29/09/2020 11:09
Veolia a affiché lundi 28 septembre son optimisme à convaincre Engie d’accepter son offre d’achat de Suez pour créer un géant de l’eau et des déchets, mais le patron de Suez a prédit dans la soirée une "situation ingérable" si l’opération se concrétise.
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Le groupe Veolia annonce qu'il remettra à Engie "au plus tard le 30 septembre" son offre améliorée pour le rachat des parts de Suez. Photo : AFP/VNA/CVN

"C’est un magnifique projet, celui de créer un grand champion mondial capable d’apporter les solutions pour réussir la transformation écologique. Et oui, je pense, je suis sûr, que c’est bien parti et que nous le ferons", a déclaré lundi matin 28 septembre sur France 2 le Pdg de Veolia, Antoine Frérot.

Il a indiqué qu’il remettrait une offre révisée à Engie "avant le 30 septembre", la date qu’il lui a fixée pour répondre. "Je vais encore l’améliorer", a-t-il ajouté.

Le leader des services à l’environnement avait indiqué vendredi 25 septembre qu’il allait relever son prix, après avoir proposé fin août 2,9 milliards d’euros en cash (15,50 euros par action) à Engie pour une participation de 29,9% dans le rival historique Suez.

L’État, actionnaire principal d’Engie, "ne se fera pas dicter son calendrier", a cependant répété lundi 28 septembre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire : "nous prendrons tout le temps nécessaire pour que cette opération se déroule dans les meilleures conditions, sans brutalité et dans l’intérêt des deux parties prenantes".

"Nous avons avec le Premier ministre fixé des conditions pour cette opération. La première, ce sont des garanties formelles sur l’emploi. En deuxième, l’empreinte industrielle, et en troisième lieu, que cette opération soit majoritairement à capitaux français", a-t-il déclaré, ajoutant que "nous ne pouvons pas avoir de guerre entre deux champions industriels en pleine crise économique".

"Situation ingérable"

La direction de Suez reste en tous cas fermement opposée à l’opération. Dans le Figaro lundi soir 28 septembre, son directeur général, Bertrand Camus, a promis le chaos si Veolia obtient gain de cause cette semaine. "Si Engie vend ses actions à Veolia, nous entrerons, tous, dans une période agitée", a-t-il prédit.

"Pendant 12 à 18 mois, nos deux entreprises seraient placées dans une situation ingérable: Veolia serait notre actionnaire, mais sans droits de vote, ni représentation. Suez serait l’objet d’une intention d’offre publique dont le prix et même le lancement seraient incertains. Aucun de nos deux groupes ne serait en mesure de convaincre un client de signer le moindre contrat dans ces circonstances", a averti le dirigeant de Suez.

Les directions de Suez et de Veolia sont engagées dans un bras de fer autour de ce projet de fusion, Suez dénonçant des risques pour la saine concurrence, l’innovation et l’emploi.

Selon le groupe, 10.000 postes seraient menacés, dont environ la moitié en France, sur un total de 90.000. Mardi 29 septembre, l’intersyndicale de Suez appelle d’ailleurs à un rassemblement à la Tour Engie à la Défense, le jour où le tribunal de Paris doit se pencher sur une demande en référé du CSE de Suez de suspendre le projet de rachat par Veolia.

AFP/VNA/CVN

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