23/04/2018 09:43
Près de 50 civils, chiites pour la plupart, ont été tués et 112 blessés dimanche 22 avril à Kaboul dans un attentat-suicide revendiqué par le groupe État islamique (EI) contre un centre d'enregistrement pour les élections législatives, validant les pires craintes de violences à l'occasion du scrutin annoncé pour octobre.
>>Afghanistan: 4 morts et 15 blessés dans un attentat-suicide à Kaboul
>>Afghanistan: un centre d'inscription électorale attaqué par les talibans

Un Afghan sur le site de l'attentat-suicide à Kaboul, le 22 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN

Un kamikaze s'est fait exploser dans la matinée parmi une foule dense à l'entrée du centre où les électeurs récupéraient leur pièce d'identité avant de s'inscrire sur les registres électoraux. Depuis, les bilans n'ont cessé d'enfler tout au long de la journée.

En fin d'après midi 48 morts et 112 blessés avaient été décomptés, très majoritairement membres de la minorité chiite hazara, régulièrement ciblée par les extrémistes sunnites de l'EI, ont indiqué les ministères de l'Intérieur et de la Santé.

Au moins 21 femmes et cinq enfants figurent au nombre des morts, a précisé le porte-parole du ministère de la Santé, Wahid Majrooh; et 47 femmes et seize enfants parmi les blessés.

Les talibans ont fait savoir rapidement qu'ils n'avaient "rien à voir avec l'attaque d'aujourd'hui", rejetant implicitement la responsabilité sur l'EI: le groupe a ensuite revendiqué l'attaque via son organe de propagande, Amaq.

L'attentat s'est produit dans le quartier majoritairement chiite de l'Ouest de Kaboul, Dasht-e-Barchi: "Les gens étaient rassemblés pour récupérer leur tazkira (carte d'identité), l'explosion s'est produite à l'entrée. C'était un kamikaze", a déclaré le chef de la police de Kaboul, Dawood Amin.

Selon le porte-parole de l'Intérieur Najib Danish, "le kamikaze est arrivé à pied et a déclenché sa charge au milieu de la foule" provoquant d'important dégâts. Il s'agit du premier attentat à Kaboul contre un centre préparant les listes électorales en vue des législatives du 20 octobre, depuis le début des inscriptions le 14 avril. Mais deux autres centres d'inscriptions ont été pris pour cible en province au cours de la semaine écoulée.

"L'insécurité est notre premier défi" 

Carte de localisation d'un centre d'enregistrement pour les élections législatives à Kaboul, visé par un attentat-suicide le 22 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN

Vendredi 20 avril, une roquette en a frappé un dans la province de Badghis (Nord), faisant un mort et un blessé parmi les policiers qui le gardaient, selon un responsable provincial qui a accusé les talibans.

Mardi 17 avril, trois employés de la commission électorale (IEC) et deux policiers avaient été enlevés dans la province de Ghor (Centre) et libérés 48 heures plus tard après intervention des anciens. Là encore les responsables locaux avaient accusé les talibans.

Violence et attentats sont les principaux obstacles au bon déroulement des élections, admet la Commission électorale qui a ouvert les centres d'inscriptions dans les écoles et les mosquées, tous gardés par des policiers qui fouillent les électeurs à l'entrée.

Cinquante blessés, tous membres de la minorité Hazara chiite, ont été acheminés dans cet établissement où les lits sont tous pleins et l'odeur de sang tenace dans les couloirs, a rapporté un journaliste de l'AFP. "On était 200 environ à faire la queue pour obtenir notre tazkira", se souvient Ali Rasuli, 29 ans, atteint aux jambes et à la poitrine. "Les policiers ne fouillaient personne", a-t-il accusé.

"Bien sûr, l'insécurité est notre premier défi et notre inquiétude majeure, surtout dans les campagnes", avouait récemment le président de l'IEC, le Dr Abdul Baie Sayad, lui-même menacé. Ces législatives sont les premières depuis 2010 et ce scrutin, le premier depuis la présidentielle de 2014.

L'attentat a été condamné par l'Ambassade américaine à Kaboul et les responsables américains de l'opération Resolute Support de l'OTAN, qui appuient fortement la tenue du scrutin, préalable à la présidentielle de 2019.

Le dernier attentat en date - revendiqué par l'EI - contre la capitale afghane au Premier jour du nouvel an perse, le 21 mars, avait fait plus d'une trentaine de morts et au moins 70 blessés.

AFP/VNA/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Banh cuôn au fruit de dragon – un plat irrésistible à déguster

Vieux quartier de Hanoï, rendez-vous de la Fête de lune  Cette année, la Fête de la mi-automne est prévue du 17 septembre au 1er octobre au marché Dông Xuân dans l’arrondissement Hoàn Kiêm, à Hanoï.