11/07/2020 05:30
Bien que le COVID-19 ait été maîtrisé au Vietnam, de nombreux théâtres et troupes d’artistes se trouvent toujours dans des situations extrêmement difficiles. Certains sont même sur le point de fermer leurs portes.

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Un spectacle du Théâtre national d'art dramatique, marquant le retour des théâtres après une longue pause due à l'épidémie de COVID-19.
Photo : VNA/CVN

Au premier trimestre de l’année, la Fédération de cirque du Vietnam a enregistré un triste  record : aucune rentrée d’argent de la vente de billets. Un phénomène jamais vu car à la même période de l’an passé, elle affichait plus de 2,4 milliards de dôngs de revenus.

Avant l’explosion de la pandémie, ladite fédération avait préparé de nombreux numéros de dressage et de domptage d’animaux, de clowns et de prestidigitation en prévision du Nouvel An lunaire. Les artistes circassiens avaient  prévu également de se produire à Dông Nai. Toutefois, à l’issue de trois représentations dans cette province du Sud, les spectacles ont été suspendus en raison de l’épidémie. Les dépenses de transport du matériel et de location de la scène sont devenues les premières pertes de l’établissement, avec des répercussions sur les revenus des artistes qui, malgré tout, doivent toujours s’entraîner.

Les théâtres traditionnels de tuông (théâtre classique), cai luong (théâtre rénové) et chèo (théâtre populaire) font aussi face à beaucoup de difficultés. De nombreux artistes, jeunes notamment, sont devant le choix de renoncer à ce métier car les revenus sont trop bas.

La directrice par intérim du Théâtre de chants, danses et musique, Nguyên Thi Quynh Trang, informe que depuis février, son établissement n’a plus de recettes. Face à cette situation, le personnel a accepté une réduction de 30% des salaires en mars et avril. Quant à la direction du théâtre, elle s'est portée volontaire pour ne  percevoir aucun salaire.

Des dommages inestimables

Même si l’épidémie est sous contrôle, il faudra du temps, une année peut-être, pour ramener le public dans les théâtres. Pour les enfants et les adolescents, ce sera encore plus difficile du fait de leur emploi du temps chargé et du calendrier des examens. Rares sont les parents qui laisseront leurs enfants aller au théâtre au moment des cours de rattrapage... Face à cette dure réalité, de nombreux dirigeants de théâtres pensent que cette année est d’ores et déjà perdue.

Selon un rapport évaluant l’impact de l’épidémie sur les organisations culturelles et artistiques réalisé par l’Institut national de la culture et de l’art, tous les organisations, entreprises et individus opérant dans ce domaine sont touchés. Cela se traduit par la fermeture de cinémas, théâtres, musées, espaces culturels et artistiques, bibliothèques…; l’annulation ou la suspension de tous les spectacles, représentations artistiques, festivals, projets de production cinématographique, expositions… et le report ou l’annulation des cours de formation pour le personnel du secteur.

Artistes, cinéastes, commissaires d’exposition, experts culturels, conférenciers et formateurs... subissent des réductions de salaire, et un certain nombre sont au chômage.

L’épidémie place les organisations culturelles et artistiques, grandes et petites, devant la question de leur survie.

Alors que de nombreux secteurs socio-économiques ont pu estimer l'étendue des dégâts, certains présentant même des plans de rétablissement, celui de la culture  et des arts n’a pas encore publié une évaluation complète des dommages ainsi qu’un plan de relance post-épidémique.

Nécessité de changements radicaux

Spectacle "Fête des enfants"  du Théâtre de la Jeunesse, le 1er juin à Hanoï.
Photo : VNA/CVN

Pendant la période de distanciation sociale, certains établissements artistiques ont construit des "théâtres en ligne", une bonne approche pour toucher le public qui doit être maintenue.

Parallèlement à ces efforts, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a proposé une campagne de relance dans différents théâtres, cinémas et centres culturels tels le Centre national du cinéma, l’Opéra de Hanoï, le Centre d’art Au Co, les Théâtres Tuôi Tre (Jeunesse), Kim Ma, Hông Hà, le Théâtre national des marionnettes… Chaque théâtre ou compagnie artistique a choisi des œuvres parmi les meilleures de son répertoire  pour se produire à cette occasion.

À plus long terme, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme devrait étudier des mesures pour mettre en œuvre un certain nombre de projets de soutien au développement des arts, notamment classiques, tels que le projet de formation des comédiens et musiciens des théâtres de tuông, chèo et cai luong ; celui d’ateliers théâtraux dans les écoles ; l’augmentation des commandes d'œuvres de haute qualité pour les théâtres ; la construction de projets de développement pour chaque théâtre d’arts traditionnels…

Ce sont des questions urgentes, car la survie de nombreux théâtres est en jeu. Cela nécessitera des aides financières des organismes de tutelle pour prendre des mesures efficaces, et pas seulement en temps de crise comme à présent.

Xuân Lôc/CVN


 

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