16/03/2018 20:36
Les chirurgiens de l’Hôpital central militaire 108 à Hanoï ont réalisé avec succès, le 26 février, une greffe d’un poumon prélevé sur un donneur en état de mort encéphalique. Une première au Vietnam.
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Conférence de presse sur la première greffe pulmonaire à partir de donneur en mort cérébrale, le 16 mars à Hanoï.
Photo : Huong Linh/CVN

L’information a été rendue publique le 16 mars à Hanoï par l’Hôpital central militaire 108. Ce succès marque une nouvelle avancée dans la greffe d’organes, après les succès dans les greffes de rein et de foie réalisées ces deux dernières années.

Le patient Trân Ngoc Hanh, 54 ans, originaire de la province de Nam Dinh (Nord), souffrait d’une grave insuffisance respiratoire causée par une maladie pulmonaire obstructive chronique en stade terminal. Son état s’aggravait et sa vie était menacée.

"L’opération a été achevée le 26 février 2018 après plus de sept heures. À côté de trois experts étrangers venus de France et de Belgique, cette greffe de poumon a réuni 60 professeurs, médecins, aides-soignants et techniciens de l’Hôpital central militaire 108", a informé le Professeur-Docteur Mai Hông Bàng, son directeur, qui dirigeait l’intervention.

La première greffe pulmonaire à partir de donneur en mort cérébrale a été réalisée le 26 février à Hanoï.
Photo : BV108/CVN

Actuellement, l’état de santé du greffé est stable. Il peut respirer par lui-même sans l’aide de machines et s’alimenter. "Je me sens beaucoup mieux. Je remercie les médecins de m’avoir sauvé", a-t-il partagé.

Le Professeur-Docteur Mai Hông Bàng a fait savoir que si les greffes de rein, foie, cœur ou cornée était réalisées depuis longtemps au Vietnam, celle de poumon restait un grand défi pour la médecine nationale.

Selon lui, en plus des deux poumons du donneur en état de mort cérébrale, les médecins ont prélevé en même temps plusieurs autres organes pour six autres greffes, à l’Hôpital central militaire 108 et à l’Hôpital Cho Rây de Hô Chi Minh-Ville. Actuellement, l’état de santé des greffés est également stable.

Selon les experts, la greffe de poumon est l’une des techniques les plus difficiles, notamment dans le cas d’un donneur en état de mort encéphalique,  et ce même dans les pays maîtrisant les technologies médicales de pointe.

"Ce succès est le fruit de préparatifs consciencieux depuis plusieurs années en termes d’équipements et de ressources humaines, ainsi que de la solidarité, de la volonté et des efforts des médecins de l’hôpital pour obtenir les meilleurs résultats", a partagé le Professeur Liu Ngai, de l’hôpital français Foch.

Un projet au niveau national

Selon le Professeur Bàng, cette greffe fait partie d’un sujet de recherche au niveau national et d’un projet de greffe de tissus et d’organes à l’Hôpital central militaire 108.

 Le patient Trân Ngoc Hanh après la greffe pulmonaire.
Photo : BV108/CVN

Avant cette greffe historique, les médecins de l’hôpital  avaient réalisé à titre expérimental de nombreuses greffes d’organes sur des animaux comme cœur, poumon, foie, rein, avec un taux de réussite élevé. L’hôpital avait aussi envoyé 30 médecins, chirurgiens, aides-soignants dans des hôpitaux et centres de premier rang dans le monde.

En outre, une vingtaine d’équipes avaient été formés  dans des hôpitaux maîtrisant les technologies de pointe dans ce domaine comme l’hôpital Viêt Duc à Hanoï et Cho Rây, à Hô Chi Minh-Ville.

Jusqu’à maintenant, l’Hôpital central militaire 108 a réalisé avec succès 18 greffes de rein, une de foie, 27 de moelle osseuse et 14 de cornée. D’après M. Bàng, après cette greffe de poumon, l’hôpital envisage de se pencher sur celle d’utérus, d’intestin…

En février 2017, l’Hôpital militaire 103, dans l’arrondissement de Hà Dông, à Hanoï, en coopération avec des experts japonais, avait réalisé avec succès la premier greffe de poumon à partir d’un donneur vivant. La patiente était une fillette de six ans et les donneurs, son père et son oncle. L’opération avait duré onze heures et  les trois protagonistes se sont bien remis des interventions chirurgicales. Selon les experts japonais, la fillette devrait avoir une longévité normale.


De plus en plus de greffes d'organes,
pas assez de donneurs

Selon Nguyên Hoàng Phuc, directeur adjoint du Centre national de coordination de la transplantation d’organes, la demande d’organes est très élevée dans le pays. Environ 6.000 personnes ont besoin d’une greffe de rein et 3.000 malvoyants d’une greffe de cornée. Fin 2017,11.663 personnes étaient inscrites au fichier de don d’organes après la mort ou dans un état de mort cérébrale - à comparer aux zéro donneurs en 2013. Cependant, cela reste trop peu, compte tenu de la population nationale de plus de 90 millions d’habitants.
 

Huong Linh/CVN

 
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