24/03/2019 14:15
Dans toutes les cultures du monde, la fleur a valeur de symbole. Elle évoque la beauté, l’amour, la fraîcheur, la jeunesse, l’éclat et la spontanéité de ce qui est à son début.
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La rose, reine des fleurs.
Photo: ST/CVN

Dans le roman en vers Truyên Kiêu (Histoire de Kiêu), chef-d’œuvre de la littérature vietnamienne écrit par Nguyên Du (XVIIIe siècle), le mot hoa (fleur) revient plus d’une centaine de fois. Il évoque le malheureux destin de la femme dont "les joues roses s’attirent la jalousie du ciel bleu" (Troi xanh quen thói má hông đánh ghen).

La fleur, en Occident surtout la rose, est l’image de la fragilité du bonheur, de l’évanescence de la beauté et de la brièveté de la vie. Consolant son ami de la mort de sa fille, le poète français Malherbe (XVIIe siècle) a écrit:

"Mais elle était du monde où les plus belle choses
Ont le pire destin:
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses
L’espace d’un matin".


Prolonger "l’espace d’un matin", la fleur et la vie, n’est-ce pas le rêve des hommes? L’art n’est-il qu’un moyen de lutter contre la mort?

Le lotus est très populaire au Vietnam.
Photo: ST/CVN

C’est en pensant à tout cela que j’ai lu la profession de foi de Vo Thi Quynh, 44 ans, professeure de lettres du lycée Quôc Hoc de Huê (province centrale de Thua Thiên-Huê), qui vient de lancer un nouveau genre pictural: le tableau-collage avec comme matériaux, des fleurs et des feuilles pressées.

C’est en ces termes qu’elle s’explique: "Presser des fleurs et des feuilles dans les pages d’un cahier d’écolier est un jeu pratiqué par nombre de petits élèves. J’en étais une fervente. Chez moi, ce hobby est devenu une joie silencieuse et durable, la passion de ma vie. Je n’ai jamais arrêté de prolonger la vie des fleurs afin de pouvoir parler avec elles… En elles, j’ai retrouvé tant de joies et de peines de ma propre vie. C’est ainsi que j’ai essayé de les traduire par une propre écriture artistique. L’amour m’a conduit à l’art et m’a donné la jeunesse de l’âme. Je me suis exprimée tant bien que mal, n’ayant passé par aucune école d’art. Que le public m’accorde son indulgence et m’aide de ses conseils afin que je puisse demeurer fidèle à mon premier amour".

Inspiration pour le public de Hanoï

Les fleurs sont ancrées dans la vie quotidienne des Vietnamiens.
Photo: Phuong Mai/CVN

L’exposition de collages de Mme Quynh en août 1998 a conquis d’emblée le public de Hanoï. Les amateurs ont été charmés par la délicatesse d’une composition instinctive, la douceur des tons, la sensibilité contenue d’une femme de Huê, cité de rêve et de poésie.

Le choix des sujets est un mélange de tradition vietnamienne et de préoccupations modernes. Aspiration (Uoc vong) chante la joie de la fécondité, le fruit mûr rappelle le mélange des principes mâle (yang) et femelle (yin)… Une marguerite avec le pédoncule et une tige pliée évoque la Ballerine (Da vu), À la poursuite du couchant (Ðuôi theo bóng chiêu), Métamorphose (Hóa thân), Six étoiles dans la nuit (Ðêm và sáu vì sao), Chagrin d’amour (Tuong tu)… disent le souci métaphysique et la mélancolie.

Mme Quynh commença à collectionner et ramasser fleurs et  feuilles dès l’âge de 5 ans, quand elle accompagnait son père, médecin traditionnel, dans ses randonnées à la campagne. Elle a peu à peu mis au point sa méthode artisanale, afin de préserver les pétales et les feuilles, employant un peu de formol, du vinaigre, de l’alun.
 
Huu Ngoc/CVN
(Janvier 1999)
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