29/02/2020 07:38
Dans le monde de la musique folklorique du Vietnam, le chant xâm fait partie de l’identité culturelle nationale. La préservation de ses valeurs artistiques est devenue une question essentielle.
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Le "hat xâm" interprété sur le grand théâtre.
Photo : VNA/CVN

Le hat xâm (chant des aveugles) représente un des arts vocaux originaux des Vietnamiens. À Hanoï, bien que ce chant soit apparu plus tard que dans les autres provinces et villes, il comprend cependant des figures réputées comme Vu Duc Sac et Nguyên Van Khôi, qui ont tous deux contribué à créer un nouveau style de hat xâm. Le xâm tàu diên (littéralement "xâm du tram" - tirant son nom de l’ancien mode de transport à Hanoï, le tramway) comprend des mélodies courtes, entraînantes aux rythmes rapides, inspirées d’œuvres de poètes célèbres tels que Nguyên Khuyên, Nguyên Binh et Tan Dà, notamment.

"Il existe plusieurs airs différents de +hat xâm+ mais le +xâm tàu diên+ symbolise véritablement l’originalité et la fierté des Hanoïens", a déclaré l’"Artiste du Peuple" Xuân Hoach. Malgré l’enthousiasme des spectateurs, cet art est peu à peu tombé dans l’oubli en raison notamment de la disparition de certaines figures emblématiques dont Hà Thi Câu.

Relancer un art unique

Plus tard, avec le fort développement des médias et la multiplication des divertissements modernes, le nombre de personnes qui se souviennent de ce chant folklorique est devenu dérisoire. Les artistes ne cachent pas leur regret devant le déclin de cet art. Néanmoins, de par leurs efforts inlassables, Thao Giang, Thuy Ngân, Xuân Hoach ou Van Ty ont su le faire renaître de ses cendres. Ils ont changé l’idée reçue selon laquelle le hat xâm était le seul moyen de subsistance des mendiants d’autrefois.

Des représentations ont lieu désormais dans de grands théâtres du pays et même à l’étranger. L’accueil chaleureux du public de Hanoï n’a pas diminué depuis 2005 lorsque le compositeur Thao Giang s’était alors produit au carrefour de la rue Hàng Dào dans le Vieux quartier. Des souvenirs qui resteront encrés dans sa mémoire à jamais. Il raconte : "Je ne pensais pas que le +hat xâm+ pouvait attirer autant de spectateurs. Malgré la superficie étroite du théâtre, les habitants affluaient pour assister au spectacle. Par la suite, grâce à diverses sources de soutiens financiers, nous avons pu déplacer le théâtre à côté du marché de Dông Xuân. Et, depuis, les interprétations sont maintenues. Les applaudissements et acclamations ces 15 dernières années nous ont poussés à continuer à nous consacrer à notre passion afin d’offrir les meilleures représentations au public".

On ne peut parler du hat xâm contemporain sans mentionner les contributions de jeunes dont l’"Artiste Émérite" Mai Tuyêt Hoa et les membres du groupe Xâm Hà Thành. Artistes, journalistes, enseignants et poètes, tous sont guidés par un amour commun pour cet art populaire.

Maintenir la flamme d’un art folklorique

Des fillettes chantent du "xâm" dans le district de Yên Mô, province de Ninh Binh (Nord).
Photo : Thùy Dung/VNA/CVN

Étant une des meilleures élèves de la défunte artiste Hà Thi Câu, Mai Tuyêt Hoa est capable de chanter les airs les plus difficiles. Elle compose également des œuvres dont les contenus abordent des thèmes différents, allant de l’amour envers le pays natal à la mer et aux îles du pays en passant par Hanoï et ses 36 rues et corporations, notamment. Plus récemment, de plus jeunes encore ont composé des morceaux plus modernes inspirés de la beauté et de la gastronomie de la capitale.

À côté de publications de chansons sur YouTube, Xâm Hà Thành se produit tous les weekends au cœur de la zone piétonne autour du lac de l’Épée restituée. Mai Tuyêt Hoa partage : "Nous faisons de notre mieux pour rapprocher au mieux le +xâm+ du public. Au travers de certains arts populaires, nous souhaitons présenter aux touristes vietnamiens et étrangers la quintessence de la musique du pays, contribuant ainsi à développer le tourisme de la capitale".

Il est loin le temps des débuts avec un seul club en 2005. En effet, on en recense à présent plus de 20, dans l’ensemble du pays. Dans certaines localités du Nord comme Hai Phong, Hai Duong, Nam Dinh et Quang Ninh, les clubs prospèrent même et attirent de nombreux participants.

Le hat xâm s’exporte également à l’étranger dans de nombreux pays tels que le Japon, la République de Corée, la France et l’Allemagne, entre autres. Nombreux sont les Vietnamiens d’outre-mer qui, en raison de leur engouement pour le chant, établissent des clubs. Il y a également des adeptes étrangers qui font des demandes de bourses afin de se rendre au Vietnam pour y apprendre le xâm.

Si la route reste encore longue pour un développement fort et florissant de ce chant, les artistes ne cessent de s’évertuer pour raviver et maintenir la flamme d’un art folklorique unique. 

Thu Hà/CVN

 

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