26/02/2017 09:48
Pour améliorer les repas de leurs élèves, des enseignants du collège de Tân Dân, district de Mai Châu, province de Hoà Binh (Nord), vont pêcher des poissons dans la rivière Dà. Reportage.
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Chaque nuit, des enseignants du collège de Tân Dân vont à la pêche pour améliorer les repas de leurs élèves.    Photo : TT/CVN
Vers 22h00, dans la brume et le froid d’une nuit d’hiver d’une région montagneuse, Ngân Quôc Viêt et Phùng Ba Thanh, deux enseignants du collège de Tân Dân, s’éclairant de leurs lumières frontales et enveloppés de manteaux, avancent prudemment sur la pente abrupte et glissante pour accéder à la berge de la rivière Dà (Noire). Leurs bouches fument dans le froid, tandis que des perles de sueur apparaissent sur leurs fronts. Ils remontent leur filet et jettent leurs prises dans des paniers.

Des enseignants dévoués

Située sur une petite colline aride dans le district de Mai Châu, trop éloignée des marchés locaux, le collège de Tân Dân ne peut guère fournir à ses 60 pensionnaires des aliments frais.
Issus de familles pauvres et ne rentrant à la maison que le week-end, les aliments que ces élèves apportent à l’école pour se nourrir toute la semaine sont  fréquemment épuisés. Ce qui a poussé les enseignants de l’école à acheter un filet pour attraper du poisson dans la rivière Dà afin de compléter les repas des élèves. D’après l’enseignant Phùng Ba Thanh, le filet est souvent placé entre 04h00 et 04h30 du matin en été et vers 05h00 en hiver. Il est  remonté entre 21h00 et 22h00 le même jour. «En moyenne, nous prenons de 5 à 7 kg par nuit, et jusqu’à 10 à 15 kg si nous avons de la chance», précise-t-il. Et «contrairement aux professionnels, nous ne pouvons capturer que de petits poissons, comme les anchois».

Vivant à proximité de l’école, l’enseignant Thanh rencontre beaucoup de difficultés pour obtenir de la nourriture et des légumes frais. Parfois, son épouse doit cuisiner les feuilles des papayers qui poussent dans les forêts avoisinantes. Parfois, ses élèves demandent des feuilles de papayer ou de l’assaisonnement de nouilles en sachet pour les mélanger à leur riz, se rappelle Thanh. «Je leur ai acheté du poisson cru et des légumes frais à plusieurs reprises, mais mon salaire d’enseignant ne peut pas suivre», explique-t-il.

Avec plus de 108 élèves, dont beaucoup sont de familles en situation difficile, notamment d’ethnies Muong et Tày, les soucis abondent. Le directeur de l’école Hà Manh Quyêt se dit toujours préoccupé  par ses élèves qui réussissent bien à l’école mais qui font face à des situations familiales compliquées qui mettent leur scolarité en péril.

C’est le cas de Dinh Van An dont le père est décédé d’un cancer. Il a quitté l’école pour aider sa mère, alors qu’il faisait bien tous les exercices et figurait même dans l’équipe des forts en math de l’école. Les parents de Dinh Van Nam, en 7e classe, ont tous deux des problèmes rénaux. Son père a quitté son village natal pour chercher un travail dans la ville de Dà Nang (Centre), laissant Nam à la maison avec sa mère et sa grand-mère. Bien qu’il habite à seulement 6 km de l’école, Nam peut se loger à l’internat pour se concentrer sur ses études, selon M. Quyêt.

Un défi aussi pour les enseignants

Des élèves du collège de Tân Dân. Photo : TN/CVN

Le collège de Tân Dân compte 12 enseignants internes. Leurs logements de fonction sont de petites chambres construites par l’État. Leurs conditions de vie sont difficiles, aussi. Seule la famille de l’enseignant Thanh possède une télévision. «Enseigner à des élèves d’origine variée est un défi pour nous», indique l’enseignant Ngân Quôc Viêt. Selon lui, «plusieurs élèves sont nés de mariages consanguins, et leurs capacités d’apprentissage sont limitées. Il y a des élèves de 6e année qui ne savent pas encore lire, et qui nécessite un temps supplémentaire d’enseignement et une attention soutenue de la part des enseignants».

Malgré tout, les enseignants du collège de Tân Dân font le maximun pour assurer le bien-être de leurs élèves. Ils donnent gratuitement des cours supplémentaires et ont glané auprès de leurs connaissances de vieux vêtements et de vieux manuels scolaires pour leurs élèves. «Nous voulons donner le meilleur environnement d’étude à nos élèves mais, en l’état, je pense que nous ne pouvons faire plus», déplore le directeur M. Quyêt.

Huong Linh/CVN
 

 
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