26/02/2017 21:36
Dans le cadre de Ciné-rencontre, la ville de Choisy le Roi a organisé dans la soirée du 23 février la projection de deux documentaires intitulés Seul celui qui veille sait que la nuit est longue, et Guerre du Vietnam : au cœur des négociations secrètes.
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La projection de ces deux films, dont l’un porte sur la guerre américaine au Vietnam, et l’autre, sur les négociations de paix à Choisy le Roi, qui s'ensuivait d’un échange avec le réalisateur Daniel Roussel et ses collaborateurs, a attiré de nombreux résidents vietnamiens en France, d'amis français du Vietnam, et de Choisyens... L’ambassadeur du Vietnam en France Nguyên Ngoc Son et le maire de Choisy le Roi Didier Guillaume étaient également présents dans la salle.

Le film Seul celui qui veille sait que la nuit est longue, des réalisateurs Daniel Roussel et Yann de Sousa, raconte de manière vivante la farouche bataille sur la table des négociations, les facteurs favorables qui ont contribué à faire avancer les négociations pour aboutir à la signature des Accords de Paris. Le film Guerre du Vietnam : au cœur des négociations secrètes évoque les négociations secrètes entre le conseiller spécial Lê Duc Tho et le conseiller à la sécurité nationale américaine, Henry Kissinger.

Des négociations pour les Accords de Paris

Au total, 45 négociations secrètes ont eu lieu à Choisy-le-Roi, Gif-sur-Yvette et Saint-Nom-la-Bretèche, en banlieue de Paris. Afin de parvenir à la signature des Accords de Paris, pendant 5 ans, du 15 mars 1968 au 27 janvier 1973, les parties impliquées ont mené 247 négociations publiques et secrètes. Il s’agit là des négociations diplomatiques les plus longues de l'histoire du Vietnam.

Pour réaliser ces deux documentaires, Daniel Roussel a longuement préparé et documenté leurs tournages, avec de nombreuses rencontres et interviews de témoins historiques. Durant la période 1981-1987 où il était correspondant du journal L'Humanité au Vietnam, il a eu de nombreux rencontres et entretiens avec des personnages historiques comme Lê Duc Tho, Nguyên Co Thach, Hà Van Lâu.

Nguyên Thi Binh (centre) lors de la signature des Accords de Paris en 1973.
Photo : Archives/VNA//CVN

Lors de la réalisation de ces deux documentaires, lui et son équipe ont interviewé l'ancienne vice-présidente vietnamienne, Nguyên Thi Binh, chef de la délégation du Front national de libération du Sud-Vietnam, puis ministre des Affaires étrangères du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Vietnam, l'ancien ambassadeur du Vietnam en France Trinh Ngoc Thai, qui était alors secrétaire du ministre des Affaires étrangères Xuân Thuy pendant les négociations, et de nombreux autres témoins, diplomates de la délégation de négociation, membres du Parti communiste français (PCF) et des Choisyens qui s'étaient mobilisés pour aider la délégation vietnamienne, outre des représentants de la communauté vietnamienne en France...

Émouvant et fascinant, c’est le sentiment éprouvé par les spectateurs présents dans la salle. Dans le premier film, parmi les témoignages, on peut voir un résident vietnamien qui ne pouvait pas retenir ses larmes en confiant qu’il éprouvait "un complexe" de ne pas pouvoir pas être présent sur le champ de bataille pendant les années de guerre. On peut assister aussi à des moments de joie partagée entre amis français et membres de la délégation du Vietnam. Dans le 2e film, les spectateurs étaient tous captivés par l’authenticité des documents.

Le dialogue tendu entre Lê Duc Tho et Henry Kissinger au début de l’année 1973 constitue un moment fort du film. Dans un enregistrement sonore, on pouvait s’imaginer la colère de Lê Duc Tho devant la duplicité affichée par Kissinger. En fait, Kissinger lui avait souhaité un joyeux Noël à son départ pour consultation à Hanoï, alors qu'il s’apprêtait à relancer les bombardements sur Hanoï. Lorsque Lê Duc Tho est revenu à Hanoï le 18 décembre 1972, il a été "accueilli" par des bombardements massifs dans le cadre de la campagne Linebacker II. L’objectif : intimider le Vietnam et le contraindre à signer les Accords de Paris à des conditions avantageuses pour les États-Unis.

Le réalisateur français Daniel Roussel (gauche), qui a reçu en 2016 le Prix national de l’information pour l'étranger du Vietnam. Photo : Bich Hà/CVN

L’histoire qui lie Choisy le Roi au Vietnam

Dans un entretien accordé à l’Agence Vietnamienne d’Information après la projection, le réalisateur Daniel Roussel a loué les efforts du Vietnam dans les négociations afin de réaliser son rêve de paix. D’après lui, tous les conflits peuvent toujours trouver une solution politique, le Vietnam en est un exemple. Ces deux documentaires veulent véhiculer un message de la paix et constituent un hymne à la paix.

Le maire de Choisy le Roi, Didier Guillaume, a exprimé la fierté des Choisyens du fait que leur ville a accordé pendant 5 ans un engagement politique et humain pour la délégation vietnamienne, afin de créer des conditions favorables à la signature des Accords de paix de Paris. Pour lui, Choisy le Roi est une terre de paix, de solidarité, de justice et d’accueil.

Il a souligné que la projection de ces documentaires permettait aux jeunes générations de découvrir l’histoire - l’histoire qui lie Choisy le Roi au Vietnam comme l’histoire même du peuple vietnamien et son combat pour sa liberté. Pour lui, cette projection est aussi une démarche de solidarité avec le peuple vietnamien.

Cette solidarité va au-delà de la référence historique, car Choisy le Roi entretient maintenant des relations fortes de coopération avec l’arrondissement de Dong Da de la ville de Hanoi, au même titre que la coopération décentralisée entre le département de Val-de-Marne et la province de Yên Bai du Vietnam. "Il y a cette page d’histoire importante qu’il faut se remémorer sans cesse, mais il faut aussi travailler à l’avenir, à travers les échanges humains et de solidarité", a-t-il conclu.

VNA/CVN
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