12/09/2018 21:09
Dans le cadre du WEF ASEAN 2018 tenu du 11 au 13 septembre à Hanoï, une séance portant sur le réseau de la diaspora de l’ASEAN s’est déroulée le 12 septembre, afin de mettre en valeur cette communauté dans la stratégie de développement du pays à l’ère de la 4e révolution industrielle.

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La réunion sur la puissance de la communauté de la diaspora s’est déroulée ce matin 12 septembre à Hanoï dans le cadre du WEF ASEAN 2018.
Photo: WEF/VNA/CVN


Avec 7 millions de citoyens qui s’expatrient dans les autres pays de la région et plus de 14 millions qui vivent à l’étranger en dehors de l’ASEAN, l’impact économique du réseau de la diaspora est inéluctable pour les pays membres.

Face aux avantages potentiels apportés par cette communauté, la réunion dans le cadre du WEF ASEAN s’est essentiellement concentrée sur les analyses concernant les économies des travailleurs migrants et les nouveaux corridors commerciaux, sur l’exploitation des matières grises des expatriés désireux de revenir au pays, et notamment sur le transfert de technologies.

Dans ce cas, le gouvernement devrait être obligé de concevoir des politiques adéquates pour gérer les risques et saisir les opportunités en accueillant le retour de cette communauté dans le contexte où la 4e révolution industrielle bouscule considérablement le monde socio-économique.

De précieuses ressources au service du développement du pays

Présent à cette séance, Jose Isidro Camacho, président de Crédit Suisse en Asie-Pacifique, basé actuellement à Singapour, a affirmé le rôle important du réseau de la diaspora. "Les fonds transférés par la diaspora occupent 10% du Produit national brut (
PNB) des Philippines. Ils continuent à être utilisés pour la consommation domestique ou les investissements dans les entreprises privées. Personnellement, je pense qu’il s’agit d’un des moteurs servant à accélérer la croissance économique des Philippines", a constaté Jose Isidro Camacho, lui-même d’origine philippine.

De nombreux compatriotes de la perle des mers d’Orient travaillent dans les pays développés, particulièrement dans la Silicon Valley, et pas mal d'entre eux ont décidé de rentrer à leur pays natal en emportant avec eux de nouvelles technologies. Ils deviendront dans ce cas-là "les porteurs de technologie, le moteur suscitant le développement du pays", a-t-il ajouté.

"Pendant les années 1990, d’importants fonds ont été envoyés et la Banque mondiale a constaté à ce moment-là que leur exploitation adéquate avait favorisé le développement des entreprises privées dans notre pays", a présenté Shahidul Haque, secrétaire des Affaires étrangères du Bangladesh. "Les compatriotes mais aussi les expatriés dans notre pays ont considérablement contribué à créer le progrès en termes de technologies et de compétences", a-t-il ajouté, en citant l’exemple de la révolution verte en Inde qui était "le fruit d’une meilleure application de technologies dans l’agriculture et surtout de l’attirance des expatriés pour la construction du pays".


Comment abolir les barrières pour ceux qui reviennent?
 

Katrina Coleen Bayog, directrice de Kaya Collaborative, Philippines, travaille activement avec les jeunes expatriés philippins afin de les sensibiliser aux initiatives sociales de leur pays d’origine.
Photo : WEF/VNA/CVN

En dépit du rôle important des expatriés, les intervenants se sont rendus compte de la nécessité d’avoir des politiques favorables à ceux qui désirent revenir au pays, afin de mobiliser leurs contributions au développement du pays.

"Élaborer des politiques convenables, créer des conditions sociales telles que l’investissement dans les infrastructures ou le système de santé au profit des expatriés, constitueront des priorités dans les politiques", a précisé M. Haque.

"Les personnes qui résident depuis longtemps ou qui sont nées à l’étranger auront du mal à s’adapter de nouveau au contexte de leur pays d’origine", a expliqué Katrina Coleen Bayog, directrice de Kaya Collaborative, une organisation à but non lucratif des Philippines visant à sensibiliser les jeunes leaders expatriés à revenir aux Philippines durant les vacances d’été afin de travailler avec eux sur des initiatives sociales.

Elle a mis l'accent sur "les efforts du gouvernement philippin dans la protection de ses citoyens travaillant à l’étranger" ainsi que "l’insertion des politiques d’immigration dans le programme d’action du gouvernement".

Lutfey Siddiqi, professeur invité de l’École d'économie et de sciences politiques de Londres (London School of Economics and Political Science), a proposé le renforcement des stratégies de marketing aux générations futures des expatriés. "Le marketing ici portera sur les politiques préférentielles, les conditions avantageuses de travail et d’investissement et l’image d’une société harmonieuse et multiculturelle", a-t-il précisé.

Dans un contexte où règne la technologie, les outils numériques comme les réseaux sociaux joueront également le rôle de "pont reliant entre expatriés et compatriotes", selon M. Siddiqi.

En somme, les intervenants présents sont d’accord sur le fait que l’ASEAN pourra exploiter le potentiel de la communauté de la diaspora. Cette dernière, dotée de nouvelles compétences et expérimentée en technologie, sera un des facteurs clés afin de nous diriger sur la bonne voie de la 4e révolution industrielle. "La diaspora apportera de considérables contributions à l’économie numérique, mais la technologie jouera aussi un rôle important dans la connexion de ces ressources humaines avec l’économie nationale", a conclu le professeur.

 

Hông Anh/CVN


 

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