10/11/2018 15:01
Deux ans et demi après la grave pollution industrielle, les eaux du littoral du Centre allant des provinces de Thua Thiên-Huê à Hà Tinh ont retrouvé leur limpidité. Professionnels du tourisme, aquaculteurs et surtout pêcheurs, eux, ont retrouvé le sourire.

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Vente de poissons pêchés au port de Thuân An, province de Thua Thiên-Huê.
Photo: Hô Câu/VNA/CVN


Situé face à la plage de Thuân An, ville de Thuân An, dans le district de Phu Vang, province de Thua Thiên-Huê (Centre), le restaurant Nhu Y de Nguyên Anh Tuân est toujours bondé dès l’arrivée des beaux jours. “Depuis l’année dernière, on constate un retour des clients pour manger des fruits de mer et se baigner. Cela fait le bonheur des professionnels du tourisme comme nous. Cette année, le nombre de visiteurs est élevé et notre restaurant reste ouvert 24 heures sur 24”, confie avec un large sourire Tuân.
 

La plage de Thuân An a accueilli cet été plus de 15.000 personnes, selon un chiffre fourni par l’Office chargé de la gestion de cette plage. “Les gens viennent souvent entre 16h00 et 18h00. Ils consomment beaucoup de produits de la mer, ce qui a permis de redynamiser le secteur de la pêche”, souligne Nguyên Hà, dudit office.
 

En avril 2016, des millions de poissons et de crustacés morts se sont déversés sur les plages des provinces de Hà Tinh, Quang Binh, Quang Tri et Thua Thiên-Huê, portant un coup sévère aux secteurs de la pêche et du tourisme, et poussant les autorités à interdire la consommation de produits halieutiques venant de ces provinces. Des violations délibérées et des erreurs dans la construction, dans la province de Hà Tinh, de l’usine Formosa d’un investisseur taïwanais sont les causes de cette grave pollution industrielle.


Des pêcheurs poussés à la reconversion
 

Les pêcheurs de Quang Tri investissent dans la construction de navires à coque en acier de grande capacité.
Photo: Nguyên Ly/VNA/CVN


Dans la commune littorale de Trung Giang, district de Gio Linh, province de Quang Tri, ont vit de la pêche depuis des générations. Après la pollution, voyant son gagne-pain et donc les moyens de subsistance de toute sa famille menacés, Trân Tân Phat, un pêcheur du village de Hà Loi Trung, commune de Trung Giang, a décidé de se reconvertir dans l’élevage avicole. Un prêt bancaire lui a permis de concrétiser ce projet audacieux. Aujourd’hui, sa ferme de 10.000 poulets lui rapporte entre 100 et 120 millions de dôngs (environ 4.000-5.000 dollars) par an.
 

Toujours dans la commune de Trung Giang, les autorités locales ont soutenu la culture d’ananas. Les quatre hectares cultivés dans le village de Cang Gian produisent bien et génèrent des profits élevés. Seize familles s’étaient lancées dans cette culture, elles sont plusieurs dizaines aujourd’hui.


La pêche retrouve sa vigueur et investit
 

Les pêcheurs de Hà Tinh ont une bonne récolte de poissons.
Photo: baotintuc/CVN


Dans le chef-lieu de Ky Anh, province de Hà Tinh, immédiatement après cette grave pollution qui a ébranlé toute l’économie locale, les autorités ont aussi pris des mesures pour définir des zones d’élevage sûres, guidant les aquaculteurs dans la construction de bassins à crevettes en pierre. Au cours des six premiers mois de cette année, 18 modèles ont été construits. S’y ajoutent 37 modèles d’aviculture et 23 modèles de cuniculture dans d’autres communes et quartiers littoraux de cette province.


Grâce aux efforts de Formosa pour remédier à la situation, aux mesures des autorités locales et à la capacité de résilience du milieu marin lui-même, les signes d’une restauration de l’écosystème dans les provinces touchées se multiplient. Dans celle de Quang Tri par exemple, les ressources halieutiques des zones de pêche  proches de la côte sont revenues à leur niveau initial. Les stocks d’anchois et de decapterus sont de nouveaux importants. L’exploitation des produits aquatiques dans la province de Quang Tri s’est élevée à 23.000 tonnes en 2017, en hausse de 50% par rapport à la même période de l’année précédente.


Dans la commune de Ky Ninh, province de Hà Tinh, on vit de la pêche. Nguyên Huu Cuong a été le premier pêcheur de cette commune à investir dans la construction d’un navire à coque en acier. Grâce aux politiques de soutien du gouvernement, Cuong a emprunté 18,6 milliards de dôngs (795.000 dollars) à la Banque de l’agriculture et du développement rural pour construire ce navire destiné à la pêche hauturière. “Avec un tel navire, nous pouvons aller au large où nous sommes sûrs de remplir nos filets”, explique-t-il.


Au port de pêche de Ky Phuong (commune de Ky Loi, chef-lieu de Ky Anh) au petit matin, les bateaux aux cales remplies de poissons accostent. Des paniers de poissons et crustacés s’entassent sur les quais. Le visage rempli de joie, Phan Duy Vinh, vice-président du Comité populaire du chef-lieu, souligne que 25 familles des communes de Ky Hà, Ky Ninh et Ky Loi recevront des prêts bancaires pour la construction de navires de plus de 90 CV. Leur rêve de posséder des bateaux de pêche modernes deviendra enfin réalité.


Dans l’aquaculture aussi, tous les voyants sont au vert. Les projets commencent à fleurir et les professionnels du secteur regardent de nouveau l’avenir avec optimisme et sérénité.


Huong Giang/CVN 

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Quy Nhon, miracle de la nature J’adore les voyages et souhaiterais découvrir le monde en dehors des manuels et théories que j’ai appris à l’école. Voulant faire de ma vie une véritable aventure, j’ai commencé le récit de mon voyage, durant l’été 2018, à Quy Nhon (province de Binh Dinh, Centre).