26/03/2020 11:40
"Chefs, à vos fourneaux, régalez nos héros !" : des cuisines de l'Élysée aux restaurants étoilés, bistrots et commerçants de Lille, Paris, ou Bordeaux, des professionnels s'organisent pour "réconforter" les soignants éprouvés par leur combat contre le coronavirus, leur livrant mets et provisions.
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Le chef Eric Duquenne enfile des gants en latex avant d'empaqueter ses plats pour le personnel soignant d'un hôpital, le 25 mars à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Volaille au sésame, focaccia farcie, financier pomme-miel... Loin des traditionnels sandwiches et plateaux de cantine, 160 soignants des services de réanimation des hôpitaux de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en première ligne face à l'épidémie de Covid-19, ont reçu dimanche une livraison spéciale : des repas concoctés par six chefs réputés dont Anne Legrand, Clio Modaffari ou Laurent Trochain, dans les cuisines de leurs restaurants gastronomiques.

Quelques jours plus tôt, 70 portions de pâté en croute avaient été préparés par le chef de l'Elysée Guillaume Gomez pour des médecins militaires. Mercredi 25 mars, plusieurs restaurants doivent cette fois "régaler les papilles" de soignants d'Argenteuil (Val d'Oise), Saint-Denis, Montreuil (Seine-Saint-Denis) ou Limoges (Haute-Vienne).

Lancée au départ avec l'APHP par M. Gomez et le critique culinaire Stéphane Méjanès, et coordonnée par la société TipToque - spécialisée dans la livraison de repas gastronomiques aux entreprises - l'opération baptisée "Les chefs avec les soignants" doit maintenant "s'étendre partout", sourit M. Méjanès, lançant un "appel national". Entièrement bénévole, elle est soutenue par quatre grossistes qui "fournissent les produits bruts". "Le but n'est pas de nourrir tous les hospitaliers, car c'est impossible, mais de leur apporter du soutien, du réconfort, un peu de joie, avec des repas qui améliorent l'ordinaire", explique Stéphane Méjanès.

Et pour coller aux "contraintes logistiques et sanitaires" des blouses blanches, qui ont "peu de temps, déjeunent parfois debout", Tiptoque a lancé deux plateformes en ligne, recueillant d'un côté les besoins précis des hôpitaux, de l'autre les disponibilités des chefs. Plus de 200 ont déjà proposé leurs services. "Mais personne ne doit briser le confinement : nous cherchons uniquement des professionnels, toujours en activité", précise Marie Giordano, cofondatrice de Tiptoque.

"Tous derrière eux"

Dans beaucoup de villes comme Bordeaux, Le Havre ou Strasbourg, des initiatives individuelles avaient déjà vu le jour.

Des plats du chef cuisinier Eric Duquenne sont livrés au personnel de l'hôpital d'Argenteuil, le 25 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

"Les hospitaliers ont toujours travaillé en flux tendu mais aujourd'hui ils en prennent plein la tête, ils n'ont même plus le temps de faire leurs courses ! Les soutenir, c'est juste un geste responsable", estime Florent Ladeyn, chef dans trois établissements de Lille et Boeschepe (Nord). "Pour les aider à manger sain, et soutenir notre maraicher bio, nous vendons des paniers de légumes", glissant "chaque fois deux euros - un du client et un des caisses - dans une cagnotte, qui a permis la première semaine de financer 110 paniers bio offerts au CHU. On a aussi vendu quelques plats à emporter, pour financer des plats offerts aux soignants", ajoute-t-il.

À l'hôpital de Lille, "on n'a plus de cantine à cause du coronavirus, c'est un peu la débrouille... Mais on reçoit beaucoup de dons, ça réchauffe le cœur !", commente une infirmière "en renfort" auprès des patients COVID-19. "Les urgences reçoivent des croissants presque tous les matins, on a eu 300 +merveilleux de Fred+ (une pâtisserie locale, ndlr), Flunch livre des repas...", détaille-t-elle.

À l'hôpital gériatrique "Les bateliers" aussi, "on a pu déguster du risotto de saumon, des gratins, offerts par Les jardins d'Hamadryade", se réjouit Aline, aide-soignante de 28 ans, "très touchée par cette solidarité". Boulanger à Loos (Nord), Hervé Cassez a livré lundi 120 petits déjeuners au CHU de Lille. "Ils ont un sacré mérite, risquent leur vie pour nous. Le moins qu'on puisse faire, c'est leur montrer qu'on est tous derrière eux".

AFP/VNA/CVN



 
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