01/12/2019 12:45
La restructuration agricole est vitale pour le Tây Nguyên, qui est l’une des régions du pays les plus touchées par les effets du changement climatique. D’autant plus que son économie repose encore largement sur l’agriculture.
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La rotation des cultures permet de limiter les effets négatifs du changement climatique.
Photo : VNA/CVN

Face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes, le Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) attache une grande importance à la restructuration agricole, notamment à l’agroforesterie, à la rotation des cultures, à l’adaptation du calendrier de récolte et à la culture de nouvelles variétés végétales.

Les arbres à la rescousse des rendements agricoles

La province de Dak Nông est l’une des pionnières en termes d’agroforesterie, qui consiste à faire pousser des arbres dispersés dans les champs. Au-delà de l’augmentation de la couverture forestière, cette pratique à différentes strates modifie les conditions de croissance, mais aussi la fertilité et l’humidité des sols ainsi que l’accès de la lumière. De plus, elle apporte des revenus supplémentaires et des produits diversifiés aux paysans.

"Nous sommes en train d’élaborer un projet en la matière pour la période 2019-2025, qui sera déployé dans tous les districts de notre province. Cultiver des arbres dans les champs permettra d’améliorer la qualité des sols, limiter leur érosion et ainsi augmenter les rendements tout en rendant l’agriculture plus durable", déclare Lê Trong Yên, directeur du Service de l’agriculture et du développement rural de Dak Nông.

L’agriculture est l’un des secteurs les plus vulnérables au changement climatique.
Photo : VNA/CVN

La province voisine de Dak Lak a aussi mis en place de nombreuses mesures afin de mieux s’adapter aux bouleversements climatiques. En dehors de l’agroforesterie, les paysans ont intensifié la technique de rotation des cultures.

La famille de Bùi Van Ân dans le chef-lieu de Buôn Hô, province de Dak Lak, possède 2 ha de terres affectées à la culture du café. Lors des saisons sèches, nombre d’entre eux ont été endommagés, provoquant ainsi des pertes économiques considérables.

En 2013, il a ainsi décidé d’alterner la culture de caféiers avec celle d’avocats et de durians. Grâce à ces derniers, l’humidité ainsi que la fertilité du sol se sont nettement améliorées. Bùi Van Ân a donc connu une augmentation de ses rendements. Mieux encore, la vente des avocats et durians lui a permis d’engranger des revenus nettement plus élevés.

"Ce modèle présente des intérêts à la fois économiques et environnementaux", souligne Phan Viêt Hà, directeur adjoint de l’Institut des sciences et technologies sur l’agriculture et la sylviculture du Tây Nguyên. La rotation des cultures contribue à obtenir un sol de meilleure qualité, plus stable, avec une infiltration de l’eau facilitée, assurant ainsi l’élimination des polluants. Grâce à elle, le sol devient plus fertile, plus sain, et la biodiversité est protégée, ce qui représente un enjeu essentiel à l’heure de la surexploitation des sols. "Dans l’avenir, il faudra multiplier ce modèle pour contribuer à un développement durable de l’agriculture", insiste-t-il.

Introduction de nouvelles variétés végétales

La restructuration agricole est vitale pour le Tây Nguyên, qui est l’une des régions du pays les plus touchées par les effets du changement climatique.
Photo : VNA/CVN

D’après les scientifiques et gestionnaires, pour renforcer de manière durable les cultures, les agricultures des hauts plateaux du Centre ont également besoin de toute une gamme de variétés améliorées de plantes cultivées, capables de s’adapter au dérèglement climatique. Il est important que ces plantes et variétés soient mieux adaptées aux méthodes de production. Par ailleurs, les variétés choisies pour une intensification durable devront également être fonctionnelles dans les zones géographiques et les systèmes de production les moins favorables.

La famille de Pham Dinh Thuong dans la commune d’Ea Pil, district de M’Drak, a remplacé ses 3 ha de canne à sucre par la culture d’une nouvelle variété de longane. "Cinq ans après la transformation, chaque hectare nous rapporte en moyenne de 450 à 500 millions de dôngs par an", se réjouit Pham Dinh Thuong.

"Nous préconisons ainsi des mesures au niveau de la ferme, comme l’optimisation de l’irrigation, l’adaptation du calendrier de récolte ou encore le changement des cultures pour les terrains à faible rendement au profit d’autres plantes mieux adaptées et plus rentables, notamment les longanes, litchis et oranges", précise Nguyên Thê Thâp, chef du Bureau de l’agriculture et du développement rural du district M’Drak, province de Dak Lak. Ce district dispose actuellement d’environ 1.100 ha d’arbres fruitiers.

Des efforts coordonnés devront être déployés au niveau régional et national afin de faciliter le développement durable de l’agriculture du Tây Nguyên et sa prospérité par la transformation des défis en opportunités, assurant ainsi une vie stable aux populations locales et préservant les valeurs culturelles traditionnelles de la région.
 
Phuong Nga/CVN
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