24/06/2021 09:24
Il existe un lien "probable" entre les vaccins contre le COVID-19 de Pfizer et de Moderna et de rares cas d'inflammations au niveau du cœur chez des adolescents et de jeunes adultes, ont estimé mercredi 23 juin des experts américains, mais les bénéfices de ces remèdes "surpassent" toujours largement les risques encourus.
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Une adolescente se fait vacciner contre le COVID-19 à Bloomfield Hills, dans le Michigan, aux États-Unis,l e 13 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les autorités sanitaires américaines travaillent malgré tout à actualiser leurs recommandations pour ces vaccins, notamment en conseillant de suspendre l'administration de la seconde dose pour les personnes développant, après la première, une myocardite, c'est-à-dire une inflammation du muscle cardiaque.

"Les faits sont clairs: il s'agit d'un effet secondaire très rare, et (...) la plupart des cas sont légers, les individus guérissant souvent d'eux-mêmes ou avec un traitement minime", ont rassuré de nombreux responsables sanitaires dans une déclaration transmise mercredi 23 juin par le ministère américain de la Santé.

Quelque 300 cas de myocardites et de péricardites (inflammation de la membrane qui entoure le coeur) ont été examinés et présentés à des experts indépendants mercredi 23 juin, lors d'une réunion du Comité consultatif sur les vaccinations (ACIP).

Il se réunissait sur demande des Centres américains de lutte et de prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays, qui ont analysé les informations rentrées dans un système public permettant à tout un chacun de signaler des problèmes de santé après une vaccination.

Au 11 juin, 323 cas de myocardites ou péricardites ont été confirmés chez des personnes de 29 ans ou moins vaccinées avec les produits de Pfizer ou Moderna, qui reposent tous deux sur la technologie de l'ARN messager.

Aux États-Unis, le vaccin de Pfizer est autorisé dès 12 ans, celui de Moderna à partir de 18 ans.

Un comité d'experts américain se penche sur des problèmes cardiaques chez des jeunes vaccinés contre le COVID-19.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces cas sont survenus le plus souvent après la deuxième dose de vaccin, en général quelques jours seulement après l'injection.

Parmi ces patients, 309 ont été hospitalisés, et neuf le sont toujours aujourd'hui. Il s'agit en majorité d'hommes (les hommes sont plus affectés par cette maladie en général).

"De façon rassurante, les données montrent que les patients guérissent généralement des symptômes et se portent bien", a déclaré lors d'une présentation Tom Shimabukuro, responsable au sein des CDC. Aucun décès n'a été confirmé jusqu'ici. Près de 150 cas sont toujours en cours d'étude.

Repousser la 2e dose 

Au 11 juin, plus de 50 millions de doses des vaccins de Pfizer et Moderna avaient été administrées à des personnes de 12 à 29 ans aux États-Unis, selon les données présentées pendant la réunion.

Si ces cas semblaient donc très rares comparé au nombre de personnes vaccinées, leur nombre était toutefois plus élevé qu'attendu pour cette tranche d'âge.

"Les données disponibles à ce jour suggèrent un lien probable entre des cas de myocardites et de péricardites et les vaccins à ARN messager chez les adolescents et jeunes adultes", a déclaré Grace Lee, membre du comité des CDC, lors d'une présentation.

Les autorités sanitaires travaillent ainsi à mettre à jour leurs recommandations. Pour les personnes développant une myocardite après une première dose de vaccin, elles envisagent de recommander de suspendre l'administration de la seconde en attendant plus d'informations.

Dans le cas d'une péricardite après la première dose, elles pensent toujours recommander l'administration de la seconde, mais seulement une fois le coeur totalement rétabli. Certains experts indépendants ont toutefois critiqué cette deuxième proposition, l'estimant peu prudente.

Douleurs à la poitrine

Tous les experts ont en revanche exprimé leur accord avec la conclusion des CDC : les bénéfices de la vaccination "surpassent toujours clairement les risques", selon des documents publiés en ligne par l'agence.

Par exemple, pour chaque million de garçons de 18 à 24 ans vaccinés, il est estimé que les vaccins permettent d'éviter 530 hospitalisations et trois morts du COVID-19, quand ils sont susceptibles de provoquer une cinquantaine de cas de myocardites.

Bien que les adolescents et jeunes adultes aient moins de risque de développer des cas graves de COVID-19, plus de 2.600 personnes entre 0 et 29 ans en sont mortes aux États-Unis, selon les données des autorités sanitaires.

La balance bénéfice/risque pourrait toutefois changer pour certains groupes d'âge à mesure que davantage de cas de myocardites sont analysés, et les CDC ont assuré continuer à se tenir en alerte.

La myocardite est une maladie rare, dont les experts pensent qu'elle est généralement déclenchée par un virus. Le symptôme le plus fréquent est une douleur à la poitrine, et elle est souvent traitée en administrant des anti-inflammatoires, ou si besoin en procurant un soutien en oxygène.

Les premiers cas de myocardites après vaccination avaient d'abord été signalés en Israël, où la campagne d'immunisation a été plus rapide que dans la majorité des pays. Quelques cas ont également été détectés en France.

AFP/VNA/CVN

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