29/11/2018 18:40
Les dirigeants de l'Alliance Renault-Nissan - Mitsubishi se réunissent jeudi 29 novembre à Amsterdam pour la première fois depuis l'arrestation de Carlos Ghosn, qui a mis au jour des tensions entre les trois entreprises.
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Le PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, lors d'une conférence de presse, le 19 novembre à Tokyo, après l'arrestation de Carlos Ghosn pour des malversations financières présumées.
Photo: AFP/VNA/CVN

Pièces maîtresses des constructeurs japonais et français, le patron exécutif de Nissan Hiroto Saikawa et le n°2 de Renault Thierry Bolloré participeront à cette réunion par visioconférence, selon des sources proches du dossier. Aucune question de gouvernance ne sera abordée et aucun vote organisé, selon ces sources, mais la mise à l'écart de M. Ghosn a révélé des divergences entre Japonais et Français sur l'avenir cette alliance, devenue numéro un mondial l'an dernier avec 10,6 millions de véhicules vendus.

Le dernier acte de ce duel à fleurets mouchetés s'est déroulé mardi, quand le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire a prévenu qu'il n'était pas question de changer les grands équilibres de cet attelage, jusque-là l'un des rares exemples de mariage réussi dans l'automobile. "Il y a aujourd'hui un partage qui me paraît le bon, il y a un équilibre qui est le bon. Il y a des participations croisées entre Renault et Nissan qui ne doivent pas changer", a-t-il déclaré sur LCI.

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, avait, lui, déploré la veille, lors d'une réunion au siège de Nissan, les "inégalités" au sein de l'alliance. Selon lui, la répartition actuelle des pouvoirs, incarnée par l'omniprésence de M. Ghosn, empêche toute discussion stratégique entre Renault et le constructeur nippon. Le groupe français détient actuellement 43,4% du capital de Nissan, ce dernier possédant en retour 15% de Renault. Le poids de la partie française dans les équilibres internes de l'attelage est jugé d'autant plus excessif par ses membres japonais que le chiffre d'affaires de Nissan est nettement supérieur à celui de Renault.

Une stratégie à définir

L'alliance, incarnée juridiquement par la société Renault-Nissan b.v. (RNBV) basée aux Pays-Bas, est détenue à parité par les deux constructeurs.


Au sein du directoire, Renault et Nissan désignent le même nombre de membres (cinq), mais le Français nomme le PDG, qui a une voix prépondérante en cas d'égalité parfaite lors des votes. Bruno Le Maire a d'ailleurs plaidé mardi 27 novembre pour que le directeur général de Renault, actuellement Thierry Bolloré, directeur exécutif par intérim, reste président de l'alliance. "Cette règle ne doit pas changer", a insisté le ministre.

L'Alliance, ce sont des usines partagées, qui accueillent des produits de l'une ou l'autre marque, des plates-formes communes utilisées par les différents partenaires pour assembler leurs voitures, des achats en commun pour faire baisser les coûts et des équipes d'ingénieurs qui travaillent sur le développement de produits futurs. Tous ces partenariats sont aujourd'hui assurés et ne sont pas remis en cause, d'après les prises de position répétées du côté français comme du côté japonais.

Or, si M. Ghosn est toujours PDG de Renault Nissan BV sur le papier, le géant est désormais sans leader et ne peut plus exercer la mission définie dans ses statuts: "élaborer la stratégie et la planification à moyen et long terme". C'est dans ce contexte délicat et dans un secteur automobile qui doit décider de lourds investissements stratégiques que se retrouvent donc jeudi 29 novembre, par écrans interposés, MM. Bolloré et Saikawa.

Le patron exécutif de Mitsubishi, Osamu Masuko, devrait également participer par visioconférence, selon le quotidien Nikkei. Plusieurs représentants du constructeur aux losanges devraient aussi prendre part à la réunion, conformément à l'usage en vigueur lors de ces rencontres. M. Ghosn a été évincé des organes de direction des deux groupes japonais, mais demeure PDG de Renault.

AFP/VNA/CVN
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