28/12/2018 08:37
Le roi Salmane d'Arabie saoudite a remanié jeudi 27 décembre son gouvernement, choisissant notamment un nouveau chef de la diplomatie, quelques mois après l'affaire Khashoggi dont le royaume continue de subir les retombées.
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Une photo d'archives du 3 décembre 2013 montre Ibrahim al-Assaf, ancien ministre saoudien des Finances, nommé ministre des Affaires étrangères à la place d'Adel al-Jubeir. Photo: AFP/VNA/CVN

Ancien ministre des Finances, Ibrahim al-Assaf a été nommé chef de la diplomatie. Il remplace Adel al-Jubeir, qui avait été nommé à ce poste en avril 2015 par le défunt roi Abdallah, disparu il y a quatre ans. Ancien diplomate aux États-Unis et parfaitement anglophone, M. Jubeir est descendu d'un échelon, devenant ministre d'État aux Affaires étrangères. Au cours des derniers mois, M. Jubeir avait vigoureusement défendu le prince héritier Mohammed ben Salmane dans l'affaire Khashoggi, du nom du journaliste saoudien assassiné le 2 octobre à l'intérieur du consulat du royaume à Istanbul.

L'Arabie Saoudite soutient que le journaliste a été tué lors d'une "opération hors de contrôle" de l'État saoudien, menée par le chef adjoint de l'agence saoudienne de renseignement, Ahmad al-Assiri, et par le conseiller à la cour royale, Saoud al-Qahtani, qui ont tous deux été destitués. Ryad nie toute implication du prince héritier dans ce meurtre, tandis que les médias turcs et américains, ainsi que la CIA, le soupçonne de l'avoir commandité. "Il est impossible de ne pas lier (le remaniement) à Khashoggi", a estimé Mohammed Alyahya, un expert pour le Gulf Research Centre, rappelant que les remaniements ont habituellement lieu tous les quatre ans.

Aucun remaniement lié à l'économie

Le remaniement n'a pas touché les postes liés à l'économie. Il intervient après l'annonce le 18 décembre d'un budget 2019 tablant sur un déficit à hauteur de 35 milliards de dollars, dans le rouge pour la sixième année consécutive en raison des prix bas du pétrole. Ryad, dont l'économie reste extrêmement dépendante des exportations d'or noir, prévoit des recettes globales de 260 milliards de dollars, principalement tirées des revenus pétroliers.

Les autorités saoudiennes ont indiqué à l'occasion de l'annonce de ce budget que la croissance avait atteint 2,3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2018, un net rebond après une contraction de 0,9% en 2017. Les autorités tablent sur une croissance de 2,6% en 2019. Mais un rapport du cabinet d'experts Capital Economics publié le 20 décembre a jeté le doute sur la capacité du royaume à atteindre ces objectifs.

L'Arabie saoudite devrait enregistrer une hausse de son déficit et une croissance plus faible en 2019, selon ce rapport. Pour que le royaume atteigne les objectifs fixés dans son budget 2019, il faudrait que les cours du pétrole atteignent au moins 80 dollars le baril, selon ce rapport.  Or les prix du brut n'ont cessé de reculer et oscillent actuellement entre 50 et 60 dollars le baril.

AFP/VNA/CVN


 
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