04/08/2018 21:12
En prison depuis avril, Lula doit être intronisé officiellement samedi 4 août comme le candidat du Parti des Travailleurs (gauche) à la présidentielle d'octobre au Brésil, jetant une ombre d'incertitude sur un des scrutins les plus imprévisibles de l'histoire récente du pays.

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Des partisans de l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva manifestent contre son emprisonnement devant la Cour suprême, le 31 mai 2018 à Brasilia.
Photo : AFP/VNA/CVN


La journée promet d'être un "super samedi" électoral, trois candidats de poids devant être nommés officiellement par leurs partis, un jour avant la date limite des conventions, sortes de grands meetings qui permettent aux formations d'adouber leurs champions devant les militants.


L'écologiste Marina Silva, arrivée en troisième position lors des deux derniers scrutins, sera intronisée par le parti Rede (centre-gauche), à Brasilia.


Toujours dans la capitale, l'ex-gouverneur de Sao Paulo Geraldo Alckmin, principal représentant de l'establishment, sera déclaré officiellement candidat du Parti Social Démocrate Brésilien (PSDB, centre-droit).


Mais c'est à Sao Paulo que seront braqués tous les projecteurs, à la convention du PT, qui tentera de faire front derrière Lula, même si sa candidature a de grandes chances d'être invalidée par la justice électorale.


L'ex-ouvrier a beau purger une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption, il demeure largement en tête des intentions de vote au premier tour, crédité de plus de 30% par tous les instituts de sondage. C'est près du double que ses principaux concurrents.


"Lula est toujours le leader", se félicite le PT dans un montage photo publié sur internet montrant l'icône de la gauche souriant, le poing levé, avec en sous-titre: "ils n'emprisonneront jamais la volonté du peuple".


Passage de flambeau? 
 

L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le 16 mars 2018 à Sao Paulo.
Photo: AFP/VNA/CVN


Même si le parti se défend catégoriquement - du moins ouvertement - de préparer un plan B, en coulisses, personne n'ignore que la candidature de Lula sera vraisemblablement invalidée par la justice électorale.


Une loi brésilienne intitulée "Ficha limpa" (casier vierge, en portugais) stipule en effet que toute personne condamnée en appel, ce qui est le cas de Lula, devient de fait inéligible.


Un autre nom est pressenti pour le remplacer, l'ancien maire de Sao Paulo Fernando Haddad.


Ancien ministre de l'Éducation de Lula, il avait été élu à la tête de la plus grande ville du pays à la surprise générale en 2012, grâce au soutien de l'ex-président, qu'il considère comme son mentor.


S'il est choisi samedi comme vice-président pour composer le ticket, le PT enverra un signe fort, montrant qu'il compte sur lui pour remplacer Lula au dernier moment. Il a été inclus dans l'équipe des avocats de Lula pour être autorisé à lui rendre visite quand il le souhaite en prison.


Mais certains analystes pensent que le parti pourrait choisir une personnalité moins emblématique pour brouiller les pistes et réaffirmer qu'il n'y a pas de plan B.


La course au vice-président 


De son côté, Marina Silva a déjà choisi son colistier, un autre écologiste, Eduardo Jorge, du Parti Vert (PV), qui avait obtenu seulement 0,61% des voix au premier tour de la présidentielle de 2014. Elle-même avait échoué aux portes du second tour, avec 21,32% et plus de 22 millions de voix.


Geraldo Alckmin, lui a choisi comme vice-présidente la sénatrice Ana Amélia Lemos, censée lui permettre d'attirer un électorat plus conservateur qui penche actuellement pour Jair Bolsonaro, sulfureux député d'extrême droite.


Bolsonaro, nostalgique de la dictature militaire, est le favori du premier tour dans un scénario sans Lula, même si les sondeurs ne le voient pas l'emporter au second.


Cet ancien capitaine de l'armée brésilienne connu pour ses dérapages racistes ou homophobes a déjà été intronisé par le Parti Social Libéral (PSL) il y a deux semaines, mais il éprouve toutes les peines du monde à trouver un colistier.


Après avoir essuyé plusieurs refus, y compris celui d'un général qui a commandé les troupes de la mission de l'ONU en Haïti, il pourrait se rabattre sur un astronaute ou un prince de la famille impériale qui a régné sur le Brésil au XIXe siècle.


AFP/VNA/CVN


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