Union européenne
Réouverture des frontières et pourparlers sur le climat au menu des 27

Les dirigeants des Vingt-Sept discutent mardi 25 mai à Bruxelles de la réouverture des frontières après la crise sanitaire et poursuivent leurs difficiles pourparlers sur le plan d'action de l'UE pour le climat.

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (gauche), le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel au sommet européen de Bruxelles, le 25 mai.

Lors de leur sommet, les chefs d'État et de gouvernement européens ont repris en présentiel mardi 25 mai vers 08h30 GMT, doivent notamment se concentrer sur leur coordination pour rouvrir progressivement les frontières à l'approche de l'été, à mesure qu'avancent les campagnes de vaccination et en vue de l'entrée en vigueur formelle au 1er juillet du certificat sanitaire européen.

Eurodéputés et États membres se sont mis d'accord la semaine dernière sur ce pass commun destiné à faciliter les voyages dans l'Union européenne. Il attestera qu'une personne a été vaccinée contre le COVID-19, qu'elle a passé un test négatif ou qu'elle est immunisée après avoir contracté la maladie.

"La discussion se concentrera sur l'usage des certificats, il faut trouver un équilibre car certains pays veulent se réserver le droit d'imposer des mesures nationales (aux voyageurs) comme des quarantaines", observe un diplomate.

Les Vingt-Sept se sont aussi déjà entendus pour permettre l'entrée dans l'UE aux voyageurs de pays tiers ayant reçu les doses nécessaires de vaccins anti-COVID approuvés par les Européens.

La composition d'une liste de pays jugés "sûrs", actuellement restreinte à sept pays à partir desquels les voyages "non essentiels" vers l'UE sont autorisés, sera aussi évoquée, sans qu'une décision soit attendue mardi 25 mai.

"Redémarrer notre économie"

"Le certificat sanitaire est particulièrement important pour redémarrer notre économie, avec la libre circulation des travailleurs mais aussi des touristes durant l'été", a souligné mardi 25 mai à son arrivée le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, dont le pays est très dépendant du tourisme.

Le sommet est également l'occasion pour les dirigeants de parler à bâtons rompus de leurs positions sur le futur plan d'action climatique que doit proposer mi-juillet la Commission européenne en vue d'atteindre la neutralité carbone du continent à horizon 2050.

Les Vingt-Sept s'étaient accordés en décembre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'UE d'au moins 55% d'ici 2030 par rapport à 1990, mais sans aborder les façons d'y parvenir : ils veulent désormais fournir à la Commission des lignes directrices concrètes pour élaborer ses propositions.

Le Premier ministre slovène Janez Jansa dans l'enceinte du Conseil européen, au second jour du sommet des Vingt-Sept à Bruxelles, le 25 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les conclusions de la réunion devraient rester "concises et générales", faute de disposer d'études d'impact en cours de réalisation, "mais ce débat informera la Commission sur où se situent les États" par rapport au système répartissant entre les pays les efforts de réduction des émissions, souligne un diplomate.

Ce système comprend des secteurs (transports, bâtiments, agriculture, gestion des déchets...) actuellement exclus du marché des droits d'émissions carbone (ETS), strictement réservés aux entreprises de l'énergie et de l'industrie.

"Hautement sensible"

"Il s'agit d'un jeu à somme nulle, puisqu'il faut partager entre nous un effort donné. Si je diminue mon effort (de réduction d'émissions), on augmente celui d'un autre", commente un diplomate.

Le débat porte notamment sur les critères de cette répartition : doit-elle se fonder sur le PIB d'un État, alors que les pays les plus développés ont déjà massivement sabré leurs émissions et que les moins favorisés - souvent les plus polluants - manquent de moyens pour investir ?

"On peut élaborer un nouveau mécanisme visant à créer un marché d'émissions pour le bâtiment ou les transports, mais on ne gère pas un prix carbone pour le transport routier comme on le fait pour une usine (...) Certains Etats ont commencé à le faire, d'autres sont radicalement contre, d'autres s'interrogent sur la solidarité du dispositif", selon une autre source diplomatique.

Imposer des droits d'émission ou de nouvelles restrictions au transport routier et aérien, ou encore au fret maritime, "ce sont des questions hautement sensibles et on ne peut pas avoir un accord écrit là-dessus avant que la Commission n'avance ses propositions, c'est trop technique", abonde un autre diplomate.


AFP/VNA/CVN

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