19/01/2013 16:56
En ce début d’année 2013, le livre La littérature et le mal, de l’écrivain français Georges Bataille, vient d’être publié dans une édition en langue vietnamienne à Hanoi. Un cadeau en l’honneur de l’Année Vietnam-France.
Georges Bataille. Photo : CTV/CVN

Dans le milieu des critiques littéraires contemporains, Georges Bataille (1897 - 1962) est sans conteste l’un des plus illustres, lui qui était à la fois écrivain, philosophe, chroniqueur, poète, et donc critique. Son œuvre s’aventure dans les champs de la littérature, l’anthropologie, la philosophie, l’économie, la sociologie et l’histoire de l’art. Il est également connu sous les pseudonymes de Lord Auch, Pierre Angélique, Louis Trente et Dianus. George Bataille est le fondateur de plusieurs revues de France dont la célèbre Critique (créée en 1946).

Georges Bataille eut un talent interdisciplinaire étonnant. Il puisa dans des influences diverses et avait l’habitude d’utiliser divers modes de discours pour façonner son œuvre. Il attira l’attention du milieu des critiques par l’érotisme et le mysticisme traduits dans ses écrits et romans, ce révélant une profondeur philosophique et émotive considérable, et une caractéristique d’autres auteurs qui ont été classés dans la catégorie de la «littérature de transgression».

Il dut sa célébrité en premier lieu à ses romans empreints de nuances érotiques, mystiques et transcendantales, dont Histoire de l’œil (1928), Le bleu du ciel (1945), Madame Edwarda (1937), L’éxpérience intérieure (1957), La part maudite (1949), Les larmes d’Eros (1961). Pour Georges Bataille : «La transgression n’abolit pas l’interdit mais le dépasse en le maintenant. L’érotisme est donc inséparable du sacrilège et ne peut exister hors d’une thématique du bien et du mal».

Fruit d’un ouvrage d’études inédit

La littérature et le mal, publiée en 1957 en France, est un essai important de Georges Bataille. L’ouvrage, préalablement publié sous forme d’articles dans la revue Critique, est divisé en huit chapitres consacrés en autant d’auteurs : Emily Brontë, Charles Baudelaire, Jules Michelet, William Blake, Sade, Marcel Proust, Franz Kafka, et Jean Genet.

En se fondant sur la thèse selon laquelle le mal et la littérature sont fondamentalement inséparables, l’auteur étudie ces auteurs célèbres dont il considère que leurs récits sont emprunts du mal et d’une culpabilité certaine. Il tend ainsi à démontrer que la littérature, qui a pour rôle d’ébranler le lecteur et d’illustrer la prédisposition de l’homme pour le mal, ne saurait atteindre son but si les écrivains s’éloignaient du mal.

Thèse mentionnée on ne peut plus clairement dans l’Avant-propos de La littérature et le mal, écrit par l’auteur lui-même : «La littérature est l’essentiel, ou n’est rien. Le mal - une forme aiguë du mal - dont elle est l’expresion, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. Mais cette conception ne commande pas l’absence de moral, elle exige une +hypermorale+».


Annonce

À l’occasion du 115e anniversaire de la naissance de Georges Bataille et du cinquantenaire de sa mort, la Compagnie Sao Bac Media et les Editions Thê Gioi, soutenues par l’Ambassade de France au Vietnam et l’Institut Français, ont l’honneur de présenter au public vietnamien le livre La littérature et le mal, traduit en vietnamien par le critique Pham Xuân Nguyên.

L’ouvrage a été publié juste au début de 2013, date ouvrant l’Année Vietnam-France (2013-2014) et marquant le 40e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.


Nghia Dàn/CVN

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