21/01/2019 08:50
Le calme régnait dimanche 20 janvier à Kinshasa et dans le reste de la République démocratique du Congo (RDC), quelques heures après la proclamation par la Cour constitutionnelle de l'opposant Félix Tshisekedi comme président qui a commencé à être félicité par certains dirigeants africains.
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Félix Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo. Photo: AFP/VNA/CVN

Martin Fayulu, l'autre opposant arrivé second du scrutin du 30 décembre, avait appelé à des "manifestations pacifiques" sitôt après le rejet dans la nuit par le plus haut tribunal de RDC de son recours contestant la victoire de M. Tshisekedi.

Mais le dimanche 20 janvier était parfaitement ordinaire à Kinshasa. Les habitants se sont rendus à leurs lieux habituels de culte et la circulation était fluide sur les grandes artères, a constaté un journaliste de l'AFP.

Seul le siège de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti historique d'opposition du président élu M. Tshisekedi, était un peu animé.

Près d'un millier de militants, dont la plupart avaient visiblement passé la nuit sur place, se réjouissaient de la victoire du fils du fondateur de l'UDPS, Étienne Tshisekedi, mort en 2017.

Alors que M. Fayulu a appelé la communauté internationale à ne pas reconnaitre le président Tshisekedi, ce dernier a reçu les premières félicitations de dirigeants africains, la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) demandant le "respect" de la "souveraineté" de la RDC.

Cette réaction augurait de possibles dissensions au sein de l'Union africaine (UA) dont une délégation de haut niveau, conduite par le président de sa Commission, le Tchadien Moussa Faki, et par son président en exercice, le chef de l'État rwandais Paul Kagame, est attendue lundi 21 janvier à Kinshasa.

L'UA avait souhaité jeudi 17 janvier la "suspension" de la proclamation des résultats définitifs, jugeant ceux de la Commission électorale en faveur de M. Tshisekedi entachés de "doutes sérieux".

L'Union européenne a maintenu ses réserves dimanche 20 janvier, malgré le jugement de la Cour constitutionnelle de Kinshasa.

"Des doutes subsistent sur la conformité du résultat", a estimé un porte-parole de l'UE, appelant les parties à s'abstenir de toute violence et à coopérer avec la délégation de l'UA.

Dans ses premières réactions, le président élu a cherché l'apaisement.

"Ce n'est pas la victoire d'un camp contre un autre", a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Demain, le Congo que nous allons former ne sera pas un Congo de la division, de la haine et du tribalisme. Ce sera un Congo réconcilié, un Congo fort, un Congo tourné vers le développement, son développement, dans la paix et la sécurité pour tous".

"C'est l'aboutissement du combat du père fondateur, mais c'est aussi le commencement d'un autre combat dans lequel je veux engager le peuple congolais", a-t-il ajouté. "Le combat pour un mieux-être. (...) Au travail".

À part son noyau dur de sympathisants, aucune expression massive de liesse n'a encore eu lieu, contrairement au passé, y compris lors des victoires en 2006 et 2011 de l'actuel président Joseph Kabila.

AFP/VNA/CVN

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