la réforme des retraites portée par Edouard Philippe, qui a affiché quelques "avancées" pour arracher une trêve d'ores et déjà compromise.
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Passagers gare de l'Est à Paris le 19 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

La situation à la SNCF s'est un peu améliorée par rapport aux jours précédents, avec la moitié des TGV et un Transilien sur quatre "en moyenne" en circulation. Seul bémol, une coupure de circulation entre Saint-Étienne et Lyon à la suite d'une chute d'arbre sur une caténaire.

Petit mieux aussi pour les usagers de la RATP, avec six lignes de métro fermées et une "amélioration globale", selon la régie. À 07h45, le trafic était quasi normal pour les tramways et conforme aux prévisions pour les RER et le métro. Près d'un bus sur deux circulaient à cette heure, mais la fin des blocages de dépôts de bus vers 08h00 devrait permettre une amélioration, selon la RATP.

Conséquence des perturbations dans les transports publics : le cumul de bouchons atteignait près de 375 km peu avant 09h00 en région parisienne.

Quelque 400 syndicalistes de la CGT ont par ailleurs tenté de perturber le fonctionnement du marché de Rungis dans la nuit mais la police les a empêchés d'entrer.

Pour les jours suivants, 59% des TGV et Intercités programmés les 23 et 24 décembre sont supprimés, et la moitié es voyageurs ayant réservé devront échanger leur billet. Les annonces de la SNCF vendredi 20 décembre sur les trains circulant le jour et le lendemain de Noël sont très attendues.

Une trêve complète pour les fêtes paraît hors de portée. Si l'Unsa ferroviaire, 2e syndicat de la SNCF, a invité jeudi à "une pause pour les vacances", la CGT-Cheminots et SUD-Rail, 1re et 3e fédérations syndicales de la compagnie, ont décidé de continuer le mouvement.

À la RATP, l'Unsa (1er syndicat), qui estime "incomplètes" les réponses à ses revendications, préfère laisser les assemblées générales, "souveraines, se positionner".

Le Premier ministre a de son côté "appelé à la responsabilité de chacun pour permettre très vite aux millions de Français qui le souhaitent de rejoindre leurs familles en cette fin d'année".

Prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité, main tendue sur la retraite progressive pour les fonctionnaires, "améliorations" concernant le minimum de pension, "marges de manoeuvre" pour parvenir à l'équilibre financier, progressivité de la réforme des régimes spéciaux... Après deux jours de rencontres à Matignon avec les syndicats et le patronat, Edouard Philippe a relevé jeudi soir 19 décembre des "avancées concrètes", et promis de nouvelles réunions dans "les premiers jours de janvier" sur le projet, qui doit être transmis au Conseil d'État avant Noël et présenté en Conseil des ministres le 22 janvier.

Mais le chef du gouvernement est loin d'avoir convaincu tous les partenaires sociaux.

Même pour les syndicats favorables à la réforme, le compte n'y est pas. La CFDT, a rappelé son numéro un Laurent Berger, reste "fermement opposée" à l'"âge d'équilibre", assorti d'un bonus-malus, que le gouvernement veut introduire dès 2022 et fixer à 64 ans en 2027 pour inciter chacun à travailler plus longtemps et assainir les comptes.

AFP/VNA/CVN

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