05/06/2019 09:09
Le conseil d'administration de Renault a décidé de poursuivre mercredi 5 juin sa réflexion sur la proposition de fusion "entre égaux" formulée par le groupe italo-américain Fiat Chrysler (FCA), après avoir confirmé son "intérêt" au terme d'une réunion mardi soir 4 juin.
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Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a présenté le 27 mai un projet de fusion avec son homologue français Renault pour donner naissance au troisième groupe mondial.
Photo: AFP/VNA/CVN

Les 19 administrateurs s'étaient réunis à partir de 15h00 au siège du constructeur français à Boulogne-Billancourt, près de Paris. Ils ont finalement décidé de "continuer d'étudier avec intérêt" l'opportunité du rapprochement avec FCA qui créerait le troisième groupe automobile mondial, selon un communiqué de Renault. Les discussions se poursuivront mercredi 5 juin "en fin de journée".

"Il faut laisser aux membres du conseil d'administration le temps de digérer l'analyse du dossier", a déclaré une source proche du constructeur. "Il y a de nombreux enjeux, beaucoup de parties prenantes concernées", a-t-elle souligné.

Une partie du temps a d'ailleurs été accaparé mardi 4 juin par les conclusions d'un audit interne sur l'affaire Carlos Ghosn qui a révélé 11 millions d'euros de "dépenses suspectes" et a conduit Renault à annoncer d'éventuelles poursuites contre son ancien patron.

Concernant le projet de fusion avec FCA, des discussions intenses se poursuivaient pour tenter de satisfaire les demandes de garanties de l'État français, premier actionnaire du groupe au losange avec 15% du capital.

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a notamment appelé le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, allié du constructeur français. Ce dernier avait affirmé lundi 3 juin ne pas être opposé au mariage avec FCA, tout en estimant qu'il nécessiterait de "revoir fondamentalement" le partenariat franco-japonais.

Nissan possède actuellement deux représentants sur les 19 du conseil d'administration de Renault.

Si ce dernier se décide mercredi soir 5 juin à approuver les grandes lignes du projet, il pourrait annoncer l'ouverture de négociations exclusives avec FCA en vue d'une "fusion entre égaux".

Ce projet "est une réelle opportunité pour Renault et pour l'industrie automobile française", avait estimé vendredi 31 mai le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

Mais il a réclamé des garanties solides, notamment sur la préservation des emplois et des sites industriels ainsi que sur l'équilibre de la gouvernance entre Français et Italiens.


"Il est hors de question que le projet de fusion aboutisse à une prise de contrôle de Renault par Fiat Chrysler", a souligné une source proche du gouvernement.

Paris réclame un siège d'administrateur pour l'État français dans le nouveau groupe.

Le projet prévoit la création d'une holding basée à Amsterdam et détenue à 50-50 par les actionnaires de Renault et FCA. La nouvelle entité serait cotée à Paris, New York et Milan.

La famille Agnelli, qui possède 29% de Fiat Chrysler, verrait sa part mécaniquement diluée à 14,5%, mais elle serait de loin le premier actionnaire, pesant près du double de l'État français qui tomberait à 7,5% du capital.

Siège opérationnel à Paris 

L'annonce du projet de fusion il y a huit jours, à l'initiative de FCA, a suscité en France des craintes que Renault puisse finalement passer sous pavillon italien.

D'après plusieurs sources, les Français auraient obtenu que le siège opérationnel du groupe soit situé à Paris.

L'actuel président de FCA, John Elkann, petit-fils de l'emblématique président de Fiat Gianni Agnelli, serait pressenti pour présider la nouvelle entité, tandis que Jean-Dominique Senard assurerait la direction exécutive.

Des négociations porteraient aussi sur un mécanisme de primes pour les actionnaires de Renault, certains experts jugeant actuellement l'action du constructeur français sous-valorisée.

FCA a assuré que la fusion ne se traduirait par aucune fermeture de site de production, tout en évoquant des synergies annuelles supérieures à 5 milliards d'euros.

Le groupe issu de la fusion pèserait plus de 30 milliards d'euros en bourse et produirait 8,7 millions de véhicules par an.

Si on y ajoute les volumes de Nissan et Mitsubishi, alliés japonais de Renault, le nouvel ensemble produirait près de 16 millions de véhicules par an, loin devant Volkswagen et Toyota (environ 10,6 millions chacun).

Renault et Fiat Chrysler atteindraient ainsi une taille critique leur permettant de financer sans problème les ruptures technologiques qui bouleversent l'industrie automobile: électrification, véhicules autonomes et connectés.

Renault ferait profiter FCA de son avance dans les voitures électriques, dont il a été pionnier avec notamment la citadine Zoe.

FCA apporterait une présence rentable en Amérique du Nord avec notamment des gros SUV et pick-up, complémentaires de la gamme de Renault.

Nissan, dont Renault détient 43% du capital, et qui contrôle 15% de Renault, avait écarté il y a quelques semaines un projet d'intégration plus avancé avec le constructeur français.

M. Senard, en déplacement la semaine dernière à Tokyo, a tenté de rassurer son allié de 20 ans, avec lequel les relations se sont détériorées depuis l'affaire des malversations présumées de l'ancien patron de Renault, Carlos Ghosn.

AFP/VNA/CVN
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