10/03/2019 16:16
La prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (Orne), où deux surveillants ont été grièvement poignardés mardi 5 mars par un détenu radicalisé, était le seul établissement encore bloqué samedi 9 mars, pour la quatrième journée consécutive, a indiqué l'administration pénitentiaire.
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Un surveillant de l'administration pénitentiaire devant la prison d'Alençon, le 7 mars 201 à Condé-sur-Sarthe.
Photo: AFP/VNA/CVN

Une petite centaine de manifestants se sont à nouveau positionnés samedi 9 mars devant le bâtiment à partir de 05h00 du matin, a déclaré Emmanuel Guimaraes, délégué FO pénitentiaire national qui se trouve sur place.

"Nous avons des collèges venus d'Argentan et du Mans et nous attendons au cours du week-end des collègues d'un peu plus loin, Poitiers, Paris, Beauvais", a précisé le syndicaliste, ajoutant que les parloirs de la journée sont annulés.

Devant l'entrée, des canapés, palettes, pneus ainsi que de vieux sommiers et matelas ont été installés. Les surveillants ont également brûlé des palettes. "Plus ça va et plus on s'installe dans la durée, la volonté des collègues est de continuer le blocage", souligne M. Guimaraes.

Les gendarmes mobiles sont intervenus en fin d'après-midi pour débloquer les accès pour les véhicules et les piétons afin de livrer des marchandises, a indiqué l'administration pénitentiaire. La scène a été filmée et postée sur la page Facebook du Syndicat national FO Pénitentiaire. Des gaz lacrymogènes ont été tirés. Les pompiers sont également intervenus pour éteindre les feux.

Vendredi 8 mars les forces de l'ordre étaient déjà intervenues de la même façon pour acheminer de la nourriture dans l'établissement et faire passer des officiers ainsi que des élèves surveillants.

Une rencontre est prévue lundi 11 mars entre la direction de l'administration pénitentiaire et les représentants des organisations syndicales représentatives, puis jeudi 14 marsavec la garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

Mardi, après l'agression le matin de deux surveillants avec des couteaux en céramique, Michaël Chiolo, 27 ans, qui purgeait une peine de trente ans et s'est radicalisé en prison, s'était retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale (UVF) de la prison. Une attaque qualifiée de "terroriste" par Nicole Belloubet.

Après de vaines tentatives de négociations, le RAID avait lancé l'assaut, conduisant à l'interpellation du détenu et au décès de sa compagne.

Selon FO, l'un des deux surveillants est sorti vendredi 8 mars de l'hôpital tandis que le second est toujours hospitalisé.
 
AFP/VNA/CVN
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