02/06/2020 15:52
Britanniques et Européens se retrouvent mardi 2 juin par visioconférence pour une nouvelle session de discussions sans grand espoir de progrès, malgré la pression du calendrier et le risque d'un "no deal".
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Le négociateur de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, le 15 mai à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Michel Barnier, le négociateur européen, a averti dimanche 31 mai dans le Sunday Times qu'il n'y aurait "pas d'accord" si Londres ne revenait pas sur ses positions antérieures et reproché aux Britanniques de choisir "uniquement ce qui leur convenait" dans le marché unique européen. Lundi, le 10 Downing Street a accusé Bruxelles de vouloir introduire dans la négociation des "propositions déséquilibrées qui attacheraient le Royaume-Uni aux règles ou aux standards" européens, et a dénoncé des exigences "sans précédent dans les accords de libre-échange".

Après trois séances de discussions entamées début mars, à raison d'une par mois, le fossé reste béant entre les positions des uns et des autres. La situation est compliquée par la pandémie de coronavirus qui oblige la centaine de négociateurs de part et d'autre à travailler par visioconférence. Pour Michel Barnier, ce nouveau cycle de pourparlers prévu jusqu'à vendredi devrait permettre "de savoir si le Royaume-Uni veut quitter le marché intérieur et l'union douanière (...) avec ou sans accord avec nous".

Un bilan des discussions doit être établi en juin avant une rencontre au plus haut niveau entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

"Accord à minima" ?

Londres avait fait de ce point d'étape une date-butoir en menaçant de ne pas poursuivre les pourparlers si les progrès n'étaient pas suffisants. Mais c'était avant le choc causé par la pandémie, qui a précipité le Vieux continent dans une récession probablement historique, et bouleversé la donne.

Les principales étapes de la route vers le Brexit. Photo : AFP/VNA/CVN

Pour Bruxelles, la relation avec Londres après le divorce du 31 janvier, fin de 47 années de vie commune, est passé au second plan face à l'urgence d'une relance économique. "Il n'y a pas grand-chose à attendre de ces nouvelles discussions. Mais je ne pense pas que les Britanniques iront à la rupture en l'absence de progrès. La situation a totalement changé avec le virus", estime l'expert Anand Menon du centre de recherches "The UK in a Changing Europe".

Londres doit toutefois se prononcer avant la fin du mois de juin sur une demande de report de la fin de la période de transition pour une année, voire deux. Le gouvernement britannique a exclu cette possibilité à maintes reprises, même si c'était l'UE qui le demandait. "Lors de sa rencontre avec Ursula von der Leyen, Boris Johnson voudra sans doute faire passer un message volontariste sur la date du 31 décembre. Ce qui ne veut pas dire qu'il a abandonné l'ambition d'un accord, même a minima, d'ici décembre", estime Eric Maurice de la Fondation Schuman.

Si le Royaume-Uni décide d'interrompre les pourparlers et donc de prendre le risque d'un no deal "pour des raisons politiques, ce sera à l'approche de la date de fin décembre", prévoit Anand Menon. Tout en affichant des positions incompatibles sur les principaux sujets de la négociation - architecture de l'accord (un ou plusieurs), conditions de concurrence loyale (sur les normes environnementales, sociales, fiscales), règlement des différends, droits d'accès des pêcheurs aux eaux britanniques - les deux parties affirment vouloir trouver un compromis.

"S'il y en a un, ce sera très tard dans les discussions et pas avant l'automne", prédit l'expert britannique. Selon d'autres observateurs, Londres pourrait aussi être tenté par un no deal, dont l'effet potentiellement dévastateur pourrait être attribué aux conséquences économiques du choc de la pandémie.

AFP/VNA/CVN

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