18/09/2016 09:37
Le Service de l’éducation et de la formation de Hô Chi Minh-Ville a déployé le projet «Éducation à la musique traditionnelle» au sein des écoles primaires et collèges, et bientôt dans les lycées. Le but : réapprendre aux jeunes à apprécier le style musical traditionnel.
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À l’école primaire Phan Chu Trinh à Hô Chi Minh-Ville, les élèves sont fascinés par le son que produisent  les instruments de musique traditionnels.
Photo : CTV/CVN

Pour faire face à la déferlante des musiques occidentales et K-pop, les autorités ont décidé de redonner une seconde vie à la musique dite «folklorique», et ce, à travers le projet «Éducation à la musique traditionnelle».

De nombreux établissements ont répondu présent, et ont déployé chacun des activités des plus variées, en fonction de leurs budgets. Concerts, spectacles de danse et de chant, l’idée est de présenter et mettre en valeur la richesse de la musique traditionnelle.

Un apprentissage progressif et ludique

Le 12e arrondissement a été remarqué pour sa grande créativité. À cause du manque de financement, il n’était pas possible d’inviter des artistes reconnus. C’est pourquoi les écoles de cet arrondissement ont intégré la musique traditionnelle directement dans les activités para-scolaires. Par exemple, pendant une semaine, les élèves étudient la flûte et le đàn tranh (la cithare à 16 cordes). La semaine suivante, l’établissement organise un quiz général : les jeunes écoutent des mélodies et doivent deviner de quel instrument il s’agit, des activités ludiques qui leur permettent de mieux comprendre et cerner la portée des instruments traditionnels. Pour Hoàng Tuân Vi, élève de la classe 5/7 de l’école primaire Vo Van Tan, c’est une vraie redécouverte de ses racines.

«J’aime vraiment ces présentations d’instruments de musique et de mélodies traditionnelles organisées par mon école. Mes amis et moi-même sommes désormais familiarisés avec de nombreux instruments. Nous avons pu découvrir leur structure et leurs sons, comme le lithophone et la cithare à 16 cordes et  nous avons appris des chansons. J’espère pouvoir participer à de nombreuses activités similaires», s’est exclamée la jeune fille.

Bien que la musique ne soit pas une matière inscrite au programme officiel dans les lycées, ces derniers l’ont subtilement intégrée dans d’autres matières, telles que la littérature ou la géographie.

«Nous avons  introduit la musique traditionnelle dans les cours de littérature populaire. Les élèves ont écouté des chansons folkloriques, du «quan ho» et pu suivre des pièces de théâtre. De plus, ils ont aussi mis en scène leur propre pièce de théâtre. Ces cours sont attrayants pour eux», a déclaré Vu Thi Thu Trang, enseignante au lycée Binh Phu dans le 6e arrondissement.

Des enjeux parfois difficiles à atteindre

Un artiste professionnel participe à une présentation d’instruments de musique à l’école Nguyên Binh Khiêm. Photo : Quang Châu/CVN

Un autre objectif du projet «Éducation à la musique dans les écoles» est de réglementer efficacement l’enseignement musical. Toutefois, selon les enseignants, ce projet est trop axé sur la théorie. «Une des ambitions de ce projet est de redonner l’amour pour la musique traditionnelle à la jeunesse. Ainsi, la ville devrait commencer l’enseignement de la musique traditionnelle dans les écoles maternelles. Les enfants entre 3 et 5 ans pourraient écouter et chanter des airs folkloriques simples», explique Trân Thi Thanh, proviseur du lycée Nguyên Van Linh, 8e arrondissement. Mais, selon elle, ce projet vise à ce que tous les élèves atteignent une certaine habileté dans l’utilisation des instruments traditionnels, chose difficilement réalisable parce qu’ils s’intéressent également à tellement d’autres sujets et matières.  C’est pourquoi, nous ne devons enseigner que les connaissances musicales de base. Pour ce qui est des élèves les plus passionnés, nous pouvons leur présenter des centres de formation.

Partageant le point de vue de Mme Thanh, Pham Thuy Liên, du 12e arrondissement a ajouté que «les écoles n’ont pas toutes les mêmes capacités financières pour l’achat d’instruments de musique. De plus, les élèves du primaire et du secondaire préfèrent chanter et danser sur des chants folkloriques plutôt qu’apprendre des connaissances théoriques à leur sujet. Aussi, ce projet doit-il se renforcer en présentant des chants populaires, en marge des grands spectacles. C’est une solution économique convenable pour les écoles de banlieue».

Le projet «Éducation de la musique traditionnelle dans les écoles» sera prolongé jusqu’en 2020 avec de nouveaux objectifs. D’abord, il sensibilisera les élèves à la musique traditionnelle, soutiendra aussi la fondation de clubs dans les écoles. Ensuite, il améliorera la capacité à connaître, découvrir et maîtriser les instruments et les mélodies de la musique traditionnelle. Le troisième objectif est l’organisation de spectacles musicaux avec la participation de ces clubs. Pour renforcer son efficacité, la ville va organiser des formations de musique traditionnelle pour les enseignants de musique, qui devront maîtriser au moins un instrument.  Car, parmi les 454 recensés dans la ville, seuls 16 pratiquent des instruments traditionnels.

Quang Châu/CVN


 
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