28/12/2018 14:13
L'ex-chef de l'État, Andry Rajoelina, a officiellement remporté jeudi 27 décembre la présidentielle à Madagascar, battant son rival Marc Ravalomanana au second tour d'une élection très disputée et marquée par des accusations de fraude.
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Andry Rajoelina, vainqueur de la présidentielle à Madagascar, vote au deuxième tour le 19 décembre à Antananarivo. Photo: AFP/VNA/CVN

M. Rajoelina a obtenu 55,66 % des suffrages contre 44,34 % pour M. Ravalomanana, un autre ancien président, selon les résultats du deuxième tour du 19 décembre publiés par la commission électorale. Peu après la proclamation des résultats, M. Ravalomanana a déposé plusieurs recours devant la Haute cour constitutionnelle pour les contester. "Nous avons déposé plusieurs requêtes aujourd'hui concernant toutes les localités de Madagascar. Ces requêtes concernent les anomalies survenues et les failles au niveau de la Céni (commission électorale) durant cette élection", a déclaré à la presse son directeur de campagne, Anisoa Tseheno Rabenja.

M. Rabenja a accusé la commission d'avoir commis un "acte prémédité (...) pour une fraude massive". Selon lui, elle "a aidé" Andry Rajoelina à "commettre ces fraudes massives". De son côté, commentant sa victoire devant la presse, M. Rajoelina a estimé que "le peuple malgache a pu s'exprimer en toute liberté" et a appelé de ses voeux "une alternance démocratique". "Mon message est simple, le peuple malgache n'a plus besoin de crise" mais "d'un leader sage, unificateur, pour unifier tout le peuple malgache", a-t-il déclaré. "Les yeux du monde entier se tournent maintenant vers nous et il devrait y avoir une alternance démocratiques maintenant à Madagascar", a ajouté M. Rajoelina.

Accusations mutuelles de fraude

La Haute cour constitutionnelle dispose de neuf jours pour valider ou infirmer les résultats après l'examen des recours. Le président de la commission électorale Hery Rakotomanana a assuré que "des efforts" avaient été faits "pour répondre aux requêtes des deux candidats. L'un a demandé un examen du logiciel de comptage, l'autre a demandé des confrontations de procès-verbaux", a-t-il dit. L'élection présidentielle a été marquée par des accusations mutuelles de fraude de la part des deux candidats finalistes qui ont dépensé sans compter et multiplié les promesses parfois irréalistes pour l'emporter et effectuer leur retour à la présidence.

Leur campagne aux allures de règlement de comptes personnels a largement occulté les problèmes de fond du pays, qui est l'un des plus pauvres du continent africain et est sujet à l'instabilité politique depuis son indépendance de la France en 1960. M. Rajoelina, 44 ans, a accueilli l'annonce des résultats assis parmi les quelque 200 hôtes de la commission électorale, alors qu'un siège, réservé pour son rival âgé de 69 ans, restait vide.

"C'est malheureux que l'autre candidat ne soit pas présent ici", a regretté le président de la commission électorale, M. Rakotomanana, tandis que de nombreux policiers armés patrouillaient aux alentours du siège de la commission. Les observateurs de l'Union européenne avaient dit ne pas avoir constaté d'irrégularités significatives lors du scrutin.

AFP/VNA/CVN

 
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