09/03/2021 16:48
Le cinéma moderne vietnamien connaît une forte croissance tant en termes de quantité, qualité et genre. Dans le même temps, les valeurs culturelles traditionnelles sont peu à peu présentées sur le grand écran.
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Le film +Cô Ba Sài Gon+ met à l’honneur l'ao dài.
Photo : Thuy Hà/CVN

"Je veux créer des images impressionnantes et centrées sur la personne vietnamienne au cinéma", a informé la réalisatrice célèbre Ngô Thanh Vân lors d'un événement médiatique sur son projet de film le plus récent.

L'un des critères de fonction clés de son studio est de produire des projets qui reflètent et mettent en valeur l’Homme et la culture du Vietnam, comme en témoignent nombre des longs métrages réalisés ces dernières années, comme notamment Tâm Cam, chuyên chua kê (Tâm Cam, l’histoire pas encore contée et Tâm Cam : The Untold en anglais) en 2016, Cô Ba Sài Gon (La tailleuse de Saigon et The Tailor en anglais) en 2017, Song Lang en 2018, et Hai Phuong (Furie) en 2019.

"Les spectateurs aiment voir la beauté de la culture traditionnelle à l'écran et leurs attentes sont donc plus élevées que jamais", a commenté la réalisatrice Thanh Vân.

Le cinéma vietnamien sort de nouveaux produits à un rythme rapide, parfois plus de 40 films par an, mais la plupart n'osent pas vraiment innover en termes de scripts et de scenario.

Une scène du film +Tôi thây hoa vàng trên co xanh+.
Photo : DA/CVN

Toutefois, ces derniers temps, bien qu'en nombre limité, sont sortis en salle de divers longs métrages qui explorent de petits recoins de la culture comme Tôi thây hoa vàng trên co xanh (Je vois les fleurs jaunes sur l'herbe verte) (2016), Hello Vietnam (2017) ou Mat biêc (Yeux rêveurs et Dreamy Eyes en anglais) (2019).

Bien qu’ils soient rares, ces films ont plus ou moins fait leurs preuves auprès des cinéastes pour inclure des éléments traditionnels dans leur travail d’une manière ou d’une autre. Par exemple, Câu Vàng et Kiêu sont des films inspirés d’œuvres connues de la littérature vietnamienne des années 1800-1900.

Pendant ce temps, Vo sinh dai chiên (Brawl of Martial Artists en anglais) met en lumière les pratiques d’art martial vietnamien.

Deux longs métrages d'époque Truong Vuong (She Kings en anglais) et Quynh hoa nhât da ont également été annoncés par le cinéma vietnamien pour 2021, donnant aux cinéphiles la rare chance de voir les décors historiques vietnamiens dans toute leur splendeur.

Valoriser la beauté de l'Histoire et des traditions

Il y a aussi des cinéastes qui choisissent de représenter la culture à travers des références et des décors plutôt que d'en faire un point focal direct. Le réalisateur Namcito lors de sa sortie de Gai già lam chiêu (The Last Egg 5 en anglais), a inséré des éléments de la dynastie des Nguyên (1802-1945) dans le dialogue et les choix de costumes mineurs, sur fond de l'ancienne capitale de Huê.

"En ramenant les vestiges connus dans un film se déroulant dans le monde moderne, nos acteurs et notre équipe souhaitent célébrer les valeurs inhérentes à nos traditions tout en présentant aux jeunes la beauté de l'Histoire et des traditions", a déclaré l'agent de Namcito.

L'ancienne capitale de Huê présentée dans le long-métrage +Gai già lam chiêu+. 
Photo : DA/CVN

Au fil des ans, les réalisateurs vietnamiens ont reflété la culture à travers une myriade d'interprétations. Parmi elles, le charme d'un village rural pittoresque avec ses arbres centenaires emblématiques, la fumée brumeuse tourbillonnant autour de maisons en briques, des enfants rieurs à dos de buffles d'eau, les tenues et vêtements nationaux comme l'ao dài (tenue traditionnelle des femmes), l’ao tu thân (robe en quatre parties) et autres tenues de courtisan à l'ancienne ou encore la mise en valeur des arts traditionnels du spectacle qui ne peuvent être vus que lors de cérémonies, notamment.

Des cinéastes plus ambitieux visent même à capturer l'esprit national du peuple vietnamien à travers des expressions fières et patriotiques.

Néanmoins, dépeindre la patrie à l'écran est toujours une bataille ardue pour le cinéma domestique dans tous ses aspects. Par exemple, le budget demeure toujours un problème pour les films qui utilisent des éléments passés comme principal argument de vente. Il y a aussi le problème du politiquement correct lors de la recréation des aspects historiques, dont l'exemple le plus récent est le débat autour du prochain film Kiêu, qui s’inspire du chef d’œuvre Truyên Kiêu (Histoire de Kiêu) du grand poète Nguyên Du (1765-1820). Les internautes ont remis en question la décision de l'équipe d'utiliser l'alphabet vietnamien moderne dans le film, qui n'est pas conforme à la période.

Malgré tout, les cinéastes restent optimistes et déterminés. S'adressant à la presse à propos de son dernier film sur les sœurs Trung, la productrice Truong Ngoc Anh a partagé que l'équipe avait consulté de nombreux historiens afin de "corriger" tous les éléments du long métrage allant des paramètres physiques et historiques, aux costumes en passant par les éléments de l'histoire liés aux héroïnes. "Les gens ont tendance à penser que seuls les grands plans de l'industrie du cinéma comme Hollywood sont en mesure de réaliser un projet de grande envergure, mais d’après moi, ce film contient des valeurs caractéristiques de la culture vietnamienne. Ce sont donc les producteurs vietnamiens qui sont le plus capables de comprendre leur histoire, leur langue et leur culture", a-t-elle conclu.

Thuy Hà/CVN

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