27/09/2018 08:05
Le tourisme communautaire se développe sur les marges de la Réserve naturelle de Pù Luông, province de Thanh Hoa (Centre), à 160 km de Hanoï. Les visiteurs sont ravis et la pauvreté recule grâce aux revenus générés.
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Rizières en terrasses dans le village de Dôn, district de Ba Thuoc, province de Thanh Hoa (Centre). 

Il y a deux ans, la famille de Hà Van Bông, domiciliée au village de Dôn du district de Ba Thuoc, devait travailler dur pour boucler les fins de mois. Récemment, grâce au développement de l’homestay (séjour chez l’habitant), sa vie a connu des changements profonds.  "Nous accueillons des visiteurs toute l’année et nous devons refuser parfois des réservations pendant la haute saison, par exemple lors des vacances d’été. De nombreuses familles du village proposent ce type de service", informe Hà Van Bông. D’ajouter que ces services sont devenus la principale source de revenus de sa famille.

Pour beaucoup de touristes en effet, découvrir le "vrai Vietnam des Vietnamiens", la meilleure option est de passer quelques jours chez l’habitant. En logeant dans une famille, les touristes sont aux premières loges pour découvrir leur culture, leurs croyances et leur mode de vie au quotidien. En y passant plusieurs jours, ils auront même le temps de tisser des liens, et d’avoir des réponses à maintes questions qu’ils se posent.

De grandes potentialités

Situé dans la Réserve naturelle de Pù Luông, le village de Dôn offre un paysage idyllique: montagnes calcaires dominant une vallée fertile, maisons sur pilotis, traditions préservées, rizières en terrasses...

Ce village  accueille désormais un grand nombre de touristes vietnamiens comme étrangers, venus non seulement pour contempler de beaux paysages, profiter d’une atmosphère pure mais aussi découvrir la vie des habitants locaux, tous d’ethnies minoritaires, ainsi que déguster leurs spécialités culinaires.

Voyageurs étrangers charmés par la beauté de la nature dans le district de Ba Thuoc. 

Authenticité garantie: la plupart des hôtes sont des familles qui n’ont pas encore été transformées par le tourisme. Ce sont en effet des familles rurales et les touristes leur procure un complément de revenu plus qu’utile.

Du village de Dôn, les touristes peuvent faire du trekking ou louer des motos pour visiter des destinations voisines comme les villages de Hiêu et Kho Muong.

Selon le chef du village, Ngân Trung Son, 22 des 76 familles de Dôn proposent des services touristiques. Sept familles accueillent régulièrement des touristes et ces revenus stables ont rehaussé leur niveau de vie. Leur revenu moyen atteint environ 200 millions de dôngs par an. En 2017, le village a accueilli 19.000 visiteurs. Et près de 10.000 les cinq premiers mois de l’année, pour la plupart des étrangers. La haute saison va de mars à avril, puis de septembre à octobre.

Truong Van Minh, chef du bureau de la culture et de l’information du district de Ba Thuoc, affirme que de nombreux villages du district disposent de nombreux atouts  pour le tourisme communautaire. "Tous ces villages présentent un mode de vie simple s’écoulant dans d’ancestrales maisons sur pilotis. Peu de choses ont changé ici", ajoute-t-il.

Le projet de développement du tourisme communautaire a été lancé à Ba Thuoc en 2016, dans 17 villages, chacun ayant ses propres caractéristiques. Actuellement, le district accorde la priorité à six communes situées dans la zone tampon de la Réserve naturelle de Pù Luông: Thanh Lâm, Thanh Son, Ban Cong, Cô Lung, Lung Cao et Lung Niêm.

Le tourisme communautaire est un tourisme solidaire en circuit court, géré directement par les populations accueillantes. Celles-ci ont reçu une formation de base: comment servir et accueillir des visiteurs, communiquer avec eux, gérer les finances, gérer les problèmes, appliquer des mesures d’hygiène environnementale...

"Le village de Dôn veut devenir un modèle en termes de homestay. Près de 30 familles  ont embelli et modernisé leurs maisons, afin que les trois éléments fondamentaux que sont eau douce, toilettes dignes de ce nom et pratiques d’élevage hygiéniques soient réunis", informe le chef du village de Dôn, Ngân Trung Son.

Améliorer le niveau de la vie

Il y a 10 ans, le village de Dôn était pauvre. Le développement du homestay a changé sa physionomie. De nombreux foyers ont même emprunté des capitaux pour développer des services d’accueil.

Par exemple, la famille de Hà Van Thuoc a coopéré avec le voyagiste Amica à Hanoï pour investir plus de deux milliards de dôngs dans la construction de cinq maisons sur pilotis, avec 12 chambres au total. Elle a déjà accueilli près de 500 personnes depuis fin 2017.

La famille de Hà Van Sy, dans le village de Hiêu, commune de Cô Lung, a été l’une des premières à proposer des services d’hébergement. "Dans le passé, notre source principale de revenus provenait de plusieurs hectares de rizières, de l’élevage de poulets et de porcs. La vie était assez difficile", dit-il.

Maison sur pilotis dans le village de Dôn.

"Ces derniers temps, avec l’aide du Comité de gestion de la Réserve naturelle de Pù Luông, ma famille a ouvert un homestay. De nombreux touristes français et allemands ont séjourné chez nous. Tous ont été contents et souhaitent renouveler l’expérience".

"Ce fut intéressant de s’immerger dans la culture locale. J’ai également fait une promenade en bateau, inoubliable! Mon meilleur souvenir, ce fut une balade en char à bœuf autour du village pour se rendre au marché", confie Kelly Hayes-Raitt, une touriste américaine, ajoutant que les repas furent également mémorables. "J’ai offert quelques heures de bénévolat pour enseigner l’anglais aux enfants du village. Je ne suis pas une enseignante et je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. Ce fut une expérience enrichissante et les enfants et moi nous sommes vraiment amusés".

Environ 40.000 touristes pour la période 2018-2020

Selon Lo Van Thang, vice-président du Comité populaire du district de Ba Thuoc, le tourisme communautaire a non seulement contribué à faire reculer la pauvreté et à augmenter les revenus de la population, mais a également stimulé l’économie du district, contribuant à l’objectif de mettre fin à la pauvreté d’ici 2020. Le district a élaboré un plan de développement du tourisme jusqu’en 2020 et un projet de développement du tourisme communautaire jusqu’en 2025.

Pour la période 2018-2020, la localité vise 40.000 touristes, dont 60% d’étrangers, et 40 milliards de dôngs de recettes.

Ces dernières années, le district s’est concentré dans l’amélioration des infrastructures touristiques. Outre le service d’hébergement chez l’habitant dans des maisons sur pilotis, d’autres types d’hébergement, plus étendus tout en restant gérés par les habitants locaux, ont été construits tels que Pù Luông Treehouse ou Pù Luông Retreat. Ces nouvelles "stations" ont offert des emplois aux locaux. "Nous avons maintenant trois employés à temps plein et beaucoup d’autres qui travaillent à temps partiel, comme guides, porteurs, assistants de cuisine et serveurs", explique Lê Thi Phuong Dung, chef de Pu Luong Treehouse. "Leur revenu mensuel est d’environ 5 millions de dôngs".

Le district compte 58 établissements fournissant des services d’homestay. Cependant, comme il s’agit encore d’une nouveauté dans la localité, les infrastructures laissent parfois à désirer. Selon Lo Van Thang, le district met également l’accent sur la préservation et la valorisation de la culture matérielle et immatérielle, la formation des ressources humaines, la gestion des déchets et des eaux usées et, surtout, la protection de l’environnement et des paysages - clé du développement d’un tourisme durable. La Réserve naturelle de Pù Luông est à ce titre un bel exemple d’harmonie entre protection de la nature et développement local.

Texte et photos: Thúy Hà - Thanh Mai/CVN
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