04/03/2018 17:17
Chez les Vietnamiens, le respect dû aux enseignants est une tradition plurimillénaire que l’on retrouve d’ailleurs dans bien des dictons populaires. 
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Le docteur Ngô Van Toàn, ancien directeur du Département de chirurgie orthopédique et traumatologique à l’Hôpital Viêt Duc de Hanoï.
Photo : CTV/CVN

Il y en a un lié aux pratiques du Têt qui explique que si le premier jour de la nouvelle année lunaire doit être réservé à la visite la famille paternelle et le second à la famille maternelle, le troisième, lui, est l’occasion de rendre visite à ses maîtres.

Pour Phan Ba Hai, médecin au Département de chirurgie orthopédique et traumatologique à l’Hôpital Viêt Duc de Hanoï, c’est un rite annuel. Depuis 10 ans, au troisième jour de l’année lunaire, il va rendre visite, accompagné de ses collègues, au docteur Ngô Van Toàn, l’ancien directeur du département, qui l’a formé.

"En fait, le Têt n’est pas la seule occasion pour nous de lui exprimer notre respect. Loin s’en faut. On le fait tous les jours. Moi-même et les jeunes médecins qui ont eu l’occasion d’apprendre de lui resterons toujours ses élèves", dit Phan Ba Hai.

Un bonheur immense 

Ngô Van Toàn accueille ses élèves et collègues avec un grand sourire. Il a l’habitude de les recevoir nombreux chez lui à l’occasion du Têt, de la Journée des médecins vietnamiens, le 27 février ou encore de la Journée des enseignants vietnamiens, le 20 novembre. Tous lui apportent un petit cadeau, et le tiennent informé de leurs nouvelles réalisations.

Pour Ngô Van Toàn, c’est un bonheur immense que de constater les progrès de ses anciens élèves. "Je suis vraiment heureux de voir que plusieurs de mes élèves et jeunes collègues sont désormais à même de me remplacer au travail et que certains m’ont même dépassé", dit-il.

"Je me réjouis de constater qu’ils pensent toujours à moi. Chaque fois qu’on se voit, on se rappelle des histoires vécues ensemble il y a très longtemps. C’est réconfortant d’assister à l’épanouissement de la génération suivante", confie-t-il.

Aujourd’hui, c’est une pratique courante que de rendre visite à ses maîtres avec ses actuels ou anciens camarades de classe. Cela renforce les liens, estime Nguyên Thu Huong, enseignante à l’École normale supérieure de Hanoï.

"Autrefois, c’était presque une question de principe que de rendre visite à ses maîtres au troisième jour de l’année lunaire. Mais maintenant, ça peut être n’importe quel autre jour pendant les vacances du Têt, ou n’importe quel jour en général. Dès qu’ils apprennent un événement important qui se passe chez le maître, ils s’y rendent tout de suite. Pour le maître, c’est une grande joie", dit-elle.

"Qu’il t’ait appris un mot ou même un demi-mot, c’est ton maître", "Sans ton maître, tu n’aurais rien pu faire", ou "Si tu veux que ton enfant réussisse dans les études, vénère son maître"… sont trois des dictons populaires qui se transmettent de génération en génération. Ils nous rappellent les mérites de celles et ceux qui nous ont transmis des connaissances, des savoir-faire, nous ont appris à devenir des hommes et des femmes. Depuis toujours, le métier d’enseignant est qualifié de noble dans la société vietnamienne dans laquelle le maître mérite le même respect que celui réservé aux parents. 
 
VOV/VNA/CVN
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