20/03/2016 06:53
Lors de sa visite officielle du 14 au 17 mars à Hanoi, le ministre hongrois de la Justice, Laszlo Trócsányi, a accordé au Courrier du Vietnam une interview pour parler de la coopération de Budapest avec les pays francophones, et des moyens pour dynamiser le français en Hongrie.
>>La Francophonie à l'honneur dans le delta du Mékong
>>Une fête aux couleurs de la Francophonie à Hanoi


Laszlo Trócsányi. Photo : ADH/CVN
Pourriez-vous parler concrètement des activités et des programmes d’enseignement pour promouvoir la langue française en Hongrie ?

C’est une question difficile. En Hongrie, il y a à-peu-près 100.000 locuteurs de français, et la coopération francophone en Hongrie  se joue à de nombreux niveaux, depuis les écoles aux gouvernements sans oublier celui interinstitutionnel. Il y a plusieurs acteurs, mais sans doute les plus prépondérants restent l’Institut français à Budapest, créé dès 1947, et le réseau de l’Alliance française. D’innombrables programmes diplomatiques,  culturels, linguistiques et techniques ont été conduits.

Il existe également plus d’une centaine d’écoles primaires où le français est enseigné de manière intensive. Depuis 1987, dix lycées dans huit villes proposent des sections bilingues, dont sept ont reçu le LabelFrancÉducation. Il faut savoir qu’entre 1000 et 1.500 élèves sont scolarisés dans ce réseau. Le français est également bien étendu au niveau universitaire. Plus d’une centaine de programmes diplômants sont disponibles dans sept universités, et ce sans aborder les programmes de coopération interuniversitaire. Nous pouvons citer aussi le Stipendium Hungaricum, notre programme de bourse d’État pour les étudiants étrangers. Dans ce cadre, de plus en plus de formations sont disponibles en français pour les étudiants francophones.

Bien que depuis 2004 la Hongrie ait le statut d’observateur au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le gouvernement hongrois, dans le cadre de sa politique d’ouverture vers l’Est et le Sud, manifeste un intérêt croissant pour la Francophonie. Un exemple, avec la création du poste de commissaire ministérielle aux Affaires francophones  en 2013 au sein du ministère des Affaires étrangères et du Commerce extérieur. La Francophonie est considérée par la Hongrie comme un outil à part pour entretenir des relations avec les pays francophones et plus particulièrement avec ceux dans lesquelles la Hongrie ne dispose pas d’ambassade ou d’autre représentation diplomatique. Dans ce contexte, la Hongrie sert la Francophonie seulement pour soigner les relations culturelles et éducatives, mais aussi pour renforcer la coopération politique entre les pays francophones dans le but de créer un environnement politique favorable aux affaires. Enfin, il est à mentionner que la Hongrie, par ses représentations diplomatiques dans le monde, participe à des évènements francophones à partir de Kiev, en passant par le Vietnam jusqu’au Maroc.

Quels sont les projets spécifiquement liés aux domaines de l’éducation et de la culture entre la Hongrie et les pays francophones ?

Un cours de français en Hongrie. Photo : CTV/CVN

En 2013, un Centre universitaire francophone a été créé au sein l’Université de Szeged, et qui a pour vocation de renforcer la visibilité et la coordination des activités francophones. Le Centre propose des Masters francophones en Relations internationales d’une durée de deux ans. Les étudiants peuvent choisir entre deux spécialités qui offrent chacune une possibilité de double diplôme avec une université étrangère. L’option Études européennes permet d’acquérir un deuxième titre de master et un semestre de mobilité avec Sciences Po Lille en France ou l’Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca en Roumanie. L’option Développement Europe-Afrique permet quant à elle d’obtenir un deuxième titre de l’Université Senghor d’Alexandrie en Égypte.

Nous sommes ravis que le Centre universitaire francophone ait déjà accueilli un étudiant du Vietnam, et invite tous les étudiants vietnamiens qui souhaitent suivre des études de Master de haut niveau dans un environnement multiculturel à déposer leur candidature.

Que doivent faire nos deux pays pour valoriser davantage leur rôle dans la promotion des relations entres les pays membres de l’OIF sur les plans politique, économique et culturel ?

La Francophonie est certes d’abord reconnue pour sa dimension linguistique à travers du monde, mais au regard des tendances économiques actuelles, c’est avant tout un levier économique et stratégique.

C’est dans le prolongement de cette idée qu’intervient aussi  notre visite. Nos activités se concentrent surtout sur les négociations juridiques avec nos partenaires vietnamiens. La délégation hongroise a été accueillie tout d’abord par Hà Hùng Cuong, ministre vietnamien de la Justice. Pendant la session plénière, nous avons longuement discuté les possibilités de notre future coopération, les échanges possibles et les probables formations communes.

Le 15 mars, nous avons la possibilité de visiter l’Académie de droit de Hanoi. Étant moi-même professeur de droit, cela me permettra de connaître un système différent du nôtre. En tant que représentant du Centre francophone de l’Université de Szeged, j’ai aussi eu l’occasion de faire la connaissance des délégués de la Francophonie au Vietnam. Mais à part les visites officielles, j’espère bien avoir un peu de temps pour connaître cette ville magnifique et avoir au moins un coup d’œil sur la vaste et ancienne culture vietnamienne.


Libres Ensemble

L’OIF et la jeunesse francophone lancent une vaste campagne de sensibilisation afin de réaffirmer les valeurs de fraternité, de paix et de solidarité.

Baptisée Libres Ensemble, cette initiative réalisée en partenariat avec TV5MONDE (opérateur de la Francophonie) et le groupe France Médias Monde (France24, RFI, et Monte-Carlo Douailya) est d’abord un appel aux millions de jeunes francophones, issus des cinq continents, à se mobiliser massivement pour faire entendre leur voix et affirmer leur attachement au vivre ensemble, à la liberté, à la vie…

Cette mobilisation d’envergure s’articule autour de plusieurs outils :

Une vidéo virale, véritable appel à la mobilisation, réalisée par Antoine Smith, auteur de l’émission Piège de Freestyle, produit par Studio Kabo, autour de personnalités telles que D. Awadi, T. J. Fakoly, P. Gentil,  Germain, les Pokemon Crew, L. Thuram, M. Tombola, L. Wilson, mais aussi de dizaines de rappeurs et d’anonymes francophones originaires de Bruxelles, Casablanca, Dakar, Marseille, Montréal et Paris.

Un site internet http://libresensembles.com sur lequel les jeunes francophones sont appelés à poster et à partager en vidéo, leur message, leur projet, leur initiative, leur réalisation, leur émotion pour qu’il devienne une véritable plate-forme d’expression, d’échanges, et de promotion des projets sur le vivre ensemble.

Un hashtag #LibresEnsemble à utiliser sur tous les réseaux sociaux, et à partager avec ses amis, ses réseaux, ses fans, ses abonnés. 

OIF/CVN
 
Propos recueillis par Hai Vu/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’empreinte de l’AUF en Asie-Pacifique après 25 ans

La fête des ethnies de la région du Nord-Ouest ouverte à Son La La 14e Fête culturelle des ethnies de la région du Nord-Ouest a débuté ce dimanche 18 août dans la ville de Son La, province éponyme (Nord-Ouest).